La loi AGEC, impose le tri des biodéchets pour tous, depuis 2024. Si dans la métropole clermontoise, ce tri est désormais bien organisé avec de nombreux points d’apport volontaire et des habitudes prises par les habitants, la mise en application de loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire, n’est pas toujours facile sur l’ensemble du territoire. Elle nécessite parfois une solution adaptée.
Laurent Battut, président du VALTOM, (la collectivité publique en charge de la valorisation et du traitement des déchets ménagers du Puy-de-Dôme et du nord de la Haute-Loire) rappelle que « dans les centres-bourgs ou les secteurs touristiques, le compostage domestique ne suffit pas. Le rôle de la collectivité est d’offrir une alternative performante».
Révolution dans le paysage auvergnat de l’économie circulaire
L’origine du projet d’une plateforme à Saint-Sauves-d’Auvergne remonte à 2021. À l’époque une étude menée à La Bourboule, au Mont-Dore et à Murat-le-Quaire avait révélé le besoin urgent de gestion des biodéchets dans des zones de forte affluence touristique où le compostage individuel n’est pas toujours possible.
Installée sur le site des Balusseaux, cette nouvelle plateforme propriété du VALTOM, mais gérée par le SMCTOM Haute-Dordogne (qui assure également la collecte hebdomadaire dans les centres-bourgs des trois communes du secteur), est une petite révolution dans le paysage auvergnat de l’économie circulaire,
pour le traitement industriel et local des déchets alimentaires c’est à dire les restes de repas, les épluchures et les produits carnés.
Processus de haute précision pour les biodéchets
Le défi était d’ampleur, mais le VALTOM et le SMCTOM Haute-Dordogne ont réussi le pari. Sur la plateforme, la logistique est impressionnante. Le SMCTOM collecte chaque semaine les déchets de 150 professionnels, hôtels et restaurants et d’une soixantaine de points d’apport volontaire pour les particuliers. Au total, ce sont près de 300 tonnes annuelles de matière organique qui sont acheminées vers Saint-Sauves.
Sur place, rien n’est laissé au hasard. Après un tri manuel rigoureux pour éliminer les éventuels intrus comme les plastiques ou les couverts, les biodéchets sont broyés et mélangés à du broyat de bois local. La suite est une affaire de technologie : le mélange est placé dans des alvéoles où des sondes connectées surveillent la température 24 heures sur 24. Pour garantir une hygiène parfaite, le compost doit monter à 70°C pendant trois jours.
Après quatre mois de maturation et plusieurs retournements, les restes alimentaires deviennent finalement un compost normé. Les 150 tonnes produites annuellement ne voyagent pas loin puisqu’elles sont destinées à être distribuées aux agriculteurs des environs dans le respect d’un circuit court. La boucle est bouclée.
Ce projet, qui a reçu le soutien du Fonds Vert de l’ADEME, dépasse la simple gestion des déchets. En mobilisant habitants, restaurateurs et agriculteurs, il concrétise le principe de la « marche en avant » et de l’économie circulaire. Ce qui était hier un poids pour la poubelle grise devient aujourd’hui une ressource précieuse pour fertiliser les terres d’Auvergne. La plateforme de Saint-Sauves est une première dans le Puy-de-Dôme, elle pourrait bien faire des émules, confirmant le philosophie du VALTOM : faire des déchets une ressource.

















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