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L'Essentiel
L’histoire débute avec la mort de Joachim et dépeint les luttes et les abandons des personnages principaux, Rose, Agathe et Célestine, reflétant la sensibilité de l'auteure envers leurs parcours.
Le style de Diarra, à la fois fluide et empreint de légèreté, équilibre les éléments sombres du récit avec des touches d'humour et de poésie, tout en étant entaché de quelques coquilles qui seront corrigées lors du prochain tirage.
Béatrice Diarra mettait les pieds dans le plat dès son premier livre, l’excellent et très militant Pas de vagues (L’Harmattan, 2020) qui se déroulait dans le milieu scolaire.
Avec ce nouveau roman, elle change de registre. Et la lumière sera (Les Éditions de Temps à Autre) débute par une fin ! La preuve, le premier chapitre s’intitule « This Is The End ». Vient ensuite « No Future », et plus loin, on trouve un « Hey Jo » pour dire combien l’auteure a un penchant naturel pour la musique : « Effectivement, il y a un côté rock’n’roll bien que moi je ne le sois pas personnellement. J’aurais tendance à être plus punk que rock. Le côté rock’n’roll du roman, c’est son côté subversif, mais tout le livre est bercé par la musique, toutes sortes de musiques. »
Thèmes d’actualité
Et la lumière sera commence donc par une mort, celle de Joachim. Le roman traite d’abandon, de rupture dans le parcours des trois personnages principaux : Rose, Agathe et Célestine. Trois femmes qui, chacune à leur façon, ont des traits de caractère de l’auteure toujours pleine d’empathie et de tendresse pour ses personnages, elle les aime tous d’une manière ou d’une autre : « Rose par exemple a un côté adolescent qui me correspond. À travers les différents personnages, je peux me permettre d’aborder des thèmes d’actualité comme le féminisme, le sexisme, l’homophobie et le racisme. Avec Guillaume, surnommé le « veau marin », je me moque de la téléréalité et de notre société. Avant, les émissions équivalentes à la téléréalité d’aujourd’hui transmettaient du savoir, elles permettaient de se cultiver, désormais, le principe, c’est de se ficher de la figure des gens, c’est de se moquer des autres. » Certaines situations du roman sont hyper réalistes. Au point où la scène de l’intervention chirurgicale par exemple est d’une telle précision qu’il faut forcément l’avoir vécue pour la décrire ainsi. On s’y croirait : « Même si j’ai tout romancé, cela correspond bien à ce que j’ai vu, à ce que j’ai vécu ». Une forme de catharsis en quelque sorte, procédé classique en littérature et dans toute autre forme d’art.
This Is The End

Dans l’ensemble, Et la lumière sera est assez noir. Néanmoins, cette impression est allégée par l’agilité du style, par la fluidité narrative, par l’humour et par des fulgurances dignes des plus grand(e)s : « On dit que l’humour est l’énergie du désespoir, le côté sombre du roman est tempéré par une certaine poésie et par l’humour justement. » Ces traits de génie qui émaillent le livre sonnent comme des punchlines, ils donnent du relief à l’ensemble sans tomber dans l’exercice de style contraint et forcé de type cliffhanger. Ils sont innés.
Et la lumière sera met les mots à la bouche, il est épicé et ce, malgré le manque de rigueur de l’éditeur qui a laissé passer des coquilles. Évidemment, elles auront disparu au deuxième tirage du livre puisque le premier est presque épuisé.













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