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Clara Lamaze / Photo DR
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Clara Lamaze poétesse de la spontanéité

Clara Lamaze passe beaucoup de temps à écrire de la poésie. C'est sa manière de s'intégrer dans la société, tout en la regardant avec du recul. La poésie est-elle un truc de vieux ? Non, sans conteste. Il suffit d'écouter et de lire cette Clermontoise de 25 ans et de se replonger dans le recueil référence de Jean-Pierre Siméon "La poésie sauvera le monde".

L'Essentiel

Clara Lamaze, 25 ans et Clermontoise, utilise la poésie comme un moyen d'expression personnelle et d'intégration sociale, remettant en question l'idée que la poésie est réservée aux générations plus âgées.

Sa rencontre avec la poésie est survenue après une période où elle était intimidé par l'écriture, et elle a trouvé dans ce genre littéraire un espace où sa spontanéité et son rythme naturel peuvent s'épanouir, notamment grâce à des influences contemporaines comme Hortense Raynal.

Enfin, elle explore les réseaux sociaux pour partager son travail et espère que sa poésie, qui reflète des thèmes modernes, continuera à toucher son public, tout en gardant une certaine liberté créative sans se cantonner à une thématique unique.

Les Clermontois ont pu découvrir les poèmes de Clara Lamaze lors de la dernière édition de La semaine de la  poésie. Elle faisait partie des poètes qui ont eu l’occasion de s’exprimer en écrivant sur les vitrines des commerces du centre ville de Clermont.
Avec ce volet insolite du grand rendez-vous annuel avec les mots, la jeune femme de 25 ans a trouvé un moyen de sortir de l’anonymat et de révéler au grand public sa capacité de dire les choses avec un style bien à elle.

“J’ai vraiment commencé par la BD et cela m’a donné une grosse bouffée d’air frais”

7 Jours à Clermont : Comment l’écriture est-elle arrivée jusqu’à vous et en particulier celle de la poésie ?
Clara Lamaze :  Cela fait  cinq ou six ans. Quand j’étais étudiante, j’étais nulle en  littérature et je n’aimais pas forcement la poésie, j’avais même du mal avec les bouquins. Ma mère me poussait à lire mais je refusais tout. À 19 ans, toute seule, je suis allé dans une librairie et je me suis demandé ce que j’allais aimer. J’ai fait quelques choix maladroits et j’ai vraiment commencé par la BD et cela m’a donné une grosse bouffée d’air frais.

7JàC : D’où vous vient l’envie et le besoin d’écrire ?
C. L : J’aime beaucoup les histoires, mais je m’en fais beaucoup dans la tête. Étant fille unique je me suis inventé beaucoup de choses, même une petite sœur… À travers la BD j’ai découvrir l’écriture, le dessin aussi, et la poésie est arrivée au fur et à mesure. De base, je parle très vite et la vitesse que j’ai à l’oral, je l’ai retrouvé dans la spontanéité à écrire. Tout le monde me disait que ma façon de parler est problématique. On me l’a beaucoup rabâché. Quand je me suis mise à écrire je me suis dit que l’on pouvait écrire en allant super vite. J’ai du mal a écrire sur papier, mon écriture de gauchère est illisible alors j’ai pris mon ordinateur et mon téléphone pendant le Covid et j’écrivais tout ce qui  me passait par la tête. Cela arrivait d’un coup,  alors que pendant des années tout était dans ma tête.  Enfin tout est parti sur papier.

7JàC : À  l’école, quel rapport entreteniez vous avec les récitations et la poésie ?
C. L : Les récitations m’ont traumatisée. J’adore être le centre de l’attention, mais à l’école réciter devant la classe, c’était horrible ! j’étais intimidée, je ne supportais pas le regard de tout le monde, de savoir que la prof allait me noter… c’était une catastrophe. Déjà je parlais vite, je bafouillais, je devenais toute rouge. C’est peut-être inconsciemment la raison pour laquelle je refusais l’écrit parce que cela me rappelait l’intimidation vécue au collège et au lycée. J’apprenais tout par cœur assez facilement mais du coup je ne comprenais pas toujours le sens de ce que j’apprenais.

7JàC : Que lisez-vous aujourd’hui ? de la BD, du roman, de la poésie ?
C. L : Oui de la poésie. Quand j’ai commencé à écrire j’ai vu que la poésie venait d’une écriture très rythmée. J’ai du mal avec la poésie classique, j’ai du mal avec les grands classiques. Je me suis penché sur Rimbaud, Baudelaire, mais je me suis rabattue sur les contemporains. Il y en a plein, mais je peux citer Hortense Raynal qui était récemment à Clermont pour le festival Littérature au Centre avec son livre Bouche-fumier. Elle fait partie des ceux qui m’ont montré une autre manière d’écrire de la poésie, en prose. Elle m’a donné l’envie de m’y mettre à fond.

“Je pense que la poésie peut s’adapter à l’air du temps”

7 Jours à Clermont : Finalement la BD n’était q’une entrée en matière…
Clara Lamaze : Après la BD, j’ai lu des romans simples et ludiques puis des choses pointues. La littérature érotique, le polar avec parfois des atmosphères glauques. C’est à ce moment que j’ai compris ce que j’aime lire et ce que j’aime écrire, ce qui est d’ailleurs différent. J’ai essayé d’écrire des nouvelles et des romans mais cela ne marchait pas tellement, alors que pour la poésie pas mal de gens, y compris des pros me disent qu’il y a du potentiel même s’i il y a des maladresses sans doute dues à ma spontanéité. Tout cela m’a motivé. Aujourd’hui je suis sur les réseaux peut-être qu’un jour je serai publiée, j’aimerai bien.

7JàC : Est-ce que la poésie est une chose moderne ?
C. L : Oui  je pense que la poésie peut s’adapter à l’air du temps. Les rythmes ne sont plus les mêmes qu’à l’époque des classiques. On à un côté spontané qui permet de sortir des règles. J’aime le franc-parler, les mots familiers, ceux de ma génération. On a 25 ans et des termes complètement différents de ceux d’il y a 10 ou 20 ans. C’est comme cela que la poésie pourra coller à son temps.

7JàC : Justement que disent les gens de votre génération sur ce que vous écrivez ? Sont-ils admiratifs ou hermétiques ?
C. L : Les deux. Certains amis sont très admiratifs, d’autres qui sont des proches me disent qu’ils ne comprennent pas ce que je veux dire. En même temps, tant mieux. J’ai même des retours sur certains sens auxquels je n’avais pas pensé.

7JàC : À propos de modernité et en attendant d’être publiée, les réseaux sociaux sont-ils une solution pour diffuser la poésie ?
C. L : Oui mais avoir de la visibilité c’est un peu compliqué. J’essaie d’être active sur les réseaux sociaux, de poster tous les jours. J’ai créé une petite communiqué mais c’est 200 ou 300 personnes. Ce qui est génial avec les réseaux au delà des ombreux points négatifs, c’est que l’on peut faire des démarches avec des éditeurs, faire des recherches, envoyer des messages à des gens qui paraissent intouchables mais qui finalement font pas mal de retours.

7JàC : Avec la maturité n’est-il pas pas temps de vous concentrer sur certains grand sujets ?
C.L : Certainement, je suis en pleine réflexion la dessus. Beaucoup de gens me disent que je dois me trouver une thématique mais en même temps je ne veux  pas être enfermée dans une thématique. Je ne suis pas sûre de pouvoir travailler sur un thème en un recueil. Est-ce que je dois me plier à cette règle ou continuer à jouer sur la spontanéité ? C’est la grande question.

7JàC : Que retirez-vous de l’expériences de la poésie sur les vitrines durant la semaine de la poésie ?
C.L : Du positif. Certains bars-restaurant que je connaît bien, m’ont proposé des lectures, ou d’encadrer un des poèmes. Cela me rends plus visible, mais cela permet surtout d’avoir des contact plus “physiques” avec des retours directs,  parce que sur les réseaux, la chose est moins palpable. À voir la suite, mais j’aimerai bien que les lectures dans les bars puissent se mettre en place.

Clara Lamaze 2 / Photo DRPoésie Volcanique, Clara Lamaze

C’est de la poésie volcanique,
volcanique poésie brûlante,
de la poésie volcaniquement bonne.
C’est de la lave poétique
à dégueuler, couler, dégouliner,
tout ces mots, ces phrases,
ces vers, ces sens, ces rimes
sans aucune accalmie,
c’est de la lave poétique
ce n’est pas sans danger.
La lave poétique brûle, sent fort la température,
se solidifie dès que le poème volcanique
est carte sur table.
Le poème volcanique
devient palpable, résistant, rigide,
comme de la roche,
de la roche volcanique, volcaniquement
roche noir au gris cuirassé.
De la poésie en éruption,
elle explose sans avertir,
sans avertir de quoi que ce soit.
Il explose au visage ce magma,
gare à ceux et celles qui
se tiennent vers lui d’un

peu trop près, c’est explosif,
explosifement bon, c’est toxique,
Le magma de la poésie explosive pue le soufre, et le gaz.

Magma poétique :
masse épaisse, mélange confus.
C’est ça le magma poétique
porte à confusion,
se mêle, s’entremêle,
s’engouffre dans les lettres,
se faufile dans les caractères,
entre les ponctuations.
La poésie volcanique se scande,
rythme, rythme fort la
poésie volcanique,
volcaniquement bonne et forte.
Le tremblement poétique,
stimule l’ardeur de tous
les sens des vers éruptifs.
Cracher, il faut cracher cette
immense coulée,
coulée de lave poétique,
lave poétique gronde, gronde fort,
fortement pour finir de la cendre,
de la cendre poétique volcanique;
poudre de matières organiques,
poudre volcaniquement poétique.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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