Le Papotin est un journal, qui a vu le jour il y a 33 ans à l’hôpital de jour d’Antony, un centre qui accueille des adolescents autistes âgés de 15 à 25 ans. La ligne éditoriale posée en 1989 par Driss El Kesri, Moïse Assouline et Gilles Roland-Manuel reste toujours d’actualité. Elle s’appuie sur le format rencontre-interview d’une personnalité médiatisée pour des reportages coups de cœur et des articles écrits ou dictés par des journalistes atypiques. La rédaction évoque de nombreuses personnalités culturelles et politiques, comme Margerin, Mireille Mathieu, Anne Hidalgo, Renaud, Vincent Cassel, Daniel Pennac, Cédric Villani, Jacques Chirac, Emmanuel Macron, Stéphane Hessel, Roselyne Bachelot, Claude Allègre, Barbara, et bien d’autres. Aujourd’hui le comité de rédaction s’est élargi à une douzaine d’autres centres sanitaires et médico-sociaux d’Ile de France, et se compose d’une quarantaine de membres âgés de 14 à 50 ans. Le Papotin à aussi évolué dans sa forme, puisqu’en plus du format papier, une captation des entretiens en public élargit l’auditoire à la TV de service public.
« J’ai l’impression d’avoir de nouveaux camarades »
À l’occasion de la 3e édition du Festival Transforme qui se déroule jusqu’au 24 janvier à la Comédie de Clermont, l’équipe du Papotin a fait un stop dans le grand Hall des pas perdus pour interviewer l’actrice Camille Dagen et le metteur en scène Joris Lacoste dont le spectacle Nexus de l’adoration a fait l’ouverture du festival.
Évidemment, l’interview s’est sérieusement éloignée des questions habituelles de la presse. Devant une centaine de personnes, Joris Lacoste a du répondre à d’étranges questions sur ses goûts alimentaires, son animal préféré ou sa manière de travailler avec ses acteurs. « Je me sens revigoré, je suis arrivé mal réveillé, un peu vulnérable et maintenant je ressens de la bonne énergie, j’ai l’impression d’avoir de nouveaux camarades » a t-il expliqué à la fin de l’entretien. « Un peu de crainte au départ parce que ça passe du coq à l’âne et en même temps c’est complètement cohérent avec la pièce. Je me dis qu’on l’a bien cherché et qu’on a du se plier à l’exercice que nous-même proposons aux spectateurs tous les soirs, de sauter d’un sujet à l’autre. On en sort indemne, plus riche et étonnamment serein. Quelque chose s’est installé durant la rencontre et petit à petit, je me sentais de plus en plus partie prenante. En fait c’est moins une interview qu’un partage, c’est quelque chose de très simple, c’était vraiment très agréable, plus agréable que les interviews habituelles avec les journalistes en fait… » a précisé le metteur en scène, lui même lecteur du Papotin depuis qu’il l’a découvert à l’époque où il n’était encore qu’un fanzine.
Ouverture aux publics dit « empêchés »
Présent dans l’assistance, Laurent Pejoux, directeur de la Fondation d’entreprise Hermès a assisté à toute la rencontre « Le lien est une des thématiques de la 3e édition de Transforme. Le lien mais aussi l’accessibilité. On travaille aussi pour « aller plus loin » pas seulement sur une programmation. On travaille avec différents types de public sur les territoires, des publics quelquefois empêchés ou porteurs de handicap et également le public des jeunes » précise le directeur la fondation qui est également en charge de l’Action Culturelle et Solidaire pour l’entreprise de maroquinerie de luxe implantée à Sayat et Riom. Il convient de rappeler que le festival Transforme est coconstruit par la Fondation avec le Théâtre de la Cité internationale à Paris, les SUBS à Lyon, le Théâtre National de Bretagne à Rennes et la Comédie de Clermont.












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