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Dubuffet Solitudes, 1953, lithographie, édition de 10 exemplaires et 5 HC, 50 x 65,5 cm
Dubuffet "Solitudes", 1953, lithographie, édition de 10 exemplaires et 5 HC, 50 x 65,5 cm
Culture

Des lithographies exceptionnelles de Jean Dubuffet à la Galerie Louis Gendre

Et l'on reparle de Jean Dubuffet en Auvergne avec une nouvelle exposition proposée par la Galerie Louis Gendre de Chamalières, qui a réuni 27 estampes et 3 livres illustrés dont un rare exemplaire de "Les murs".

L'Essentiel

L'exposition "Jean Dubuffet - Éditions" à la Galerie Louis Gendre de Chamalières présente 27 estampes et 3 livres illustrés, dont un exemplaire rare de "Les murs" avec 15 lithographies.

Jean Dubuffet, qui a abandonné sa carrière de marchand de vin en 1942 pour se consacrer à l'art, a exploré la lithographie après la guerre, perfectionnant sa technique chez Mourlot.

L'édition de "Les murs", achevée le 20 avril 1950, a été limitée à 172 exemplaires et comprend des lithographies créées entre 1945 et 1950, tandis que l'exposition se tient du 17 janvier au 7 mars 2026.

Après Sur les pas de Dubuffet en Auvergneexposition présentée en 2022 au Musée d’Art Roger Quilliot de Clermont, puis Jean Dubuffet – Le défi au quotidien présentée au Doyenné de Brioude l’été dernier, la Galerie Louis Gendre de Chamalières propose de découvrir une série de pièces exceptionnelles de l’artiste français le plus contesté mais aussi le plus admiré de l’après-guerre. Les galeristes Louis Gendre et Mariko Kuroda ont réuni 27 estampes et 3 livres illustrés dont un rare exemplaire de Les murs comportant 15 lithographies.

Dubuffet, une passion pour la lithographie au sortir de la guerre

En 1942, Jean Dubuffet jusqu’alors marchand de vin à Paris et artistes par intermittence, décide de tout lâcher pour se consacrer exclusivement à l’art. Jusqu’à sa mort en 1985, il travaillera sur différente formes de création au delà de la peinture.
Dans le Paris libéré de 1944, Jean Dubuffet, qui est autodidacte, décide d’explorer le principe de la lithographie, procédé d’impression à plat, basé sur le principe de la répulsion de l’eau et de la graisse, après un dessin réalisé avec un crayon ou une encre grasse sur pierre calcaire. L’artiste qualifie cette période de « fureur lithographique » dans une lettre qu’il adresse à son ami Alexandre Vialatte. Il fait ses premières armes avec cette technique sur une presse prêtée par un voisin, mais, durant l’été, il décide d’aller plus loin en perfectionnant sa technique chez Mourlot, imprimeur lithographe et éditeur parisien réputé. Ce « stage de perfectionnement » de 3 mois met en évidence ses capacités à maîtriser la technique tout en faisant du Dubuffet.
À l’automne de cette même année 1944, alors qu’il est encore inconnu, la galerie Drouin lui « offre » sa première exposition marquante. Il présente 55 peintures à l’huile, 24 peintures à l’eau ou à l’encre et 3 lithographies. Cette exposition provoque un véritable scandale, ce qui n’a rien d’étonnant au regard de sa volonté de s’écarter le culture dominante de l’époque.

5 années d’attente pour réunir 12 poèmes et 15 lithographies

Durant cette période, Dubuffet, se passionne également pour les écrits d’Eugène Guillevic, poète aussi peu connu que lui, alors auteur d’un seul ouvrage publié en 1942 chez Gallimard. Sa poésie minimaliste l’inspire au point de retourner dans l’atelier Mourlot, entre janvier et mars 1945, pour imprimer des lithographies destinées à illustrer un recueil de 12 poèmes, nommé Les murs. Durant ce trimestre, il produit également une autre série intitulée Matière et Mémoire. Si les  Lithographies sont rapidement exposées, il faut attendre 1950 pour les voir réunies avec les poèmes par Les éditions du livre.
Les murs achevé d’imprimer le 20 avril 1950 sur les presses de Joseph Zichieri à Paris, intègre les lithographies de Dubuffet imprimées 5 ans plus tôt chez Mourlot. L’édition est limitée à 172 exemplaires. Certains exemplaires sont imprimés sur du papier Japon Impérial, d’autres numérotés de 11 à 160 sur Montval, un papier de 200 à 300 grammes au m² conçu par le peintre Gaspard Maillol et fabriqué chez Canson. L’exemplaire présenté cette année, à la Galerie Louis Gendre & Ko, porte le numéro 19.
Les deux autres livres exposés à Chamalières, sont également des ouvrages type portfolio. Cerceaux ‘sorcellent de Max Loreau publié à 800 exemplaires en 1967 comportant 20 dessins reproduits, réalisés au marker par Dubuffet en décembre 1966 et janvier 1967 et Il y a (204) 17 poèmes de Jacques Berne illustrés par 13 sérigraphies.

Bram van Velde
Bram van Velde

L’exposition Jean Dubuffet – Éditions est à découvrir à la Galerie Louis Gendre & Ko du 17 janvier au 7 mars 2026. Elle est complétée par une seconde exposition, Bram van Velde – Éditions, estampes du peintre, illustrateur et lithographe néerlandais, aux mêmes dates.
Vernissage samedi 17 janvier du 16h à 19h et dimanche 18 de 10h à 12h30. 

 

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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