Loin de protéger les individus, ce qui correspond à sa première mission voire à sa principale raison d’être, l’État les met parfois en danger. Grande collectrice d’informations sur ses ouailles, sans doute pour mieux les tondre in fine, l’organisation souveraine devrait évidemment être en mesure de garantir au minimum la confidentialité des renseignements obtenus et en principe précieusement conservés… La récente cyberattaque de la sacrosainte Agence Nationale des Titres Sécurisés, placée sous tutelle du Ministère de l’Intérieur, vient prouver de manière ubuesque combien il pouvait se montrer défaillant, incompétent voire imprévoyant et irresponsable. Ce qu’il ne tolèrerait évidemment pas de « ses » administrés, placés sous étroite surveillance.
De fâcheuses conséquences
Près de 12 millions de personnes ont ainsi vu leurs données livrées aux esprits les plus malveillants. Les données obtenues ont aussitôt été proposées à la vente sur des réseaux cybercriminels. Ce qui va inévitablement entraîner pour les victimes fishing, hameçonnages et tentatives d’arnaques. Un véritable camouflet pour l’administration incapable de faire face aux enjeux de la sécurité informatique. Quelques jours plus tard, on apprenait l’interpellation d’un jeune hacker de quinze ans, soupçonné d’ « atteintes à un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État ».
Apathie administrative
Selon Clément Domingo, connu sous le pseudonyme SaxX, qui se définit lui-même comme un « gentil hacker » et « une sentinelle du darkweb » : « il conviendrait de porter plainte contre l’État sans quoi les fuites de données vont se multiplier. Face à ces problématiques qu’elles considèrent volontiers comme anecdotiques, il existe une véritable léthargie des autorités… »
De fait, toujours très pointilleux et implacable donneur de leçons avec ses administrés, l’État français, pléthorique, obèse, ankylosé et parfois dilapidateur de nos deniers, fait preuve de beaucoup d’indulgence devant ses propres carences manifestes. Qui ne sont pourtant plus à démontrer.
Marc François










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