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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Confinement “light” et situations ubuesques

De toute évidence, le confinement automnal est moins suivi que celui du printemps. Mais comment pourrait-il en être autrement ?

Tandis que le président de la République incite les Français à “se serrer les coudes“, son premier ministre, qui porte le nom d’un fabricant d’édredons en duvet-plumettes, exhorte ses concitoyens à respecter le confinement, à faire des efforts. Il y a, de toute évidence, quelques couacs sur la ligne de ce confinement numéro 2, qui se voulait allégé au point de devenir aujourd’hui quelque peu illisible. Les responsables ont l’air de s’étonner qu’il soit moins suivi que le précédent. Cette situation était pourtant inscrite dans les règles fixées : en particulier l’ouverture des écoles, des collèges et des lycées, à l’origine de très nombreux déplacements d’adultes et d’enfants tout au long de la journée. Et sans doute principal point faible du dispositif si l’on se place du côté de l’efficacité sanitaire. Bref, entre les demi-confinés, les pas confinés du tout et les presque totalement isolés, le virus a beau jeu de circuler au gré des échanges entre individus de toutes générations.

Des shadoks à Jean Castex

Les shadoks seraient-ils aux affaires ? Dans la série télévisée de Jacques Rouxel, d’étranges créatures avaient l’art de rendre compliquées les situations les plus simples. Tandis que le confinement printanier avait au moins le mérite de la clarté (tout le monde à la maison), le gouvernement a, cette fois-ci, inventé une usine à gaz déconcertante où l’absurdité côtoie l’ubuesque, où les dérogations voisinent avec les exceptions, les aménagements avec la fermeté. Au point que les responsables réfléchissent à doter le confinement d’un couvre-feu dans certaines localités … Volontiers ironique et un brin persifleur, Michel-Edouard Leclerc a illustré ce chaos règlementaire en listant les produits qu’il avait désormais le droit de vendre dans ses magasins. L’exemple des pyjamas pour moins de deux ans classés comme « produits essentiels » tandis que ceux pour les trois ans sont retirés de la vente est évidemment éloquent et significatif de cette grande confusion aux allures technocratiques.

Noël à l’ombre

A Clermont, le sapin de Noël, originaire des Combrailles, ne tardera plus à faire son apparition sur la Place de Jaude tandis que les rues se parent, peu à peu, de guirlandes et autres décorations. Faudrait-il y voir l’esquisse d’un signe favorable, enfin ? Non pas car au moment même où le conifère vit ses dernières heures, avant d’être abattu, Olivier Véran, colérique ministre de la santé, a douché les illusions des plus optimistes : « Noël, cette année, ne sera pas normal » a-t-il prévenu. Une façon de dire que les fêtes de fin d’année se dérouleront très vraisemblablement sous couvert de confinement et que le Père Noël, lui aussi, devra se couvrir d’un masque. Pour les bonnes nouvelles, il faudra attendre 2021. Dans le meilleur des cas…

 

 

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

4 Commentaires

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  • Dans la longue série de “l’absurdité [qui] côtoie l’ubuesque”, la France covidée est bien championne du monde toute catégorie ! Un mélange d’amateurisme politique et de technocratie boulimique… C’est tristement atterrant. Tiens, De Gaulle est mort il y a un demi-siècle… Serions-nous tombés de Charybde en Scylla ou de haut ?

    • Bonjour Mme Simonet

      suite à votre sujet sur Chalus Sabourin pouvez vous me renseigner si le Pr Luton à Travaillé à Sabourin ?

      Merci

  • Effectivement, comment Noël pourrait-il être normal quand une bande d’hurluberlus ont décidé sous le prétexte de la Covid-19, de nous préparer aux grands changements de demain. Je fais référence aux supposées grandes organisations de ce monde qui ont leur propre agenda. Le fait même que le FMI a annoncé le lancement du ‘Grand Reset’ programmé dès 2021, nous ne devons guère nous faire beaucoup d’illusions quant aux résultats à venir.
    Nul doute que les Français sont lassés, mais on les sent surtout résignés. Pourquoi ? Parce que ce n’est plus comme après la guerre : nous sommes tous dans le confort de nos logements, au chaud devant nos écrans à refaire le monde. Sauf que pour changer les choses, ce sont devant les grilles de chaque préfecture qu’il faudrait se mobiliser, au point que leurs occupants prennent peur et s’engagent à faire remonter en haut lieu, la révolte et les menaces des insurgents. Mais là, que voulez-vous qu’il se passe ? Nous sommes à quelques semaines des fêtes de fin d’année ; tout le monde espère que le Gvt lâchera du lest pour mieux nous faire des leçons de morale début 2021 et nous reconfiner dans la foulée. Et tant que nous aurons de quoi bouffer et qu’il n’y aucun souci dans les processus d’approvisionnement, je vous garantis que rien ne changera !

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