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Photo Josh Sorenson
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Concerts debout touchés en plein cœur

Didier Veillault, directeur de la Coopérative de Mai a adressé une lettre ouverte au gouvernement, cosignée par le directeur de la salle La Sirène et par la directrice du syndicat des musiques actuelles. Elle a pour but d’alerter sur la situation particulièrement difficile que vivent actuellement les salles de spectacles.

L’année 2020 est une année noire pour les salles de spectacles. Fermées depuis 4 mois, elles doivent faire face à une perte importante des revenus liés aux ventes des billets et se démènent pour sauver une partie de la programmation engagée, tentant ainsi de tenir les engagements pris avec les artistes. Mais la difficulté pour lancer la nouvelle saison qui approche à grand pas est de composer avec deux décrets applicables depuis le 31 mai prescrivant « les mesures nécessaires pour faire face à l’épidémie ». Ces décrets interdisent tout simplement de produire, interpréter, organiser des spectacles en station debout pour le public dans les établissements recevant du public. On imagine aisément la complexité pour un programmateur, de travailler à l’organisation de concerts de musique actuelle avec une jauge réduite impactant l’économie des manifestations et une relation public-artiste mise à mal par la distanciation.

Lettre ouverte

Didier Veillault, « bouillant » directeur de la Coopérative de Mai à Clermont a cosigné une lettre ouverte avec David Fourrier, directeur de la salle rochelaise La Sirène et Aurélie Hannedouche, directrice du Syndicat des Musiques Actuelles, intitulée symboliquement «Tous debout contre la mise à genoux de la musique».
Cette missive (qui a déjà rassemblé 1500 signataires du milieu musical) adressée au Président de la République, au Premier Ministre et à la Ministre de la Culture a pour but de dénoncer le manque d’information sur la reprise de l’activité. Il y est noté que les professionnels sont très conscients des risques sanitaires mais que leur secteur est en souffrance malgré les dispositifs d’accompagnement économique et financier qui ne sont toutefois pas suffisant pour garantir la pérennité. Les auteurs de la lettre évoquent même « une situation économique, sociale et morale plus que délicate ». La volonté des exploitants est donc de retrouver 100 % des capacités publiques des lieux à compter du 1er septembre prochain, mais le temps file vite et l’absence actuelle de visibilité risque de bloquer toute programmation de concerts et de tournées. Comme d’autres secteurs professionnels le monde de la musique a fait des propositions concrètes pour une reprise d’activité, mais à ce jour, aucun protocole n’a été mis en œuvre alors que les restaurants, cafés, cinémas ou clubs sportifs ont pu redémarrer leur exploitation avec des aménagements spécifiques.

« Nous nous sentons abandonnés et méprisés »

En portes-parole du monde de la musique vivante, les trois coauteur de la lettre n’hésitent pas à écrire « Nous nous sentons abandonnés et méprisés » et à réclamer d’urgence «des perspectives claires et cohérentes de scenarii et d’échéances dès le prochain conseil de défense afin de pouvoir travailler au redémarrage de nos activités » Ils rappellent que lors de la nomination du nouveau gouvernement, il a été évoqué que les théâtres et les salles de concerts devaient rouvrir dans des conditions sanitaires compatibles avec des conditions économiques viables, plaçant la culture comme secteur prioritaire de la relance.
C’est avec ce sentiment d’être le parent pauvre de la reprise, que le monde de la musique tente avec difficulté d’imaginer une rentrée attendue avec impatience par le monde artistique mais aussi par le public. Alors que des secteurs comme l’automobile ou les transports ont déjà été largement aidés, la culture, en particulier les spectacle vivant, restent dans une attente plus que pénible, une situation d’autant plus incompréhensible que, faut-il encore le rappeler, la contribution des industries culturelles et créatives au PIB de la France est comparable à celle de l’industrie agroalimentaire et 1,9 fois plus importante que celle de l’industrie automobile

Lire la lettre ouverte : cliquez ICI

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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