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Photo : Association de secours aux chiens nordiques.
Chroniques

Chiens de traîneau ou bêtes de somme

Depuis Jack London et ses romans L’appel de la forêt (The Call of the Wild, publié en 1903) et Croc-Blanc (White Fang, publié en 1906 aux Etats Unis), le grand public a pris connaissance des terribles conditions de vie des chiens nordiques.

Courir ou tirer ?

Aujourd’hui, ils semblent être mieux traités, quoique… Ces chiens, très proches des loups, ont développé au fil du temps, à cause d’un environnement très dur, des facultés hors normes, comme celle de pouvoir courir sur de très grandes distances dans la neige et d’être résistants au froid.

Désormais, les progrès de la technique ont permis de mettre au point des véhicules remplaçant avantageusement les chiens qui étaient assignés à tirer de lourdes charges, en attelage, des heures durant. Mais l’animal humain est joueur. Aussi, sans nécessité aucune, il a inventé de nouveaux passe-temps lors desquels il convoque les animaux, les vrais. Le spectacle qu’offrent les courses de traîneau tiré par des chiens (le mushing) est très prisé des skieurs et autres touristes de neige. Certes, les chiens nordiques ont un grand besoin de courir, mais pas forcément de tirer. Ce ne sont pas des animaux de trait, même si c’est ce que l’on a voulu faire d’eux.

Des compétitions impitoyables

Photo : Association de secours aux chiens nordiques.

Il s’agirait de simples balades dirigées par un musher plutôt cool, on n’y trouverait rien à redire. Mais le plus souvent, il s’agit de compétitions impitoyables, comme la Grande Odyssée qui se déroule chaque année en janvier dans le massif du Mont-Blanc, sur plusieurs jours et environ 1.000 km. Ce genre de performance demande aux chiens tellement d’efforts qu’ils sont promis à ne pas faire de vieux os, prématurément usés par un entraînement d’une dureté effarante : ne leur demande-t-on pas de tirer, en montée, des charges très lourdes ? Malheur à celui qui faillit. On ne donne pas cher de sa peau (*).

Les amateurs qui, benoîtement, applaudissent à ce genre de spectacle sont comme ceux qui s’ébaubissent devant les cabrioles des dauphins et des orques dans des marinelands, autant de prisons, voire de bagnes, pour des animaux qui n’ont surtout pas mérité des traitements d’une telle cruauté. Les compétitions de chiens de traîneaux sont à mettre au même niveau que les terribles courses de lévriers. L’argument : ces chiens ont besoin de courir. Mais non de se disputer la première place jusqu’à la limite de leurs forces.

Tout ce qui demande aux animaux un effort qui n’a plus rien de naturel ressort de l’exploitation, toujours dans un but de profit (d’argent ou de gloire, ou les deux). A ce titre, il s’agit d’un esclavage, ni plus ni moins. C’est à peine moins révoltant que les combats d’animaux organisés par des brutes perverses et cupides.

Des chiens courant dans la neige, d’accord, mais à leur rythme…

(*) Il existe en Auvergne une association qui recueille et place des chiens, l’Association de secours aux chiens nordiques (ASCN).

 

Retrouvez la chronique “Sept sur sept, la vie des bêtes” de Josée Barnérias.

 

À propos de l'auteur

Josée Barnérias

Josée Barnérias

A toujours été au plus près de la cause animale. En septembre 2010, a fondé La Griffe, association d'information et d'intervention pour les animaux. Aujourd'hui encore, elle en est la présidente. A travaillé pendant trente années dans la Presse quotidienne régionale. Elle vit à Clermont-Ferrand.

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