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Caroline Hussar, Photo 7 Jours à Clermont
Caroline Hussar, Photo 7 Jours à Clermont
Culture

“Heurtevents” le troisième roman de Caroline Hussar, vient de paraître

Avec "Heurtevents", son troisième roman publié aux Presses de la Cité, Caroline Hussar signe une plongée haletante et sociologique dans la France des années 1950. Mêlant secrets de famille et emprise psychologique, l'histoire est portée écriture ciselée,

Caroline Hussar, vit à Clermont mais a grandi dans l’Allier, non loin de Vichy. Dans sa jeunesse, lors de ses pérégrinations, elle passait fréquemment devant une étrange maison, sise sur une petite route comme seule la campagne française sait en offrir. Cette maison qui possédait une verrière sur sa façade, a longtemps alimenté son imaginaire et ressort aujourd’hui comme un personnage clé de son nouveau roman Heurtevents. Heurtevents fait naturellement penser à Hurlevent (Les hauts de…) , roman noir et scandaleux d’Emily Brontë. Caroline Hussar se garderait bien de challenger un tel monument de la littérature et elle n’a pas choisi ce nom pour créer la moindre confusion qui pourrait se révéler bénéfique à la vente de son ouvrage ; elle se contente juste d’une citation en préambule. La vérité est bien simple, Heurtevents est le nom du lieu-dit où se situe cette maison bourbonnaise inspiratrice. À propos des sœurs Brontë, l’auteure avoue davantage un penchant pour le roman Jane Eyre de Charlotte, l’aînée des trois sœurs écrivaines.

Caroline Hussar entremêle le passé et le présent

À Heurtevents, la maison familiale fermée depuis longtemps, retrouve du mouvement avec l’arrivée du petit-fils des propriétaires, Antoine, reclus volontaire, le temps de finir de rédiger sa thèse de fin d’études. Une proche voisine, bienveillante et quelques interactions sociales au bistrot du coin, sont censés être ses seuls liens avec l’extérieur. Ce qu’il n’avait pas prévu en revanche c’est que la demeure est restée un peu vivante. La vie se manifeste par des odeurs intermittentes et par les déplacements incessants d’un pierrot de chiffon et porcelaine qui semble vouloir transmettre un message. Antoine, dont la thèse devient secondaire, plonge alors dans le passé familial. Au fil des révélations de villageois, la part d’ombre qui entoure le couple Odile-André, ses grands-parents, apparaît de plus en plus nettement. Il comprend le rôle que la maison d’Heurtevents a pu jouer par le passé et l’emprise qu’elle est en train de prendre sur lui, le faisant basculer progressivement vers la folie.

Tableau du milieu du XXe siècle

Avec ce roman, qui possède une part de réalité, Caroline Hussar propose une belle analyse sociologique de la France provinciale. Si Antoine est bel et bien un personnage contemporain, ses recherches invitent à des va-et-vient incessants dans les années 50, lorsque la France, à peine remise de la Seconde Guerre mondiale, plonge dans la guerre d’Algérie. Cette période illustre parfaitement ce qu’était la condition féminine du milieu du XXe siècle. Sur fond de violences intrafamiliales, Odile, la grand-mère d’Antoine, est une figure universelle de la femme prise en étau entre le désir d’émancipation et le patriarcat, entre le bonheur du mariage et de la maternité consentie et les coups assénés par un mari d’origine étrangère, alcoolique et violent. Au-delà de la trame sociale Heurtevents est aussi un recueil de questionnements, toujours d’actualité, sur l’image imposée par la société, sur la fidélité, sur la possibilité de tomber amoureux plusieurs fois, sur les rapports de force ou encore sur la capacité de chacun à faire le mal ou le bien.

Caroline Hussar ou l’écriture concise et sans filtre

Nul doute que le métier d’avocate de Caroline Hussar déteint sur son second métier d’auteure. Habituée à la rédaction très précise du langage juridique, elle garde, tout au long des 270 pages de son roman, la capacité à raconter les choses de manière efficace et concise, sans filtre, sans éléments inutiles, sans contourner la réalité même lorsqu’elle se révèle crue ou violente. Utilisant le principe des chapitres courts et des flash-backs, l’auteure impose un rythme soutenu à l’histoire, jusqu’à la dernière page, en s’octroyant de temps à autre, un pas de côté, à l’image de ce bref chapitre rédigé comme un conte pour enfants mais d’une justesse incroyable.

Heurtevents, troisième roman de Caroline Hussar vient d’être publié aux Presses de la Cité.
L’auteure sera présente lors de la 13e édition du Salon du livre de Royat-Chamalières, où elle dédicacera également La Maison aux chiens, Prix du premier roman Jean-Anglade 2023, et Le rivage le plus sûr (2025) et ses Contes d’Auvergne (Grasset 2025).

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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