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Vogue la galère- photo olympic.org
Chroniques Sports

Astram gram, pique et pique et zenecam

Sauf catastrophe les JO de Tokyo débuteront le 23 juillet sans certitude quant aux conséquences du Covid sur la santé et l’indice de performance des athlètes. Aux Jeux comme ailleurs, entre ceux qui auront été vaccinés suffisamment tôt et les oubliés de la seringue, les chances ne seront sûrement pas égales.

’Nous avons tenu à simplifier la préparation aux qualifications pour les Jeux Olympiques afin que les athlètes se présentent dans les meilleures dispositions physiques possibles, le virus laissant potentiellement des séquelles sur plusieurs mois’’.

Fort du raisonnement plein de bon sens de son comité olympique, la Hongrie commençait donc dès fin janvier la vaccination de 868 athlètes.

L’attente des uns

Pascal Martinot-Lagarde- photo francetvinfo.

L’exemple (pas vraiment unique) ne manquait pas d’attirer l’attention de nos sportifs tricolores tel Christophe Lemaitre : « Des Jeux sans vaccin semblent très compliqués. S’il y a un cluster dans le village olympique, ça peut faire des dégâts. » Le médaillé de bronze sur 200m aux JO de RIO trouvant un écho chez notre numéro un du 110m haies Pascal Martinot-Lagarde : « On va galérer pour réussir aux JO sans se faire vacciner ! »

S’appuyant sur les recommandations du CIO, le président du comité olympique français emboitait le pas : « Pour les non vaccinés, les conditions seront extrêmement difficiles… Il serait logique que tous les gens accrédités pour les Jeux soient vaccinés » Mais Denis Masseglia d’ajouter immédiatement «… cela ferait passer les sportifs comme prioritaires…il faudrait le faire sans pénaliser d’autres personnes ».

Autrement dit, comment faire pour ménager la chèvre et le chou ? Question essentielle au point d’être devenue un art de gouverner dans notre douce France (et ailleurs en Europe) où la crainte de défriser les bien pensants et d’affronter les éventuelles critiques de l’opinion publique annihile les intentions de passage à l’acte.

Le volontarisme des autres

Que représenterait réellement la priorisation de quelques centaines de sportifs de haut niveau au regard de la population en attente de vaccin ? Pas grand-chose assurément.

Des Kenyans vaccinés- photo afrik.com

Si l’on souhaite honorer des médaillés français à leur retour de Tokyo, ne serait-il pas logique de tout mettre en œuvre sans tergiverser pour placer nos athlètes à égalité avec la concurrence. Cela éviterait de hurler, après coup, qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait ; rengaine très à la mode.

Après la Hongrie, l’Australie, Israël, la Serbie, la Lituanie ou le Danemark, le Kenya vient d’annoncer que 75 de ses athlètes étaient vaccinés. La campagne kenyane visant au total 3500 sportifs, entraineurs et dirigeants concernés par les JO mais aussi par l’organisation, fin juin, de la manche du Rallye WRC. Quant à la Russie, elle a décidé de vacciner tous les sportifs des équipes nationales, y compris les jeunes, avec priorité au rendez-vous de Tokyo.

Nul doute que les USA, la Chine et compagnie s’apprêtent à suivre la même voie.

A côté des stratégies étatiques, volontaristes ou attentistes, c’est plus ou moins discrètement que pas mal de sportifs de haut niveau ont profité d’opportunités pour passer par la petite porte de la vaccination.

Les petits malins

Un poil indignée, la presse espagnole s’est faite ainsi l’écho du privilège accordé à une bonne douzaine de sportifs dont la star de Moto GP Marc Marquez et celle de F1 Carlos Sainz, vaccinés au Bahreïn. Des cas pas vraiment isolés puisque tous les pilotes de F1 et Moto GP ont profité de l’avant-saison pour se faire vacciner dans ce micro royaume où, parait-il, les vaccins ne font pas défaut.

Juste à côté, aux Emirats arabes unis, c’est toute la troupe de l’UAE Team Emirates, soit 27 coureurs et 32 membres du staff de l’équipe cycliste ‘’locale’’ qui a reçu le vaccin courant janvier. Les Rui Costa, Marc Hirschi et autre Tadej Pogacar, ne pourront qu’y gagner en sérénité, espérant « en finir avec les quarantaines et les restrictions de voyage » dixit le slovène, vainqueur du Tour 2020.

Bien sûr, les (très) mauvaises langues ne manqueront pas de faire remarquer que les seringues n’ont jamais fait peur aux rois de la petite reine.

Cela dit, si les pilotes et les coureurs en question ne sont pas les seuls à avoir déjà profité de l’aubaine vaccinale, d’autres pros du sport continuent d’évoluer avec l’épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Tadej Pogacar- photo UEA Team.

Flous artistiques

Alors que l’Euro approche (11 juin) pour nos footballeurs, l’UEFA navigue encore dans le brouillard quant aux conséquences que pourraient avoir des cas de Covid sur la compétition : exclusion des joueurs contaminés, défaites sur tapis vert… ?

Pas plus de clarté chez les instances internationales du rugby qui se sont déjà pris les pieds dans le tapis avec des décisions nébuleuses générées par des commissions ‘’Théodule’’. Le RC Toulon en a fait les frais par deux fois au fil de la saison européenne.

Célébration rochelais- capture écran EPCR.

Par ces temps où les normes opérationnelles fleurissent au point que les parapluies finissent par obscurcir le bleu du ciel, citons-en une, pour le plaisir, pondue par l’EPCR (organisateur de la Coupe d’Europe) :‘’Les célébrations d’essais en face à face sont interdites !’’ Quid alors des placages, des rucks, des mêlées ou des mauls ? Ubu est parmi nous.

L’ASM Clermont a bien sollicité la Ligue Nationale de Rugby afin qu’elle négocie la vaccination des joueurs mais jusqu’alors les autorités ont tapé en touche.

A part ça, dans ce monde déboussolé, le Comité International Olympique vient de commander des vaccins à la Chine afin d’aider les plus démunis…et peut-être en premier lieu le pays organisateur des Jeux puisqu’à la mi-avril, moins de 1% de la population nippone avait reçu une dose. Un paradoxe qui a fait dire, non sans humour, à un réputé neuroscientifique japonais : « Dans trois ans, aux infos, on apprendra que la vaccination est finie pour l’ensemble de la population et on se félicitera de ce résultat obtenu à temps avant les JO de …PARIS ! »

A Paris justement où le ministère des sports et le comité olympique viennent tout juste de mettre en place un groupe de travail afin de ‘’définir le nombre d’athlètes désireux d’être vaccinés et de proposer un calendrier qui soit en cohérence avec la stratégie vaccinale nationale’’. On sait aussi que cette vaccination olympique aurait déjà débuté “en douce”, alors…chut!

Il y a un début à tout pour animer la flamme.

La flamme olympique- photo olympic.org

 

À propos de l'auteur

Yves Meunier

Yves Meunier

Bourbonnais originaire de Gannat où il s’est essayé au rugby sous le maillot de l’ASG pendant une douzaine d’années. Diplômé d’Etudes Supérieures en Sciences Economiques à l’Université de Clermont. Journaliste à France3 Région de 1972 à 2007. Aujourd’hui impliqué avec des amis dans une aventure viticole du côté de Saint-Emilion et toujours en prise avec le sport auvergnat au sein de l’Union des Journalistes de Sports en France.

1 Commentaire

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  • Quand il faut un groupe de travail pour permettre ou non, aux athlètes qui souhaitent se faire vacciner de le faire, sachant qu’il y aura au pire, quoi… 500 sportifs, on se dit que c’est pas gagné.
    On peut aussi comprendre pourquoi le programme de vaccination fonctionne si bien en France !

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