Accueil » Culture » Vidéoformes 2024 : c’est quoi ce truc ?
"Sexus fleurus" Yosra Mojtahedi / Photo DR
"Sexus fleurus" oeuvre de Yosra Mojtahedi / Photo DR
Culture

Vidéoformes 2024 : c’est quoi ce truc ?

À l’occasion de la 39e édition du festival 2024, les clermontois ont pu voir sur les murs de la ville l’affiche du festival qui est pour le moins intrigante. Chaton ou os, personne ne sait vraiment ce qu’elle représente.

L’affiche de la 39e édition du festival Videoformes  intrigue les spectateurs. Il est difficile de savoir et de comprendre ce qu’elle représente. Yosra Mojtahedi, est l’artiste qui a réalisé la sculpture utilisée pour le visuel du festival. Dans le cadre de la manifestation 2024, elle présente l’œuvre Volcanahita, à la chapelle de l’ancien hôpital général. Entre mythologie perse et êtres hybrides, l’artiste fait entrer les spectateurs dans son univers si particulier. Elle explique ses intentions. 

« Une sculpture robotique »

Affiche vidéoformes 2024

Pourquoi avoir choisi cette sculpture pour l’affiche du festival ?
Yosra Mojtahedi : Comme le festival est autour de l’hybridation et des arts numériques, Gabriel Soucheyre le directeur, m’a demandé de faire une image pour le festival. Du coup, j’ai pensé à une de mes sculptures qui s’appelle Sexus Fleurus. C’est une sculpture robotique d’un robot mou que j’ai réalisé dans un laboratoire de soft robotique. Il s’agit d’un nouveau type de robot qui est en cours de recherche pour remplacer les robots mécaniques. Ce nouveau type de robot est très organique, car  fait en silicone. À l’intérieur de ces robots il y a des cavités, comme dans notre corps et c’est vraiment inspiré par la nature, le corps animal, le corps humain.
Je me suis rapprochée de ce laboratoire pour créer un organe, sans frontière. Un organe qui se situe entre l’animal et l’humain, entre le féminin et le masculin. J’avais vraiment envie d’enlever les frontières et de créer un organe par moi-même. Je me suis toujours demandé comment je pouvais créer un être sans passer par mon corps féminin. Une des réponses était de le créer dans un laboratoire. C’est comme si on rentrait dans la fiction.

« Une œuvre interactive »

Comment marche Sexus Fleurus ?
Y.M : C’est un robot mou qui reproduit des mouvements musculaires, avec l’injection de l’air, ça commence à palpiter. Si le spectateur se permet de toucher, la palpitation change. C’est une œuvre interactive d’un robot qui est entourée de peau animale qui fait que c’est tellement réaliste qu’on oublie que ça pourrait être un robot. C’est intéressant parce qu’on pourrait s’interroger sur le futur, sur le corps humain, sur ce qu’est quelque chose artificiel et ce qu’est quelque chose de naturel. On peut se demander si les nouvelles technologies nous permettront de revenir à la nature de notre corps. Ce que j’aime beaucoup, c’est que cette sculpture interroge beaucoup sur les questions dans le futur, le corps, la frontière entre un corps naturel, humain et un corps machine.

« Je voulais créer une émotion »

Yosra Mojtahedi / Vidéoformes
Yosra Mojtahedi / Photo DR

Le but avec cette sculpture est de troubler le visiteur quand il la touche ?
Y.M : Je n’ai jamais pensé à troubler le public. J’avais envie de créer un organe qui pourrait se présenter comme un être. Je voulais créer une émotion. Quand on est dans un espace public, on rencontre cette forme un peu hybride, un peu étrange qui palpite sans faire de bruit, comme si un être existait. Il y a un esprit dedans, c’est ça que j’aime. Forcément, comme on n’est pas habitués à accepter ce qui est étrange par rapport à notre regard et notre connaissance, ça devient quelque chose de perturbant. On n’est pas habitués à rencontrer des êtres qui sont autant hybrides.

« C’est une sorte de guerrière »

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre œuvre Volcanahita ?
Y.M : Volcanahita est un être aussi pour moi. C’est une sorte de guerrière, une sculpture aussi machine organique. J’ai envie d’utiliser ce nom parce que pour Sexus Fleurus ça évoque beaucoup de choses. Volcanahita est une machinima, qui est une fontaine. Un liquide noir en permanence en mouvement. J’ai créé une très grande sculpture, installation comme un paysage postapocalyptique à partir de matières recyclées comme le métal, le verre, de l’huile industrielle usée. J’ai recyclé toutes ces matières qui sont très industrielles et très polluantes pour redonner une vie à un corps qui pourrait encore une fois révéler une émotion en nous et nous interroger sur le futur, si tout se détruit ou si des espaces vivants se réveillent ou se recréent.

Pourquoi avoir choisi ce nom pour votre sculpture ?
Y.M : C’est une sculpture qui s’appelle Volcanahita, un mélange de deux mots, volcan et anahita. Anahita est une déesse de l’amour, de l’eau et de la naissance mais aussi de la mort dans la mythologie perse. Je suis revenue à mes racines perses pour imaginer un corps féminin et penser que la place de la femme, avant dans la mythologie était très forte. On pensait à cette naissance de la nature avec une déesse qui a un pouvoir de donner la naissance et la mort, créant un cercle infini. Cette œuvre, qui a une partie sonore aussi qui est très forte et nous enveloppe et nous emporte dans un univers très doux et aussi très fort.

Volcanahita,  Vidéoformes 2024, jusqu’au 31 mars à la Chapelle de l’ancien-hôpital-général, 1 rue Sainte Rose à Clermont.

Volcanahita par Yosra Mojtahedi / Photo 7 Jours à Clermont
« Volcanahita » par Yosra Mojtahedi / Photo 7 Jours à Clermont

À propos de l'auteur

Sarah Carbonell

Native de Clermont, Sarah Carbonell est étudiante en Master Etudes Européennes Internationales, à l'Université Clermont Auvergne. Durant une année en Erasmus, elle a suivi une formation en média de proximité et se destine désormais à devenir journaliste.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé