Le fonctionnement de la ligne de trains Clermont – Paris polarise l’attention, avec ses retards trop fréquents et ses annulations bien trop nombreuses. Cette semaine, la vague de chaleur a une fois de plus prouvé que le matériel, à bout de souffle, ne peut pas supporter la montée du mercure qui devient la norme avec le dérèglement climatique.
Cette “ligne de la honte”, qui devrait retrouver de sa superbe d’exploitation en 2028, occulte un autre combat, encore plus douloureux : celui des petites lignes fermées ou en passe de l’être. Le phénomène ne touche pas que le Massif central, on le retrouve un peu partout en France.
Obtenir un maillage renforcé au plus près des territoires
Le collectif “La colère des sans trains” rassemble une dizaine d’organisations de défense du ferroviaire qui accueillent des insatisfaits de la politique des transports actuelle – et ils sont nombreux dès lors qu’ils n’ont pas la chance de résider à proximité d’une ligne TGV. Le seul objectif de « La colère des sans trains » est d’obtenir un maillage renforcé au plus près des territoires permettant le développement de circulations ferroviaires de qualité, diurnes et nocturnes, avec des cadencements et des amplitudes adaptés aux besoins, sur tout le territoire national, sur toutes les lignes défendues par ses participants.
Après Limoges en janvier, la colère va se manifester sur le parvis de la gare de Clermont ce samedi 30 mai 2026, pour réclamer le retour d’une véritable étoile ferroviaire autour de la métropole clermontoise avec un slogan percutant : “La gare de Clermont ne peut pas rester un cul-de-sac ferroviaire !”
De passage en Auvergne pour faire le point sur l’évolution de la ligne Clermont-Paris, le ministre en charge des transports, Philippe Tabarot, n’a pas pu échapper à la question de toutes ces dessertes menacées qui, pourtant, se révèlent indispensables pour le développement du territoire, à l’heure des carburants hors de prix et d’une indispensable lutte contre les émissions de $CO_2$.
7 Jours à Clermont : Que pouvez-vous dire aux membres du collectif « La colère des sans trains » qui appelle au rassemblement à Clermont ?
Philippe Tabarot : Que l’on travaille sur la question avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Tout comme l’État, les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, la région Auvergne-Rhône-Alpes souhaite travailler conjointement sur le devenir en matière ferroviaire du Massif central. Il y a des lignes dites de desserte fine du territoire qui sont de la responsabilité des régions et où il y a des investissements importants qui doivent se faire dans les années futures. L’idée, c’est de pouvoir travailler tous ensemble pour rendre ce réseau cohérent et le plus pertinent possible.
7JàC : La question financière est-elle le seul frein ?
P.T : Il faut avoir conscience que ces lignes de desserte fine du territoire qui sont à régénérer coûtent très cher à moderniser, mais je dirais qu’elles sont les veines de notre pays et, en plus, elles ont une histoire pour la plupart d’entre elles, avec un attachement très fort. Il y a besoin de trains dans notre pays, donc il faut prendre ça en compte. Mais d’un autre côté, il faut se mettre tous ensemble pour avoir un réseau opérationnel qui soit le plus cohérent possible. En tout cas, les questions de mobilité dans le ferroviaire dans le Massif central, ça a du sens pour les trois régions concernées, et ça a du sens pour le représentant de l’État que je suis en matière de transport.
5 à 6 000 km menacés en France
7JàC : Rouvrir des lignes est-il utopique ?
P. T : Ça, c’est aux présidents de région de vous le dire. Quand on a 28 000 kilomètres de voies ferrées dans le pays et que 5 à 6 000 sont menacés de fermeture, la priorité c’est d’éviter au maximum les fermetures. Si, comme cela a été le cas dans une ou deux régions, on a des réouvertures, c’est bien, mais je pense que la priorité, c’est d’éviter qu’elles ferment. Moi, j’ai été vice-président de région en charge des mobilités, j’ai évité que trois lignes auxquelles les habitants maralpins sont très attachés – notamment le Train des Merveilles, et la Côte Bleue également dans les Bouches-du-Rhône – ne ferment. On s’est battu pour que ces lignes ne ferment pas, mais c’est beaucoup d’investissements, ce sont des choix politiques à faire qui sont très forts.
7JàC : Malheureusement, ces réouvertures sont assez peu fréquentes…
P.T : Quelquefois, il y a eu des lignes qui ont pu se rouvrir, certaines régions peuvent se le permettre. Bien sûr, c’est une joie immense quand une ligne ferroviaire rouvre. J’en avais eu une dans mon département il y a un certain nombre d’années, entre Cannes et Grasse, mais ce n’est pas tous les jours qu’on rouvre une ligne ferroviaire, même si c’est une bonne chose. Mais la priorité, c’est vraiment de garder le maximum de kilomètres de voies ferrées, sur les 28 000 qui font notre réseau aujourd’hui.
Samedi 30 mai dès 14h00 Les sans trains seront sur le parvis de la gare de Clermont
Le Massif central retrouvera-t-il ce qui était jadis un maillage territorial exemplaire ? Les réponses du ministre, qui est pourtant un grand défenseur du rail, ne laissent que peu d’espoirs. Néanmoins, la mobilisation citoyenne reste un élément fort dans l’avancée des dossiers. L’influence qu’a aujourd’hui le Collectif des Usagers du train Clermont-Paris sur le suivi de la régénération de la ligne et le quotidien des voyageurs incite au rassemblement.
Le collectif “La colère des sans trains” donne rendez-vous à partir de 14h00 sur le parvis de la gare SNCF, avec un report éventuel à droite de la gare, square de la Jeune Résistance, pour réclamer la reconstitution de l’étoile ferroviaire de Clermont-Ferrand, afin d’offrir la possibilité à la population de se déplacer par le train vers le nord, le sud, l’ouest et l’est du Massif central pour rallier les territoires, les villes moyennes et les métropoles…














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