Ils débarqueront en nombre, ils seront tous là. Ou presque. Jusqu’au 1er mars, ils vont défiler les uns après les autres, avec l’ambition, presque le devoir, de se faire remarquer. Le Salon de l’Agriculture est, en effet, le lieu où il faut être dans un exercice incontournable de relations publiques, qui flirte parfois avec l’hypocrisie.
Les voix n’ont pas d’odeur
S’ils viennent, à vrai dire, ça n’est pas pour faire du charme aux veaux, aux moutons, aux cochons. Ceux-là, ils s’en contrefichent puisqu’ils ne votent pas et qu’on les destine au couteau du boucher. Non, s’ils cajolent volontiers la croupe des vaches, c’est en réalité pour faire de l’œil aux éleveurs. Un élan irrésistible les conduit à s’intéresser subitement à la France profonde, une envie pressante les pousse vers les terroirs les plus reculés. Les élections ne sont pas loin…Et c’est ainsi qu’ils viennent serrer la pogne aux paysans, discuter avec les agriculteurs, boire des coups et goûter aux spécialités locales. Même si, franchement, elles leur donnent parfois le haut-le-cœur. Les voix n’ont ni parfum, ni odeur.
Mi-chèvre, mi-chou
Ils iront de stand en stand, dans un style le plus décontracté possible, histoire de « faire peuple », écoutant les doléances, faisant bonne contenance et n’hésitant pas à lever le coude si la situation l’impose. Ils donneront ainsi l’impression de tout savoir du crottin de Chavignol, du gaperon puant ou de la fourme d’Ambert à ne pas confondre avec celle de Montbrison…
Ils arriveront, de droite, de gauche, plein de bons sentiments et de promesses, paraderont au milieu des allées. Mi-chèvre, mi-chou… Entourés, bien entendu, de leur garde rapprochée. Et puis, ils s’en retourneront le devoir accompli, avec quelques verres dans le nez et l’illusion d’avoir produit le meilleur effet. Un effet bœuf.
Marc François













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