Accueil » Edito » Passage obligé
Les bovins absents du salon 2026 Photo forum www.concoursvaches.fr, CC BY SA 4.0, via Wikimedia Commons
Les bovins absents du salon 2026 / Photo forum www.concoursvaches.fr, CC BY SA 4.0, via Wikimedia Commons
Edito

Passage obligé

Retrouvé cette semaine ce texte, écrit il y a une dizaine d’années, mais qui reste d’autant plus d’actualité, à l’heure du Mercosur et au moment où se prépare une nouvelle édition du Salon de l’Agriculture, privée de la présence des bovins mais certainement pas des représentants politiques de tout bord : petits, grands, pas beaux, plus ou moins poilus…

Ils débarqueront en nombre, ils seront tous là. Ou presque. Jusqu’au 1er mars, ils vont défiler les uns après les autres, avec l’ambition, presque le devoir, de se faire remarquer. Le Salon de l’Agriculture est, en effet, le lieu où il faut être dans un exercice incontournable de relations publiques, qui flirte parfois avec l’hypocrisie.

Les voix n’ont pas d’odeur

S’ils viennent, à vrai dire, ça n’est pas pour faire du charme aux veaux, aux moutons, aux cochons. Ceux-là, ils s’en contrefichent puisqu’ils ne votent pas et qu’on les destine au couteau du boucher. Non, s’ils cajolent volontiers la croupe des vaches, c’est en réalité pour faire de l’œil aux éleveurs. Un élan irrésistible les conduit à s’intéresser subitement à la France profonde, une envie pressante les pousse vers les terroirs les plus reculés. Les élections ne sont pas loin…Et c’est ainsi qu’ils viennent serrer la pogne aux paysans, discuter avec les agriculteurs, boire des coups et goûter aux spécialités locales. Même si, franchement, elles leur donnent parfois le haut-le-cœur. Les voix n’ont ni parfum, ni odeur.

Mi-chèvre, mi-chou

Ils iront de stand en stand, dans un style le plus décontracté possible, histoire de « faire peuple », écoutant les doléances, faisant bonne contenance et n’hésitant pas à lever le coude si la situation l’impose. Ils donneront ainsi l’impression de tout savoir du crottin de Chavignol, du gaperon puant ou de la fourme d’Ambert à ne pas confondre avec celle de Montbrison…

Ils arriveront, de droite, de gauche, plein de bons sentiments et de promesses, paraderont au milieu des allées. Mi-chèvre, mi-chou… Entourés, bien entendu, de leur garde rapprochée. Et puis, ils s’en retourneront le devoir accompli, avec quelques verres dans le nez et l’illusion d’avoir produit le meilleur effet. Un effet bœuf.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Photo Fanny Raynaud
Partager :

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé