S’il est un sujet éminemment personnel, intime et pour autant universel, c’est bien la relation à la vie et à la mort. Une question à la fois essentielle, puisque personne n’y échappe au bout du chemin, et complexe car elle met en jeu des fondements comme la liberté individuelle, le droit au suicide et à la dignité, le rapport à la souffrance, à l’autre, à soi-même, à la responsabilité médicale, voire à la religion. Toutefois dans les sociétés occidentales contemporaines, la mort constitue presque un tabou, une fatalité que le corps social a tendance à vouloir écarter, mettre à l’ombre, enfouir sous le tapis. En toute circonstance, la comédie humaine doit se poursuivre. D’une certaine façon, l’agonie est empêcheuse de tourner en rond.
On ne peut ainsi que se féliciter que le sujet de la fin de vie soit aujourd’hui sur la table, qu’il se retrouve sur les bancs de l’assemblée nationale et du sénat. Il était temps, en réalité.
Stéréotypes
L’étonnant est que le débat soit politisé et que l’on retrouve grosso modo un clivage gauche-droite que l’on pourrait aussi définir par « progressiste-conservateur », encore que ces deux mots soient bien souvent galvaudés. Prendre soin de la nature, par exemple, n’est-il pas une forme de « conservatisme ». Tenter de conserver ce qui est précieux serait-il fondamentalement rétrograde ? Mais c’est une autre affaire.
Bien entendu, la question sur le droit de mourir dans la « dignité » ne doit pas être schématisée, encore moins caricaturée et les positions des uns et des autres se révèlent respectables. Personne en la matière n’a définitivement raison ou tort, tout est affaire de sensibilité et aucun point de vue ne devrait être balayé d’un revers de manche. Et il est de la responsabilité des responsables politiques d’aborder le sujet avec tact et sans idéologie.
De l’urgence d’agir
Tout le monde, fort heureusement, est presque d’accord sur la nécessité d’intensifier les efforts dans le domaine des soins palliatifs qui devraient être une priorité absolue. Or la France reste dramatiquement sous-équipée en la matière. Selon la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), seuls 30% des patients qui auraient besoin de ce type d’aides peuvent aujourd’hui en disposer. Il serait urgent d’agir, hélas dans un pays suradministré, il est inenvisageable de brûler les étapes.
Marc François













Commenter