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La piste vide du circuit de Charade
La piste de Charade, bien silencieuse Photo O.Perrot
Edito

Charade dans le rétroviseur

Le circuit, aux portes de Clermont, est un livre d’histoire davantage qu’un outil de modernité.

Charade n’en finit pas de vivre de nostalgie, dans le souvenir lancinant de ses grandes heures. A la recherche d’images qui commencent à se délaver. Combien d’entre nous ont vécu les grand-prix auto et moto des années 60 et du début de la décennie 70 quand le circuit des Monts d’Auvergne représentait un temple de la vitesse et « l’un des plus beaux tracés  du monde » selon la plupart des pilotes ? Depuis la ville de Clermont, à l’époque, on entendait le rugissement des Formule 1 lancés dans la descente vers Gravenoire ou remontant du côté de Champeaux avant de se lancer à l’assaut du Tertre de Thèdes.

Théâtres abandonnés

La vérité tient à dire que parmi les circuits mythiques de ces années-là, bon nombre n’ont pas survécu à l’évolution de la course automobile, confrontée à des règles drastiques en matière de sécurité. En France, par exemple, Rouen-les-Essarts et Reims- Gueux, qui se partagèrent l’essentiel des Grand-Prix de France entre 1948 et 1968, ont disparu du panorama. Même sanction à l’étranger pour Kyalami, Montjuich, Jarama, Hockenheim, Mosport. En Angleterre, le tourniquet vertigineux de Brands Hatch a perdu de sa superbe même s’il accueille aujourd’hui encore des meetings de moindre importance. Aux Etats-Unis, Watkins Glen, où François Cevert trouva la mort en 1973, est depuis longtemps déserté par la F1 mais il est toujours inscrit au calendrier de l’Indycar et de la Nascar, deux championnats huppés et spectaculaires. Quant au prodigieux circuit originel du Nurburgring, peut-être le plus sélectif au monde, il n’accueille plus aujourd’hui que des voitures de type GT à l’occasion de 24 heures d’ailleurs très populaires en Allemagne.

D’hier et d’aujourd’hui

Certains circuits font donc figures d’exception : Le Mans en premier lieu, dont la fameuse ligne droite des Hunaudières a été toutefois tronçonnée et édulcorée avec l’adoption de deux « ralentisseurs » ; Indianapolis et son célèbre anneau, théâtre des 500 Miles ; Spa, où le magnifique et périlleux tracé historique de 14 km qui utilisait des routes publiques par Stavelot et Malmédy, a tout de même été sérieusement raccourci, ou encore Silverstone et Monza, connus pour leurs hautes vitesses, toujours utilisés de nos jours par la F1. Sans oublier l’atypique profil urbain de Monaco, qui n’aurait pas survécu si le Grand-Prix de la principauté n’était pas seulement un événement sportif mais aussi un rendez-vous incontournable pour la jet set.

Programme

Les 11 et 12 juillet », dates de Trophées d’Auvergne made in « Motors Racing Legend », organisateur anglais, le circuit clermontois, dans sa configuration actuelle, accueillera des plateaux de voitures de course « légendaires » et de vieilles gloires, dont l’immense Jacky Ickx, aujourd’hui âgé de 81 ans. De quoi réveiller des souvenirs ou, peut-être, susciter quelques regrets auprès d’un public clairsemé.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
 Photo Fanny Raynaud
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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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