« Si vous n’aviez pas exercé votre profession, qu’auriez-vous pu faire ou aimé faire ? » Question un peu inutile que chacun a entendu au moins une fois au cours de son itinéraire et à laquelle il n’est pas nécessairement évident de répondre.
Personnellement, j’ai beau réfléchir, cogiter, supputer, deviser, spéculer de manière plus ou moins approfondie, j’ai beau effectuer un tour d’horizon, je ne vois guère que le journalisme qui ait pu convenir à ma personnalité, mon caractère, mes aptitudes et surtout mes goûts. Ou alors, habillé d’un maillot de bain, d’espadrilles et d’un tee shirt, aurais-je peut-être pu vendre des beignets sur quelque plage de bord de mer. A la belle saison, évidemment.
Au milieu du monde
L’ouverture sur le monde, la rencontre des autres, si différents, si disparates, l’opportunité de découvrir des situations, des contextes, des milieux, des domaines, des organismes, des lieux, celle d’observer la société dans son organisation, ses contradictions, ses limites et parfois son absurdité ont constitué à mes yeux, tout au long de ma longue carrière, un privilège. Une situation de choix que je me suis efforcé de conjuguer avec la nécessité de conserver une distance avec les interlocuteurs, de ne jamais céder à la complaisance ou à l’hostilité.
J’ai apprécié de la même façon la possibilité de passer d’un sujet à l’autre, comme on saute du coq à l’âne, la diversité des thèmes qui engendre rarement la routine, même s’il demeure des passages obligés dans ce métier comme autant de règles auxquelles on ne peut échapper. Puis le fait de transformer l’information, cette matière première, en article ou en son, de la cerner, la comprendre, la synthétiser, la vulgariser, la modeler avec la volonté de l’exposer à la portée des lecteurs ou des auditeurs, de conjuguer le fond et la forme, tout en taisant mes propres aspirations ou mes propres démons.
Seul mais en équipe
Le journalisme reste aujourd’hui encore un travail individuel que l’on exerce le plus souvent dans le cadre d’une équipe, en adéquation avec ses règles, dans le respect aussi du média pour lequel on œuvre, combinant ainsi l’autonomie et le sens du collectif. Un beau métier assurément mais tant d’autres, sans doute, méritent ce qualificatif.
Marc François











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