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Justice Photo / William Cho
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Edito

La double peine des victimes

L’affaire Karine Brunet-Jambu ou le dernier exemple des dérives de notre justice dans le domaine criminel.

Karine Brunet-Jambu violée à de multiples reprises et pendant plusieurs années alors qu’elle n’était qu’une petite fille, par Roland Blaudy, un pédo-criminel récidiviste, précédemment condamné à dix-huit ans de prison pour le viol de sa propre fille. Une décision de pure forme puisqu’en France les peines prononcées par les jurés sont taillés en pièce par les mécanismes automatiques de remises de peine prévues par le code de procédure pénale avant d’être fréquemment allégées par des juges obsédés par la réinsertion des criminels et très peu concernés par le devenir des victimes .

Pour en rajouter, le dispositif judiciaire comprend également la confusion des peines. Au lieu d’additionner les sanctions comme c’est le cas dans de nombreux pays, notre système préfère ne retenir que la peine la plus lourde, passant ainsi l’éponge sur tout autre acte répréhensible. Pour la justice criminelle, un plus un n’égale pas deux.

Des condamnations de principe

Condamné à trente ans d’incarcération, l’auteur des faits n’aura ainsi purgé qu’un peu plus du quart de la peine proclamée au nom du peuple français. Ce qui en dit long sur le laxisme général dans notre pays en la matière. Et pour en rajouter, le tortionnaire a obtenu le droit de s’installer à Rennes, soit à proximité même de sa victime. « Les autorités ont mis le loup dans la bergerie » a logiquement réagi la mère adoptive de Karine Brunet-Jambu qui ne sait plus à quel saint se vouer.

Révélateur

Et chacun de s’étonner, de s’insurger, de monter sur ses grands chevaux. Comment une telle situation est-elle possible dans un pays qui avait soi-disant fait de la cause des femmes une priorité nationale ? Pourtant ce fait divers, certes paroxystique, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des dérives de notre justice depuis plusieurs décennies. Au lieu de  crier au scandale, le législateur ferait mieux de se pencher sur ses propres responsabilités devant un contexte auquel il a largement contribué. La balle, évidemment, est dans son camp mais il n’est pas sûr qu’il ait envie de s’en saisir.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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