Le 26 juillet 2024, la vie et la carrière de Félicien Brut basculent. Ce soir-là, l’accordéoniste né à Clermont, 39 ans plus tôt, joue sur le pont d’Austerlitz. Il fait partie des artistes sélectionnés pour la cérémonie d’ouverture des JO de Paris. Sa prestation est vue par 3 milliards de téléspectateurs…
Félicien Brut, ambassadeur de l’accordéon
Un an plus tard, lors d‘un concert organisé dans la cour du conservatoire Emmanuel Chabrier, à l’occasion du passage du Tour de France féminin à Clermont, bon nombre de Clermontois prennent enfin conscience de l’immense talent de ce musicien originaire du Massif du Sancy. « Il aura fallu attendre la cérémonie des JO pour que je sois invité à jouer à Clermont ! » lâche-t-il au début de sa prestation, avec l’humour et le sourire qui le caractérisent. Avant de retrouver ses copains pour un grand bal populaire place de la Victoire, il offre une prestation taillée avec précision, illustrant la place légitime de l’accordéon dans toutes les musiques : populaire, classique ou contemporaine. Ce concert d’une heure fait voler en éclats tous les clichés qui collent au soufflet de l’instrument. On comprend alors pourquoi Félicien Brut a remporté des concours internationaux en Allemagne, en Italie, en Russie… parce que le « piano à bretelles » ne se limite pas à la musique populaire française immortalisée par Yvette Horner, André Verchuren ou Aimable, au demeurant d’excellents musiciens. Ce concert au Conservatoire renvoie également à Richard Galliano, le maître de Félicien Brut. Invité du Festival Jazz en Tête en 2008, ce dernier avait expliqué, lors d’une rencontre publique à la FNAC, toute la difficulté qu’il avait eue à imposer son instrument, en particulier dans le jazz, et le sentiment de « honte » ressenti enfant lorsqu’il faisait ses gammes, tant à l’époque l’image de l’accordéon était décalée.
De retour à Clermont avec French Touch
Félicien Brut revient à Clermont, cette fois-ci à l’Opéra, à l’invitation des Amis de la Musique. Il serait bien dommage de ne pas assister à sa prestation au cœur d’un sextet (accordéon, contrebasse et quatuor à cordes) qui, là encore, va balayer de nombreuses composantes musicales dans un programme intitulé French Touch. Un clin d’œil au courant alimenté par Daft Punk et Bob Sinclar ? C’est sur les conseils de Richard Galliano que Félicien Brut constitue, en 2017, un sextet avec le Quatuor Hermès et le contrebassiste Édouard Macarez autour d’un programme conçu sur mesure par Thibault Perrine, Le Pari des Bretelles, comme un pari fou d’imaginer l’accordéon trouver sa place dans tous les styles, lieux ou esthétiques musicales. En 2020, ce même sextet aborde le programme intitulé Neuf, dédié à Beethoven et exclusivement composé de créations. 2026 voit naître un nouveau programme, French Touch, dans le même esprit, avec Jean-Edouard Carlier et avec le Quatuor Arod. La formation se promènera du XIXe siècle au contemporain, avec des œuvres de Franz Liszt (Rhapsodie hongroise n° 2), Lili Boulanger (D’un matin de printemps), George Gershwin (Un Américain à Paris), Astor Piazzolla (Milonga del Ángel), Michel Legrand (La valse des lilas), Gus Viseur (Flambée Montalbanaise), Richard Galliano (Petite suite française) et Thibault Perrine (Suite Musette en cinq mouvements).
French Touch, lundi 18 mai 2026, 20 h, Opéra de Clermont.
Félicien Brut, accordéon ; Jean-Edouard Carlier, contrebasse ; Quatuor Arod avec Shuichi Okada (violon), Alexandre Vu (violon), Tanguy Parisot (alto) et Jérémy Garbarg (violoncelle). Réservations : https://www.amisdelamusique.fr/













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