Après quelques semaines d’hésitations, de tergiversations, de louvoiements, d’oscillations et de négociations, les Etats-Unis et Israël ont subitement déclenché les hostilités. C’est que les dirigeants iraniens les menaient en bateau, cherchant surtout à gagner du temps… Avec la mort de l’effroyable « guide suprême » Ali Khamenei, dès le premier jour des bombardements, l’opération « Epic Fury » se traduit par une première victoire. Mais elle ne peut évidemment s’arrêter en si bon chemin. Les partenaires poursuivent trois buts, aux dires mêmes du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu : la suppression totale de la menace nucléaire, la réduction des moyens balistiques de l’armée iranienne et le renversement du régime des mollah, celui-là même qui tyrannise sa population depuis près d’un demi-siècle et a essaimé le terrorisme dans le monde entier.
Aux abois
L’intervention américano-israélienne fait à coup sûr naître l’espoir comme elle suscite de légitimes inquiétudes. La mort de Khamenei, symboliquement essentielle, n’a pour l’heure guère de conséquences sur le plan opérationnel. Le régime iranien, aux abois, joue son va-tout, crache son venin, riposte et tente de mobilier. Mais il est allé trop loin dans la violence vis-à-vis de sa population pour trouver un véritable soutien de la part de ses anciens alliés, comme la Russie ou la Chine.
Quoiqu’il arrive désormais les conséquences de ce qu’il faut bien appeler une guerre seront à coup sûr énormes et devraient durablement redistribuer les cartes au Moyen-Orient. Ils représentent un tremblement de terre en réalité.
Le cul entre deux chaises
La France qui, en d’autres temps, joua un rôle non négligeable dans la chute du chah et l’installation des mollah (voir l’épisode de Neauphle-le-Château sous Valéry Giscard d’Estaing) est embarrassée. Après avoir dénoncé a minima le bain de sang conduit par les autorités iraniennes, elle en appelle aujourd’hui timidement à la « désescalade » et au retour au droit international… En réalité, elle ne sait pas trop sur quel pied danser et se trouve dans une impasse diplomatique, sachant que seuls les vainqueurs écrivent l’histoire.
Marc François













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