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L'Essentiel
L'activité thermale a connu un essor remarquable au XIXe siècle, avec la construction de nouveaux bâtiments et l'arrivée de personnalités comme Napoléon III, qui a contribué à la renommée de la station.
Aujourd'hui, malgré une baisse significative du nombre de curistes, Royat continue d'attirer des visiteurs en proposant des cures de courte durée et des services adaptés aux résidents de la métropole.
Royat est déjà une station thermale au 1er siècle avant Jésus-Christ. Les premiers thermes sont construits lorsque les pèlerins en quête de guérison cessent de se rendre sur la source des Roches, là où sont mis à jour, en 1968, les très nombreux ex-voto, aujourd’hui rassemblés au Musée Bargoin. Les thermes antiques de Royat sont, à l’époque, situés sur la Via Agripa, la route reliant Lyon à Saintes et Bordeaux en passant par Clermont (Augustonemetum) et le col de Ceyssat. Leur fonction est double puisqu’ils servent à la fois de lieu de culte et de lieu de guérison. Du Moyen-Âge au XIXe siècle, ils disparaissent du paysage ; seuls des médecins et un géographe signalent la présence de sources, mais leurs propriétaires s’opposent à toute exploitation.
Histoire d’eau
La construction du Royat thermal que l’on connait aujourd’hui débute en 1820 avec l’exploitation du griffon César, découvert, 30 ans plus tôt, rive gauche de la Tiretaine, par l’abbé Antoine Védrine. Après la scission Chamalières-Royat obtenu en 1837, ce même abbé, François Thibaud-Landriot, le maire de l’époque et le fontainier Antoine Zani font jaillir plusieurs sources d’eau chaudes, dont la Grande source en 1843 qui “crache” l’eau à 37°. Peu à peu, Royat se métamorphose avec la construction de l’axe Clermont-Royat, du viaduc ferroviaire et du bâtiment principal des thermes à partir de 1852. C’est d’ailleurs au cours de ces chantiers d’envergure que sont mis à jour les vestiges de bains romains, accessibles aujourd’hui par le parking du casino. À l’époque, on ne s’embarrasse pas trop du patrimoine archéologique et aucune fouille vraiment sérieuse n’est mise en œuvre.
Une cité sous l’influence du thermalisme
Le XIXe siècle est l’âge d’or du thermalisme. Selon le décret loi impérial du réglementant les établissements thermaux, l’usage des eaux ne dépend pas d’une prescription médicale. Rien n’oblige un curiste à consulter un médecin sur place et l’avis médical n’est que recommandé, le but étant, avant tout, de faire prospérer la station.
Royat comme les autres stations, connaît alors un développement urbain spectaculaire. Progressivement, la nature romantique qui attirait les plus grands maîtres de la peinture disparaît. Eugène Isabey, Paul Huet, Camille Corot, Théodore Rousseau, mais aussi leurs homologues venus de l’Europe entière grâce au chemin de fer, viennent à Royat-les-bains et immortalisent le paysage bucolique et romantique avant qu’il ne disparaisse sous les bâtiments de style Napoléon III.
Place à la vie mondaine, aux hôtels de luxe, au casino… Royat devient un spot incontournable. Durant la décennie 60, ce même Napoléon III et son épouse l’Impératrice Eugénie débarquent à Royat. Leur présence va beaucoup jouer sur la notoriété de la station et la grande source va prendre le nom de Source Eugénie. La légende raconte que l’Impératrice, buvant l’eau de la grande source, interroge la responsable de la buvette sur le nom de cette source. Elle s’entend dire “Eugénie, comme vous madame…”. Jusque dans les années 1970 l’attrait pour la station de Royat reste fort. De 1950 à 1981 les curistes peuvent venir en prenant le Thermal Express, un train saisonnier, composé uniquement de voitures de première classe qui au départ de Paris dessert les stations thermales de l’Auvergne, Vichy, Châtel, Royat, le Mont-Dore et la Bourboule. Progressivement les curistes vont se faire de moins en moins nombreux à fréquenter les thermes de Royat. Ils sont 6 000 chaque année depuis le Covid, alors qu’ils étaient 20 000 de plus durant les seventies. Aujourd’hui l’établissement s’appuie sur la présence de fidèle mais propose aussi des cures de courte durée et des prestations pour les résidents de la métropole.

Les architectes Ledru et Jarrier à l’œuvre sur l’établissement thermal de Royat
Le bâtiment principal des Thermes de Royat ouvert en 1856, est l’œuvre d’Agis-Léon Ledru. L’architecte et homme politique clermontois souhaite évoquer le passé gallo-romain de Royat en dotant le bâtiment, construit en arkose, d’arcs monumentaux, de colonnes ioniques et de statues. Trois grandes verrières inondent le pavillon central de lumière. Elle sont ornées d’un vitrail figuratif signé par les « Entreprises Damon, Paris ». Il dessine également deux ailes de soin identiques, qui permettent de séparer les hommes et les femmes. Plusieurs aménagements, agrandissements et restaurations se succèdent ensuite. S’il vaut mieux oublier les parties des années 80, l’extension construite par Louis Jarrier, autre architecte clermontois en 1913-1914 mérite le détour avec un style italianisant et un vitrail figuratif sur les trois grandes verrières du pavillon central. Un an auparavant, en 1912, Auguste Rouzaud, promoteur de la station, demande à Louis Jarrier d’embellir et d’agrandir le modeste bâtiment, ornée de treillages de bois de la source, Saint-Mart qui d’abord prise en boisson est utilisée ensuite pour les bains de jambe. L’architecte s’inspire de l’Italie et de l’Orient pour concevoir un pavillon central, inscrit aujourd’hui aux Monuments Historiques. Il doté d’une coupole et de deux ailes asymétriques recouvertes d’un toit terrasse bordé d’une balustrade à claustras de terre cuite. Jarrier toujours lui, intervient aussi sur la source de la buvette Eugénie qu’il protège sous une cloche de verre, considéré comme une pièce d’orfèvrerie. Le comptoir circulaire est recouvert de grès flammés aux motifs géométriques et tablettes d’opaline. En 1938, le kiosque d’origine en fonte est remplacé par une construction en béton armé signée Antoine Chanet et Jean Liogier.
La célébration des 170 ans prend la forme de 3 jours de fête, à partir de ce vendredi 27 juin. Les différents acteurs du thermalisme ont concocté un programme particulièrement dense avec des animations dans 12 lieux différents, une exposition d’art, des conférences, des visites guidées, un bal costumé Second Empire, un grand feu d’artifice et même un funambule dans le ciel de Royat-les-bains.
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