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Voiture accidentée / Photo PxHere
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Vie publique

La Ligue Contre la Violence Routière préoccupée par les chiffres du Puy-de-Dôme

La Ligue Contre la Violence Routière a désormais un représentant pour le département du Puy-de-Dôme. Ce dernier vient de publier un communiqué pour alerter les pouvoirs publics d'une situation préoccupante tant au niveau du département que de la ville de Clermont.

Association nationale présente dans une cinquantaine de départements français, la Ligue Contre la Violence Routière n’avait pas de correspondant dans le Puy-de-Dôme. Cette carence est désormais comblée grâce à l’implication d’un nouveau représentant en la personne de Jean-Baptiste Artaud. Fondée en 1983, à l’initiative de quatre femmes qui avaient perdu leurs enfants dans des accidents de voiture, la Ligue est une association loi de 1901 indépendante, dont les membres se mobilisent pour sensibiliser citoyens et institutions, sur le nombre d’accidents mortels, encore trop important en France. Elle caresse même l’espoir de voir les statistiques tomber à 0 comme dans certains pays européens, un objectif pour le moins utopiste pour le territoire français.

2023, mauvaise année pour le Puy-de-Dôme

Selon la LCVR, le département du Puy-de-Dôme, a vu grimper le nombre de tués sur la route en 2023, passant de 35 en 2022 à 44.  En 2021 le nombre de morts n’était « que » de 28, mais le département, comme l’ensemble du pays, avait vécu plusieurs semaines de confinement.
Les mauvais chiffres du début de l’année 2023, avaient d’ailleurs attiré l’attention du nouveau Préfet qui en avait parlé à la presse le jour même de sa prise de fonction. Joël Mathurin avait alors annoncé que la baisse la délinquance routière était inscrite sur sa feuille de route et qu’il ferait en sorte que « l’on voit plus de bleu au bord des chaussées ». Il a d’ailleurs organisé à de nombreuses reprises des opérations de contrôle qui ont conduit à des sanctions pour des automobilistes trop pressés ou conduisant sous l’emprise d’alcool et de drogue.
Les premiers chiffres de 2024 ne sont pas bons et augurent une année difficile. La ligue Contre la Violence Routière que le préfet renforce les mesures pour éviter l’hécatombe. L’association pointe notamment du doigt, le retour de la limitation à 90 km/h sur les routes du département, une décision prise par le Conseil départemental et mise en application le 1er août 2022. Le président Lionel Chauvin n’avait pourtant pas pris la mesure à la légère, puisque le retour aux 90 faisait suite à une étude destinée à identifier les zones dangereuses pour les limiter à 70 km/h. À terme le département devrait compter 330 zones à vitesse réduite. Sur la question de la limitation de vitesse sur les routes du Puy-de-Dôme, il y a donc peu de chances que la LCVR63 soit entendue, d’autant que le retour aux 90 dans presque tous les départements ne semble pas avoir eu d’effet aussi dramatique que ce que certains prédisaient.

Le cas de Clermont

Les nombreux chantiers en cours à Clermont avec un pic depuis la fin d’été, ont créé une situation particulière qui pousse les automobilistes impatients et parfois exaspérés à adopter des comportements inappropriés et parfois dangereux envers les usagers les plus vulnérables. S’appuyant sur les chiffres des radars pédagogiques disponibles sur l’Open data de la ville de Clermont, l’association dénonce un non respect global de la limitation à 30km/h, stigmatisant deux records, l’un à 143 km/h, rue du Pré la Reine, l’autre à 189 km/h avenue Fernand Forest. Si ces deux vitesses, relevées en 2022, sont impressionnantes, elles ne sont finalement que des épiphénomènes. Une vitesse brute doit être présentée dans un contexte global et surtout comparée à l’ensemble des vitesses relevées sur la même zone. Même si les 30 km/h ne sont pas toujours respectés, la vitesse moyenne globale a tout de même baissé depuis la généralisation de la mesure.
L’association demande néanmoins que soit reconsidérée la vitesse maxi de certains axes clermontois restés à 50 km/h. Sur ce point, Cyril Cineux, adjoint au maire en charge de la mobilité, rappelle que 80% des rues de la ville sont limitées à 30 km/h et qu’il est nécessaire de maintenir certaines rues et avenues à 50 km/h pour éviter l’étouffement de la circulation mais aussi permettre aux bus de rouler suffisamment vite pour offrir un niveau de service performant et attractif. L’adjoint précise que le rôle d’une collectivité est avant tout de proposer les aménagements les plus pertinents sans pour autant déresponsabiliser les automobilistes. Ces derniers doivent se comporter de manière citoyenne, respecter le code de la route et partager l’espace public avec l’ensemble des usagers. Rappelons que le réaménagement de ville et le nouveau plan de circulation ont été pensés pour rendre la circulation plus fluide et l’ambiance plus apaisée même si aujourd’hui, on ne peux pas encore s’en rendre vraiment compte.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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