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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Le sport mériterait (souvent) meilleur sort…

Le sport a ses champions. Mais les journalistes sportifs ne sont pas toujours des ténors.

Le sport est une noble matière qui génère ses exploits, ses rendez-vous, ses théâtres, ses drames, ses héros. Matière éminemment humaine au sein de laquelle le temps, rouleau compresseur, fait son œuvre sans la moindre concession, d’où la rapidité des carrières, la succession des générations, la litanie des champions voués aux gémonies avant de retomber aux oubliettes. Aussitôt couronné et couvert de gloire, l’athlète est menacé par la déchéance inexorable des corps. Et la retraite inévitable de ceux que la foule a célébré, admiré, ressemble à une « petite mort » dont certains ne se relèvent jamais.

Définitivement chauvins

Comme chaque discipline, le sport compte aussi son cortège de journalistes, plus ou moins spécialisés, souvent intarissables mais pas toujours très raffinés. Le sujet, pourtant, mériterait un meilleur traitement tant il se révèle riche en dramaturgie, en suspense, en péripéties, en rebondissements, en premiers rôles, en personnages obscurs. Dans ce registre, les médias audiovisuels, où le chauvinisme, le parti-pris et l’absence totale de recul sont la règle, détiennent assurément le pompon. L’objectivité y semble bannie, l’analyse interdite et les compétitions sont généralement observées par le petit bout de la lorgnette. Pour employer un terme en vogue dans les milieux politiques, le journaliste sportif est le plus souvent « populiste » peut-être pour se rendre populaire et correspondre à une norme, ressembler à s’y méprendre à son public. Celui qui siffle et vocifère…

« On va se régaler… »

On peut aussi regretter le vocabulaire plutôt restrictif de « nos » commentateurs, la voix toujours haute mais le verbe pauvre quand il n’est pas indigent … Avec les clichés, les expressions employés à longueur d’antenne. Ainsi, avant un évènement prometteur, on est à peu près sûr d’entendre : « on va se régaler ». Pas très classieux, avouons-le. Si l’affiche est belle, les champions nombreux, les journalistes sportifs ne manqueront pas de s’exclamer : « il y a du beau monde ». Et si un talent émergent se manifeste, il sera qualifié systématiquement désormais de « pépite ». De quoi inviter à couper le son si l’on choisit de conserver l’image…

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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