Une équipe complète — Gwenaëlle, psychologue, Alexia, psychomotricienne, Caroline, accompagnatrice sur le bien-être, Marie, éducatrice sportive — s’est engagée dans cette aventure, à la grande joie d’Arnaud et d’Alexandra Pérez, responsables du Rugby Club Lezovien. « Nous avons constaté des difficultés sur l’accompagnement de joueuses qui se confiaient à nous, et nous nous retrouvions un peu dans l’incapacité face à certaines problématiques », souligne le président Arnaud Pérez. C’est ainsi que Gwenaëlle, maman d’une jeune joueuse et psychologue de métier, a décidé de devenir bénévole au club, apportant ainsi tout son savoir-faire et son savoir-être. Par la suite, l’équipe s’est constituée avec trois autres femmes, intervenant sur des volets différents, mais complémentaires. « C’est ainsi que j’ai appelé Alexia, psychomotricienne, puis par la suite Marie, éducatrice, joueuse à l’Entente Sioule-Limagne et responsable de la structure féminine de Lezoux, avant que Caroline, esthéticienne, diététicienne spécialisée en médecine douce, me contacte pour ainsi former ce dispositif ABEF», avance Arnaud Pérez.
Des besoins repérés
Très vite, des problématiques touchant à la vie hors rugby, comme la surcharge mentale, comment être à l’aise dans son corps, comment se remettre d’une blessure, comment faire avec l’apparition des premières menstruations, le côté émotionnel, la gestion des réseaux sociaux, le harcèlement à l’école… sont apparues, et il a fallu vite réagir pour offrir un endroit où la parole peut circuler librement, en toute confiance, avec des personnes-ressources. « Nous avons voulu apporter aussi des visages féminins dans notre école de rugby. Nous avons aussi posé une boîte à idées au niveau du club, où les joueuses peuvent déposer ce qui leur tient à cœur. Par la suite, une fois par mois, nous créons une table ronde où nous essayons de répondre à toutes les questions. Sur les 11 premières questions, la première fois, 9 parlaient de comment gérer ses règles. Elles se livrent autrement qu’avec leurs parents. Il faut accepter que notre rôle s’élargisse, tout en connaissant les limites également », soulignent Arnaud et Alexandra.
La santé psychique chez les jeunes continue de se dégrader
Tout est donc construit sur ce lien de confiance, et l’avantage d’avoir une psychologue professionnelle a un impact pour traiter des situations qui demandent de l’aide extérieure. Et tout cela en corrélation avec la famille lorsque la jeune le souhaite, avec l’école si besoin, dans un but de veiller à un accompagnement de qualité pour la joueuse, aussi bien sur le plan sportif que sur le plan psychologique.
Les chiffres ne mentent pas, la santé psychique chez les jeunes continue de se dégrader. L’arrivée de l’adolescence, la gestion des émotions, le contexte d’une société anxiogène sont des facteurs qui peuvent impacter la santé mentale. Un tel dispositif, mis en place par ce club de rugby, est là aussi pour repérer au plus tôt les premiers signes de mal-être et donc répondre sans perdre de temps à la problématique rencontrée. Une question de confiance, de lien à l’autre, que savent si bien tisser les bénévoles du Rugby Club Lezovien. « Le but est de faire évoluer les filles dans un climat complètement serein, sain et stable », conclut Arnaud Pérez, qui montre toujours son envie d’avancer avec la création de ce projet précurseur dans le rugby amateur du territoire.

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