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Court métrage 2025, Pistes Michelin Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Culture

Le Festival international du court métrage sur la bonne piste

Le Festival international du court métrage 2025 va ouvrir ses portes à la découverte du monde vu par les réalisateurs de toutes les latitudes. Rendez-vous immuable depuis 46 ans à Clermont, l'équipe doit néanmoins toujours être attentive à la santé financière de la manifestation.

Dès le 31 janvier 2025, le monde du cinéma va zoomer sur Clermont capitale mondiale du court métrage. La nouvelle édition promet, comme chaque année, de porter un certain regard sur le monde, à travers les centaines de films sélectionnés et projetés durant 8 jours dans les différentes sélections. Bien évidemment, à chaque sortie de séance, les discussions iront bon train entre spectateurs enthousiastes et ceux qui seront “passés à côté”. Mais ce jeu du “j’aime-j’aime pas” possède la vertu de pousser les gens à dialoguer et à sortir du flot imposé par la sphère politico-médiatique.
Ainsi, au regard de l’actualité au Proche-Orient, il sera intéressant de se plonger dans la rétrospective Liban, pays où le cinéma s’est fortement développé au cours des dernières années et qui offre aujourd’hui divers points de vue témoignant de la vitalité de la culture de ce pays cosmopolite, mais aussi des divergences entre créateurs. Un programme se démarquera des autres, celui intégralement dédié à Wissam Charaf, journaliste et réalisateur fidèle du festival, qui sera d’ailleurs présent et animera une masterclass.

Rester à l’équilibre

Évoquer le Festival du court-métrage de Clermont en 2025, impose d’aborder le thème crucial des moyens financiers. Le nom de l’association Sauve qui peut le court métrage, qui porte la manifestation depuis 1981, soit deux ans après sa création, reste hélas d’actualité. Malgré des chiffres impressionnants de fréquentation (170 000 en 2020, 166 000 en 2024) atteindre l’équilibre financier est un exercice périlleux pour l’équipe organisatrice qui a du encaisser l‘importante réduction de l’aide de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, passée de 210 000 euros à 100 000 euros annuels (sur un budget total de 2,5 millions d’euros) et ce, à un moment où le festival devait se refaire une santé après l’épisode Covid. En 2023, Pathé Distribution était venu au secours du festival mais ce ne fut qu’un one-shot. Malgré la mobilisation de personnalités du cinéma, Cédric Klapisch en tête, la Région n’est pas revenue sur sa décision, alors pour consolider son bilan financier, l’équipe a du se résoudre à réduire un peu la voilure sur le festival, sur les actions menées entre deux éditions et en interne avec le non renouvellement de salariés partis voir ailleurs. Malgré son presque 1/2 siècle d’existence, le second festival français consacré au cinéma après celui de Cannes, reste un colosse aux pieds d’argile qui a bien besoin de tous ses spectateurs et de ses partenaires.

Indispensables partenaires

Éric Roux, président de l’association Sauve qui peut le court métrage répète dès qu’il en a l’occasion, que la culture ne fonctionne pas à fonds perdus et qu’une manifestation comme le festival est un maillon important dans l’écosystème local. Chaque année, avec le festival et le marché du film, ce sont 11 millions d’euros de retombées diverses qui sont comptabilisées. Les collectivités locales peuvent même se rassurer avec un ratio très parlant : 1 euro public investi génère 22 euros de retombées économiques. Si Sauve qui peut le court métrage peut compter sur le soutien de toutes les collectivités locales, l’appui du privé reste précieux. Cette année, il n’aura échappé à personne que le Festival s’est affiché en grand, et même en très grand, aux côtés de Michelin avec une bâche de 20 mètres par 12* accrochée sur l’une des fameuses pistes, une première pour le manufacturier qui n’avait jamais utilisé cet emplacement autrement que pour sa propre promotion. Cela illustre le bien fondé des partenariats avec le privé qui dans l’avenir, semblent indispensables pour permettre aux manifestations culturelles de regarder l’avenir avec un peu de sérénité et pour les entreprises de montrer qu’elles peuvent s’impliquer dans la vie publique.
À propos de l’avenir, l’association pointe déjà 2028, une année clé pour elle, avec l’ouverture de la Cité du court qui lui permettra d’être un peu moins à l’étroit à La Jetée qui est aussi un centre documentaire et qui jouera un rôle important dans le développement de l’industrie locale du cinéma (lire notre article du 11/11/2023).

*La bâche reprend l’affiche 2025 signée Marie Larrivé artiste manifestement inspirée par la mutation post industrielle de Clermont.

 

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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