Depuis de nombreuses années, la Galerie Christiane Vallé expose à Clermont, des œuvres du peintre Bernard Buffet (1928-1999). David Chabannes, petit-fils des fondateurs, prolonge la tradition familiale en présentant régulièrement le travail de cet artiste qui a marqué la peinture française de la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à sa disparition. Une sélection d’œuvres gravées est actuellement à découvrir sur les murs de la galerie de la rue Marcombes.
7 Jours à Clermont : Vous poursuivez la tradition familiale des expos consacrées à Bernard Buffet, mais trouvez vous encore des œuvres à faire découvrir ?
David Chabannes : Tous les deux ans, nous présentons des peintures de Bernard Buffet, mais à chaque fois, on essaie de montrer des nouveautés. Dans le Larousse, Bernard Buffet est présenté comme peintre et graveur et avec cette nouvelle expo, l’idée était de présenter le travail de gravure. À l’époque Chagall, Miro, de Staël… confiaient le travail à Morlot parce qu’il avait le meilleur lithographe à ses côtés, Charles Sorlier. Bernard Buffet, préférait graver lui-même, Sorlier a très peu travaillé pour lui.
7JàC : Avec les œuvres gravées, on est en présence d’un travail très différent dans le traitement des fonds.
D.C : Pour la majorité des gens, Buffet c’est le clown et les traits noirs, mais ces traits sont là pour les contours dans sa peinture, alors qu’ils sont présent sur les fonds sur les lithographies, c’est très typique. Il utilise un peu plus la pierre noire dans le processus, car les traits noirs sont là pour créer une profondeur et un mouvement. Dans sa peinture, le ciel n’est pas bleu, il est bleu, vert, avec un peu de marron, de beige et de orange. C’est cela qui crée l’histoire de Bernard Buffet avec la profondeur et la matière. Or avec les lithos, ont ne peut pas créer avec autant de nuances, c’est pour cela qu’il travaillait ses planches de noir. Ce que l’on a voulu monter avec cette nouvelle expo c’est que Bernard Buffet ce n’est pas juste un bouquet de fleurs, un clown ou un toréador.
7JàC : En fait c’est l’occasion de découvrir un autre Bernard Buffet.
D.C : Oui, là, on à des femmes, des voitures qui pour certaines personnes font penser à celles dessinées par Hergé. L’expo annonce “œuvres gravées” et on a des lithos mais aussi des gravures. On présente la première lithographie de sa carrière et en gravure une des premières, avec des thèmes un peu plus complexes comme celui de Jésus.

Les louanges d’Andy Warhol
7 Jours à Clermont : En fait cette exposition prouve que sa peinture n’est pas toujours sombre dans l’esprit.
David Chabannes : Beaucoup de personnes disent que la peinture de Bernard Buffet est triste, qu’elle est austère, mais quand on prend ses lithographies, elles sont presque pop. D’ailleurs, outre atlantique, l’artiste qui faisait le plus de louanges de Buffet était Andy Warhol qui disait à propos des peintres français “Vous avez deux grands peintres : un qui est décédé c’est Dubuffet et un que vous critiquez c’est Bernard Buffet”.
7JàC : Bernard Buffet est-il encore abordable sur le plan financier ?
D.C : Cette expo est aussi une réponse à la récente vente aux enchères qui a eu lieu à Clermont, durant laquelle un Papillon de Buffet à été vendu 200 000 euros sans les frais. C’est notre galerie qui à l’époque avait vendu ce tableau l’équivalent de 15 ou 18 000 euros, cela illustre l’évolution de la côte. Certains ont les moyens de s’offrir une de ses peintures mais pour le plus grand nombre ce n’est plus possible. Du coup, les lithos prennent tout leur sens car il y a un vrai travail artistique de Buffet à un prix plus abordable. De plus elles sont toutes de premières mains. Soit elles ont été achetées à l’époque à Bernard Buffet, soit plus récemment à ses enfants Nicolas ou Danielle. Elles ne sont pas passées de main en main ou dans des salles des ventes. Elles sont dans un état parfait.
7Jàc : Pourquoi avoir complété l’expo avec des Lithographies de Ernest Pignon-Ernest ?
D. C : On voulait répondre à ce que l’on a fait au château de Val l’été dernier, car beaucoup de personnes avaient envie de s’offrir une œuvre sans avoir les moyens de s’en offrir une. Les lithos et la gravure rendent les choses beaucoup plus abordables… Et puis il est une sorte de successeur de Buffet à l’Académie des beaux-Arts. Le fauteuil de Bernard Buffet, avait été remis à Vladimir Veličković, puis confié à Ernest Pignon-Ernest.
Bernard Buffet, œuvres gravées, jusqu’au 15 février 2025, Galerie Christiane Vallé, 15 rue Philippe Marcombes à Clermont














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