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Le Cavalier à l’Anguipède / Photo Clermont Auvergne Métropole
Le Cavalier à l’Anguipède / Photo Clermont Auvergne Métropole
Culture Patrimoine

Un cavalier qui surgit de la… terre

Actuellement en restauration, le "Cavalier à l’Anguipède", va faire son grand retour, au printemps prochain, au musée Bargoin. Cette pièce maîtresse du fonds archéologique a passé près d'un siècle à vivre très discrètement avant de retrouver sa terre d'origine.

Le Cavalier à l’Anguipède, va faire son grand retour au printemps prochain au musée Bargoin, dont il sera une des pièces maîtresses de la collection archéologique. Le musée ne sera alors que partiellement ouvert au public mais une “petite place” lui sera trouvée pour que le public puisse de nouveau l’admirer après restauration au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France.

Le Cavalier à l’Anguipède trimballé de village en village

1849 : un agriculteur travaillant dans son champs situé à Égliseneuve-près-Billom met au jour une statue monumentale représentant un cavalier sur son cheval dont les deux pattes avant reposent sur un personnage monstrueux. Cette statue très ancienne fait à l’époque, beaucoup parler d’elle dans la presse et l’inventeur comprend rapidement qu’il peut se faire un peu d’argent en la présentant au public, moyennant finance. Pendant vingt ans, il va la trimballer de village en village, puis les collectionneurs privés très intéressés par cette pièce, finissent par mettre la main dessus. Ce n’est que durant une vente aux enchères organisée à l’Hôtel Drouot à Paris en 2018, qu’elle réapparaît. Le musée Bargoin et l’association Les Amis des musées de Clermont-Ferrand posent alors une enchère à 76 560 euros et récupèrent le cavalier et sa monture accueillis quelques jours plus tard au musée Bargoin ; home sweet home.

L’allégorie du Dieu suprême qui terrasse les forces souterraines

Au XIXe siècle, la statue d’1m70 est interprétée comme une statue équestre de César foulant aux pieds le Gaulois vaincu, soit la situation inverse de celle du Vercingétorix d’Auguste Bartholdi de la place de Jaude. Mais la réalité est autre. Le Cavalier à l’Anguipède montre, en fait, Jupiter sur son cheval dont les deux pattes avant reposent sur un personnage monstrueux. Bertrand Dousteyssier de la Maison des Sciences de l’Homme-UCA la décrit comme “un géant qui sort de terre et représente les forces telluriques. Il va être terrassé par Jupiter et son cheval. C’est l’allégorie du Dieu suprême qui va terrasser les forces souterraines”, l’ennemi étant incarné par un monstre anguipède, c’est à dire une créature possédant un torse humain et une queue de poisson. Les Gallo-Romains voyaient dans cette représentation, la victoire de la lumière sur les forces infernales, de la civilisation sur la barbarie.
Cette pièce majeure datant du IIe siècle, témoigne des croyances des ancêtres gallo-romains et possède plusieurs cousines en Auvergne, en Bretagne et surtout dans le nord et l’est de la Gaule. Elles étaient souvent placées en haut d’une colonne.
Celle de La Jonchère, hameau de la commune d’Égliseneuve-près-Billom, reviendra au printemps 2025 dans le hall du musée Bargoin, après s’être refait une beauté, comme un symbole du panorama du monde religieux à l’époque gallo-romaine du fonds archéologique.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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