Ce weekend, l’emblématique cinéma clermontois Le Rio, va fermer ses portes pour les 9 mois nécessaires à sa transformation. Créé en 1962, rue Sous les Vignes dans les quartiers Nord, ce cinéma Art et Essai, indépendant et associatif, avait besoin d’une remise à niveau. Les travaux vont débuter le 6 janvier, après une ultime séance symbolique, le film projeté étant Rio Bravo d’Howard Hawks avec John Wayne et Dean Martin.
Donner une identité au bâtiment
Clémence Boyer Lagier, s’est vue confier la charge de la transformation et de l’évolution des 400 m3 du bâtiment, en collaboration avec l’agence lyonnaise Fab Architectes fondée par Pauline Bourgade et Salvador Figueras.
L’un des points principaux du projet est de donner une identité au Rio. L’architecte a souhaité prendre le contrepied du minimalisme des années 60/70 originel, en créant un auvent de 8 mètres de long, complété d’une grande enseigne afin de donner un maximum de visibilité au bâtiment. Cet auvent sera composé de voiles suspendues de 30 à 40 cm de large, fabriquées en géotextile, matériaux résistant aux intempéries, peu couteux, qui permet de donner un aspect “nuageux et léger” mis en valeur par un éclairage évoluant au fil de la journée. Une zone jouxtant le cinéma va également faire l’objet d’une désartificialisation avec plantations de végétaux.
Le Hall du nouveau Rio sera modulaire
Derrière l’auvent, Clémence Boyer Lagier a imaginé un nouveau hall dont la conception permet plusieurs fonctions. En plus de l’accueil des spectateurs et de la vente des billets, qui se fera sur une banque lumineuse, ce hall sera modulaire pour pouvoir accueillir des groupes scolaires et du public lors de rencontres-débats ou de dresser un bar. Une petite extension permet de repousser les parties sanitaires pour gagner de la place nécessaire à cette modularité. Derrière l’accueil, un patio créé à l’emplacement d’anciennes réserves techniques permet de créer une transparence. “L’idée est de se sentir dans ce hall comme on se sent dans une maison, dans un espace très personnel” explique l’architecte dont l’ambition était de créer l’antithèse d’un hall de multiplexe, certes pratique mais à l’ambiance glaciale. Pour cela, elle a pu s’appuyer sur l’expérience qu’elle a acquise en dirigeant des projets précédents dans deux cinémas stéphanois, notamment le Méliès/Jean-Jaurès ou d’autres établissements dont elle suit actuellement les travaux à Valence et Montélimar.

Le confort du textile dans la salle de projection
Le nouveau Rio ne serait rien sans le confort de sa salle unique. “Cette salle est actuellement très impersonnelle et rencontre des problèmes d’acoustique à cause des panneaux métalliques qui recouvrent ses murs. On doit donc apporter tout ce qui manque” explique Clémence Boyer Lagier. Le textile va donc entrer massivement dans la salle pour créer une ambiance raffinée et améliorer la diffusion du son, avec l’idée de se rapprocher de l’ambiance des théâtres. Le côté monochrome du noir sera contrebalancé par la présence du rouge et du brique, les tissus tendus sur les murs seront plissés comme des rideaux alors que les motifs de la moquette et du tissus recouvrant les fauteuils ont fait l’objet d’une création spécifique.
Le projet va permettre de transformer l’établissement en “un lieu de partage et d’échange autour du cinéma” en créant “une atmosphère, quelque chose qui se passe avant et après la séance”. Grâce à la concertation avec l’équipe du Rio, cette transformation attendue de longue date, a été imaginée en plaçant le spectateur au cœur du projet et en comprenant ce qu’il vient chercher dans cette salle pas comme les autres.













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