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Consulter les petites annonces, un "sport" national- photo D.R.
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Le Bon Coin… et les mauvaises arnaques

Chaque jour, dans le monde, plus de 200 milliards de mails ou courriels sont envoyés dont une majorité de spams. Chaque jour, plusieurs dizaines de millions de mails reçus sont des tentatives d'escroqueries. En voici d'abord un parmi les plus souvent pratiquées notamment sur le site Le bon Coin.

En France près d’un million de personnes consulte quotidiennement les dizaines milliers de petites annonces du Bon Coin. C’est un formidable creuset de malversations pour les escrocs. Même s’il n’y a que 1% de personnes qui tombent dans leurs pièges, beaucoup se font filouter.  Il suffit d’aller se balader sur les sites anti-arnaque où sont signalée des dizaines de fois la même tentative d’escroquerie en une seule journée. Récemment, j’ai affiché une voiture sur le Bon Coin et compté trois arnaques sur quatre contacts.  On regrette  que rien de sérieux ne soit tenté pour les éliminer quand on s’aperçoit qu’au cours de la même journée plusieurs dizaines de personnes ont reçu le même mail ou le numéro de téléphone sans personne au bout qui incite à rappeler un numéro surtaxé. Si l’État ou les opérateurs voulaient le faire cesser, ces numéros de téléphone pourraient être supprimé dans la journée !

 » Votre voiture m’intéresse »

L’arnaque la plus courante survient lorsque vous vendez votre voiture. Par mail, elle semble intéresser un Français détaché dans un pays étranger. C’est généralement un forestier très occupé et c’est son épouse fort sympa, d’ailleurs, qui correspond avec vous. Il s’agit a peu prés toujours du même scénario générique envoyé aux vendeurs du Bon Coin avec un texte sans personnalisation de leur part, qui doit déjà lever un doute chez le vendeur. Ils proviennent généralement de pays africains notamment de filières nigérianes dont c’est la principale activité. Après vous avoir interrogé sur l’état de votre voiture, autour de questions telle la liste de factures, le futur acheteur se met d’accord sur son prix. C’est justement un ami médecin ou chirurgien voire pilote de 747 résidant en France qui viendra la chercher. Toujours une profession valorisante. Pas de problème. L’acheteur, via sa banque internationale (souvent de la Western Union), vous envoie un chèque de banque ou un mandat. Vous ne risquez rien puisque vous ne livrerez la voiture que lorsque vous aurez le chèque. C’est justement l’acheteur qui vous fait totalement confiance et c’est rassurant. Ah, il y a un petit problème !

L’arnaque, ce n’est pas sur la voiture, c’est sur les taxes.

C’est là, le piège. Toujours par mail, le futur acheteur vous explique qu’il y a des taxes ou droits de douane à payer pour le vendeur selon la législation de son pays souvent africain. Comme il ne veut pas (normal que c’est vous qui les payez), il vous envoie un chèque d’un montant supérieur comprenant les fameuses taxes d’importation. Disons 1500 euros ! Lorsque vous aurez reçu son chèque de banque, vous lui rembourserez le montant des taxes sur son compte. Une façon de détourner la loi de ce pays.

Pas si naïf, vous consultez votre compte ou vous appelez votre banque. Effectivement le chèque total a bien été crédité sur votre compte. Vous virez immédiatement le surplus de taxes comme il l’a indiqué car vous êtes honnête. Mais 3 ou 4 jours plus tard, vous apprenez que son compte n’est pas approvisionné ou annulé. Avec un virement international, plusieurs jours sont nécessaires pour vérifier la solvabilité d’un compte et les escrocs jouent là-dessus. Vous conservez votre voiture mais avez perdu 1500 euros. Plus même, car votre banque peut vous facturer des frais de rejet de chèque. Suite la prochaine fois si vous le voulez bien avec d’autres arnaques.

 

À propos de l'auteur

Patrice Vergès

Ancien rédacteur en chef d’Info Magazine, Patrice Vergès a aussi, tout au long de sa carrière journalistique, collaboré pour de très nombreux magazines automobiles. Auteur de 16 livres dont 10 thrillers, il est également chroniqueur radio. En tant que journaliste, aime à se définir comme « un spectateur professionnel ».

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