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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Le beau vainqueur

On aime Tadej Pogacar, le triple lauréat du Tour de France, parce qu'il est insaisissable, audacieux, impétueux, intrépide. N'en déplaise aux plus sceptiques.

Insolent de domination, supérieur, mais aussi espiègle, rafraîchissant, jamais rassasié : Tadej Pogacar, le lutin slovène, a éclaboussé le Tour de France de son talent et relégué son dauphin, Jonas Vingegaard à plus de cinq minutes, prenant ainsi une éclatante revanche sur le Danois qui l’avait broyé ces deux dernières années.  La victoire du panache et d’un cyclisme « total » face à la rigueur et à la précision mécanique. Lorsque Pogi, au printemps, se produit avec succès sur les classiques, son rival prépare avec une minutie obsessionnelle le Tour de France, comme si l’histoire du cyclisme pouvait se résumer à la seule Grande Boucle. On se félicite ainsi de la victoire du plus téméraire comme on se plaît à retrouver un champion « à l’ancienne », capable de triompher sur le « Ronde » en avril et de régner en juillet, d’exceller dans les courses d’un jour et de dominer les épreuves par étape, d’enchaîner victorieusement le Giro et le Tour.  Et de viser encore les Jeux Olympiques ou les championnats du monde.

Le vélo porte le chapeau

Devant les exploits du phénomène, les temps réalisés dans les ascensions, les sceptiques et les empêcheurs de tourner en rond n’ont pas manqué de se manifester. Une ritournelle qui accompagne désormais systématiquement le vélo… sauf si le vainqueur est Français. Bien sûr, Lance Armstrong a fait beaucoup de mal à la discipline et il ne fut pas le seul. Reste que ces commentaires, sans réels fondements, ont quelque chose d’indécent. Quid de la fameuse présomption d’innocence ?  Et pourquoi concentrer ses doutes sur le sport le plus contrôlé alors que l’on sait très bien que le dopage touche d’autres disciplines, parmi les plus médiatisées. L’amélioration constante des performances des coureurs répond  à une logique irréfutable : technologie, matériel, préparation, nutrition, soins, camps en altitude : tout a progressé de manière spectaculaire ces dernières années. Et l’on sait que les équipes jouent avec les règlements jusqu’à se retrouver « border line » mais sans franchir a priori les limites. Une optimisation des moyens qui n’est pas propre au vélo mais touche l’ensemble de l’univers sportif.

Sempiternel

Bernard Hinault, le dernier Français vainqueur du Tour, a jugé « écœurantes » les controverses soulevées par certains médias sans beaucoup d’arguments. On pourrait aussi rétorquer à ces rabat-joie : « Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoutez pas les autres », comme le chantait Maurice Chevalier il y a un siècle à une époque où les champions s’appelaient Otavio Botecchia, Firmin Lambot, Lucien Buysse, Henri et Charles Pélissier.

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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