Bizarres élections, tout de même où les gagnants du premier tour (et des européennes) sont les perdants du second à la suite de désistements systématiques; où les moribonds ressuscitent ; où la gauche, pourtant largement minoritaire, parvient à tirer les marrons du feu en dépit de ses dissonances spectaculaires ; où les jeunes premiers ambitieux sont finalement priés de retourner à leurs études tandis qu’un vieux loup de la politique, annoncé comme un repoussoir, devient le chef du groupe le mieux élu. Dont les résultats conduisent à un agrégat de blocs inconciliables. Bizarres élections dont le président de la République sort affaibli mais pas K.O., où le scrutin s’est finalement transformé en référendum pour ou contre le Rassemblement National, où les instituts de sondage ont démontré leurs limites qui, à ce point, pourrait même passer pour de l’incompétence. Pas un seul n’avait prévu la victoire du Front de gauche, pas un seul n’avait placé le RN au troisième rang et tous annonçaient un effondrement du camp présidentiel. Bizarres élections qui voient les drapeaux palestiniens fleurir sur la place de la République, aux côtés des étendards bleus-blancs-rouges au soir du 7 juillet.
Embrouillamini
Bizarres élections au terme desquelles un parti déclinant (Les Républicains devenus cette semaine La Droite Républicaine) pourrait, le cas échéant, devenir arbitre des débats. Qui donnent l’occasion à un ancien président de la République, jugé comme un has been, de reprendre du service au Parlement ; qui permettent à un individu fiché S, c’est-à-dire : « faisant l’objet de recherches pour prévenir des menaces graves pour la sécurité publique ou la sûreté de l’État » de s’installer sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Qui débouchent sur des tergiversations, des atermoiements autour d’une coalition des impossibles ou d’une impossible coalition ; et qui engendrent d’interminables tractations pour désigner un premier ministre dont on sait qu’il ne conviendra pas aux deux tiers de la France.
Retour aux urnes ?
Bizarres élections censées « clarifier la situation » et qui laissent le pays dans l’incertitude voire l’incohérence, qui débouchent sur une pagaille digne d’une cour d’école et portent les germes de l’instabilité. Dont on se demande à quoi elles ont servi si les résultats en sont « enjambés ». Bizarres élections législatives qui débouchent sur une impasse démocratique et dont on nous dit déjà qu’elles pourraient augurer d’une nouvelle dissolution l’été prochain. En attendant les présidentielles pour lesquelles chacun s’attache déjà à prendre position.











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