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Photo Fanny Reynaud.
Edito

L’automobile, un désamour français

L'industrie automobile vit des jours difficiles. La crise du Covid-19 n'a fait, en réalité, qu'accélérer un phénomène plus fondamental qui ne date pas d'aujourd'hui.

L’industrie automobile, l’un des fleurons de l’économie française, broie du noir. Le Covid-19, comme d’autres secteurs, l’a touché de plein fouet, entraînant logiquement un effondrement des ventes : -72% en mars, – 89% en avril et encore – 50,3% en mai. Constructeurs et équipementiers comptent les coups tandis que leurs salariés craignent le pire. Renault va ainsi supprimer 15.000 emplois dans le monde, dont 4600 en France et fermer son usine de Choisy-le-Roi. Un exemple parmi d’autres des plans de licenciements qui ourdissent au sein des fabricants. « Il s’agit de la pire crise qui ait jamais touché l’industrie automobile » estime Eric-Mark Huitema, le directeur général de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Dans le même temps, François Roudier, porte-parole du Comité des Constructeurs Français Automobiles souligne que « les perspectives se révèlent très floues pour la première fois depuis des années. » L’optimisme n’est pas au rendez-vous.

A l’heure de la mondialisation

Dans la réalité, le coronavirus agit comme le spectaculaire accélérateur d’un phénomène sensible depuis le début du siècle. En quinze ans, en effet, l’industrie automobile française a perdu 120.000 emplois, soit un tiers de ses effectifs. Un effondrement véritable à l’heure de la mondialisation de la production et de la transition écologique encore inachevée. Dans le même temps, le marché s’est déplacé des pays du nord de la planète vers ceux, émergents, du sud où la voiture est considérée comme un moyen d’émancipation et de réussite sociale.

Les pots cassés

La chute de l’empire automobile français, c’est ainsi une histoire qui ne doit rien au hasard. Et qui va de pair avec le désamour de nos concitoyens pour ce véhicule jadis synonyme de liberté, d’indépendance, de vitesse et de virilité. Les vagues successives de répressions, de sanctions, de harcèlement routier, des radars au permis à points en passant par les contrôles en tous genres, ont eu raison de cet engouement. Le plaisir de rouler a disparu. L’objet-passion s’est transformé en outil utile, toujours aussi onéreux et de plus en plus contraignant. A force d’être traqués et se faire taper sur les doigts, les Français ont choisi d’autres sources d’intérêt. L’Etat voulait le beurre et l’argent du beurre, il en paie aujourd’hui les pots cassés.

 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • Raisonnement parfaitement faux.
    1/ les radars ont quand même permis de sérieusement réduire le nombre de morts sur les routes. Depuis 2005 et la généralisation des radars, on est passé de 5.543 morts à 3.239. 2.300 morts en moins ce n’est pas rien. Le nombre de blessés hospitalisés après un accident de la route est passé dans le même temps de 40.000 à 22.000, presque moitié moins.
    Tout ça n’a pas de prix mais représente tout de même une sacré économie pour la Sécu.
    2/ Toujours entre 2015 et aujourd’hui, le parc automobile français est passé de 36 à 40 millions de véhicules. Les radars n’ont donc pas empêché les français d’acheter des voitures. Les limitations de vitesse (ou plus exactement le respect des limitations déjà existantes) et autres restrictions ne sont pour rien dans les difficultés de la filière automobile française. Est-ce qu’il n’est pas un peu facile de tout mettre sur le compte d’un Etat qui apporte tout de même 8 milliards d’€uros pour aider la filière?
    3/ L’Etat met en place des politiques publiques, de santé, de sécurité, etc… qui restreignent nos libertés, la politique routière en fait partie. On n’imaginait même pas qu’il serait possible de limiter notre simple liberté de sortir de chez nous et pourtant cela vient de se faire. Jusqu’où limiter les libertés? Cela ferait un excellent sujet pour le bac de philo malheureusement il n’aura pas lieu cette année.
    Vous vous trompez de sujet. La liberté de rouler existe toujours, surtout sur nos routes auvergnates. C’est la liberté de rouler vite qui a été rognée. Pour rouler vite, rendez-vous à Charade!

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