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La structure bois du complexe sportif et culturel de Puy-Guillaume / Photo Ville de Puy Guillaume
La structure bois du complexe sportif et culturel de Puy-Guillaume / Photo Ville de Puy Guillaume
Environnement Innovation

L’association BTMC veut imposer le circuit court dans la filière bois par une certification

En matière de développement durable, il apparait évident que le circuit court est un élément moteur de la transition. Si la chose est communément admise pour l'alimentation, il n'en est pas de même pour l'industrie, dont les modèles économiques sont difficile à faire évoluer. Au sein de l'industrie du BTP, l'association Bois des territoires du Massif central tente d'imposer le modèle par le biais d'une certification.

L’Association Bois des territoires du Massif central, dont le siège est basé à Clermont, est encore jeune (création en 2018) mais elle a déjà su fédérer autours de sa certification BTMC (TM) pas moins de 39 entreprises de la filière qui travaillent annuellement sur environ 189 000 m3 de bois scié et plus de 3000 m3 de bois certifié utilisés dans la construction d’ouvrages publics. L’association qui agit « pour le développement de l’utilisation du bois 100% local issu des forêts du Massif central dans la construction de bâtiments publics et privés » est composée d’élus de l’Association des Communes Forestières du Massif central, de collectivités, d’entreprises de la filière bois, de prescripteurs et d’organismes représentatifs. La certification mise en place, vise à créer un dynamique commune qui permet de réduire le plus possible le voyage du bois en favorisant le travail, rémunéré à juste prix, de tous les acteurs locaux. Cette dynamique ne peut fonctionner que si les collectivités locales et les particuliers jouent le jeu, malgré l’impact financier d’une forte concurrence venant de l’étranger.

La filière doit se réorganiser

La filière bois du Massif central ne manque pas de compétences dans les domaines de la transformation, mais sa production se retrouve face à une concurrence très bien organisée notamment dans les pays d’Europe de l’Est et du Nord mais aussi en Asie et au Canada. Dans ces pays, la forêt est gérée depuis bien longtemps comme une véritable source de production à fort rendement ce qui permet aux négociants de proposer des tarifs assez bas. Par exemple un m3 de bois destiné à la productions d’éléments en lamellé-collé est vendu actuellement à 750/800 euros en import, quand ce même m3, issu de la filière locale en certification BTMC, est proposé à 900/950 euros. C’est donc toute la filière de production du massif qui doit se réinventer et changer ses méthodes pour pouvoir s’aligner sur la concurrence. Deux éléments cependant jouent en sa faveur : les programmes de transition écologique mis en place par les institutions politiques et la fameuse RT 2020. Cette règlementation impose des bâtiments à énergie positive et la construction en bois permet d’atteindre les objectifs d’isolation assez ambitieux. Du côté de la transformation, les acteurs s’accordent sur une standardisation qui leur permettra des coopérer pour garantir un niveau de qualité et une quantité suffisante pour répondre aux besoins croissants. L’association ambitionne de rassembler 60 entreprises certifiées d’ici 2023.

L’exemple du complexe sportif et culturel de Puy-Guillaume

Puy-Guillaume / photo LINK Architectes
Photo LINK Architectes

A  50 km à l’est de Clermont, à la limite de la plaine et de la montagne thiernoise, la commune de Puy-Guillaume (2800 habitants) avait besoin d’un complexe sportif et culturel. Compte tenu de la situation géographique de la commune, le maire, Bernard Vignaud, a montré un fort intérêt pour l’utilisation du bois dans la construction de l’équipement « Avec mon équipe, j’ai souhaité faire la part belle au bois notamment à l’intérieur et visible de l’extérieur du fait de l’environnement des bois noirs autour de Puy-Guillaume. L’objectif premier était de valoriser les matières locales, de limiter l’empreinte carbone et de favoriser les circuits courts » explique -t-il. En passant pas l’association et en visant la labellisation BTMC, la commune a pu bénéficier d’aides substantielles. « En faisant appel à du bois 100% Massif central, nous avons reçu une aide de 100 000 € grâce au Bonus Bois local de la région Auvergne-Rhône-Alpes et au Fonds d’Intervention Intercommunal du département du Puy-de-Dôme » (NDLR : chaque institution intervenant à 50%). Link Architectes et Thibaut DURY architecte ont mobilisé plusieurs acteurs locaux pour la structure et la charpente. 170m3 de sapin et d’épicéa issus des forets environnantes et certifiés BTMC ont été nécessaires à la construction en lamellé-collé.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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