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Katia et Maurice Krafft / photo DR
Katia et Maurice Krafft / photo DR
Histoire

Katia et Maurice Krafft : amours incandescentes

Le documentaire "Fire of love" sur les volcanologues Katia et Maurice Krafft est récemment sorti dans les salles de cinéma. Il sera également projeté le weekend prochain sur l'immense écran de 415 m² de Vulcania.

« C’est sûrement le plus beau phénomène, le plus beau spectacle de la nature. La mer déchaînée à côté, c’est nul ». Cette phrase prononcée sur les pentes d’un volcan hawaïen en 1991 par Maurice Krafft devant sa femme Katia pliée de rire, résume à elle seule la vie et l’état d’esprit des volcanologues qui allaient mourir tous les deux, quelques mois plus tard au Japon, emportés par une nuée ardente. Les Krafft étaient des scientifiques hors du commun. Leur truc à eux n’était pas de trainer dans les labos mais bien d’étudier sur le terrain, au plus près de la lave incandescente. Le rêve le plus fou de Maurice était de naviguer sur la coulée de lave du Mauna Loa à bord d’une capsule ressemblant à celles utilisées par les astronautes. L’Unzen, un volcan japonais, ne lui a pas pas laissé le temps de réaliser ce rêve, pas plus qu’à sa femme.

 170 éruptions contre 150

Les époux Krafft s’étaient rencontrés en 1966 sur les bancs de la faculté de Besançon. Passionnés l’un comme l’autre par les volcans, ils s’été mariés en 1970 avant de passer plus de vingt à l’affut de l’éruption la plus spectaculaire. Maurice était géologue formé au volcanisme notamment dans l’équipe d’Haroun Tazieff. Katia était quant à elle, physicienne, mais elle aura vu plus d’éruptions que son mari : 170 contre 150.
Durant leur vie professionnelle, ils ont accumulé un impressionnante quantité de photos, de films, de données indispensables pour comprendre le phénomène du volcanisme. Leurs guides des volcans et autres documentaires ont poussé le renouveau des études géologiques en France et ils ont même vulgarisé la théorie de la tectonique des plaques. Surnommés volcano devils, diables des volcans, ils ont très largement contribué à la vulgarisation de leur discipline, grâce à leur approche parfois peu académique mais tellement spectaculaire. Ironie du sort, ils disparurent au moment même où leur dernier film traitant de la prévention des risques volcaniques, avait motivé l’évacuation de plus de 20 000 personnes aux Philippines en proie à une terrible éruption.

Les premières bases de Vulcania

Souvent récompensés, Katia et Maurice Krafft avaient reçu le Prix Liotard de l’Exploration, des mains du président de la République d’alors, Valérie Giscard d’Estaing. Tous trois s’étaient recroisés plus tard autour d’un projet de valorisation du volcanisme dans la Chaîne des puy, à l’image de la Maison du Volcan ouverte un an après leur mort sur l’île de la Réunion et dont ils étaient les initiateurs. Spécialistes des idées loufoques, ils avaient travaillé sur l’idée d’un ascenseur pour descendre au centre du puy de Dôme, sorte de référence au Voyage au centre de la terre de Jules Verne. L’idée avait évidemment été abandonnée, mais cette drôle de Maison du Volcan auvergnate avait jeté les bases du futur parc Vulcania.

Fire of love sur 415m²

Le calendrier faisant parfois très bien les choses, 2022 est l’année des 20 ans de Vulcania et l’année de sortie sur les écrans de Fire of Love, un documentaire monté à partir des spectaculaires images d’archives des Krafft. La réalisatrice Sara Dosa invite le spectateur à suivre le couple dans ses périples aux quatre coins du monde. Décors parfois apocalyptiques et expérience de cinéma hypnotique sur le couple, l’amour, le temps et l’ambition des hommes et des femmes à tenter de percer les mystères de la nature.
Le film d’une durée d’un peu plus de 1h30 sera projeté deux fois par jour, sur écran géant de 415m² les 23,24 et 25 septembre.  Voir infos complémentaires.
Une exposition de photos issues de la collection Krafft est également présentée pour l’occasion.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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