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Loann Dauphin, président de Jazz en Tête / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Culture

Loann Dauphin : j’ai beaucoup de respect pour toute l’histoire du festival Jazz en Tête

Le festival clermontois, Jazz en Tête prend fin ce week-end. Cette 37e édition est la première à se dérouler sous la présidence de Loann Dauphin, récemment élu.

5 jours, 10 concerts sur la scène de la Maison de la culture de Clermont, des jam sessions, des rendez-vous hors les murs… Clermont a retrouvé une semaine durant, son statut de capitale du Jazz à l’occasion de la 37e édition du Festival International Jazz en Tête. Cette édition se déroule sous la houlette d’un nouveau président : Loann Dauphin. Alors que le rendez-vous s’apprête à se refermer, nous avons rencontré nuitamment celui qui a accédé “au trône” après avoir fait ses classes comme étudiant bénévole durant plusieurs années.

7 Jours à Clermont  : Cette 37e édition de Jazz en Tête est votre baptême du feu en tant que président. Comment vous sentez vous ?
Loann Dauphin : Un peu impressionné mais je prends mes marques dans cette structure. Je suis ravi, parce que c’est une structure bénévole, associative, dont les valeurs m’incombent énormément. Même si ce n’était pas sans pression, ni appréhension quand j’ai pris ce poste, c’est surtout avec beaucoup de confiance grâce à tous les membres de l’association qui sont là, qui ont toujours été là, que j’ai pu le faire. Je sais que je peux compter sur eux et partager les valeurs de bénévolat, de collaboration et d’entraide pour pouvoir aller vers le partage du jazz, de l’accessibilité, tout en défendant une programmation d’excellence.

7JàC : N’est-ce pas stressant de porter l’héritage d’une telle manifestation alors qu’on est né 9 ans après sa création ?
L. D : Oui si on y réfléchit un peu, mais après, dans le feu de l’action, on a finalement pas le temps. On enchaîne toutes les missions durant l’édition. Je crois que je me poserai cette question avec un peu plus de réflexion, la semaine prochaine, une fois que la pression sera retombée.

7JàC : Vous représentez la nouvelle génération de ceux qui “font” Jazz en Tête. Comment imaginez-vous le futur de ce festival ?
L. D : J’ai beaucoup de respect pour toute l’histoire du festival Jazz en Tête. Si je peux prendre cette position maintenant et que l’association est en mesure de perdurer, c’est grâce à toutes les personnes qui se sont investies depuis des années pour l’organiser. J’ai aussi l’énorme chance d’avoir pu intégrer l’association en tant que bénévole étudiant car j’ai pu apprendre et découvrir de multiples missions au sein de la structure. Aujourd’hui, j’ai une vue un peu plus globale sur ce qui se passe actuellement mais je n’ai pas aujourd’hui accès au secret de ce qui va permettre au festival de perdurer en tout cas, je sais que je vais faire de mon mieux et j’ai une équipe valeureuse pour m’accompagner.

7JàC : Quelles relations entretenez-vous avec les institutions ?
L. D : Pour l’instant je n’ai que de bons retours, ce qui est pas mal car cela me permet de prendre le temps de consolider les relations et les partenariats. Il est important de pouvoir compter sur le soutien des institutions publiques, mais aussi sur celui des privés avec nos mécènes qui nous soutiennent depuis des années. Tout cela est essentiel. Je découvre cet aspect et je le prends avec beaucoup d’importance car cela nous permet de pérenniser le festival  et le renouveler tous les ans mais aussi de pouvoir réfléchir à ce que l’on pourra amener dans les années futures.

“Le festival est un peu un aboutissement pour beaucoup de monde”

7JàC : Organiser le festival est un travail de longue haleine… cette semaine reste une consécration. Peut-on évoquer de petits miracles sur scène ?
L. D : Comme toute aventure, c’est vraiment une aventure humaine. On a des problématiques tout au long de l’année et chacun d’entre nous les traite au jour le jour. Le festival est un peu un aboutissement pour beaucoup de monde. Des fois, on peut s’émerveiller d’avoir réussi à l’organiser, mais dans tous les cas c’est grâce au travail de tout le monde, du dévouement, du temps bénévole donné.

7JàC : Vous êtes vous-même musicien, est-ce un plus dans vos fonctions ?
L. D : Oui et j’espère continuer, je souhaite que les relations entre les artistes et le festival restent les meilleures. Autant Jazz en Tête est un festival qui a su défendre une ligne artistique et la rendre accessible, autant pour pouvoir y arriver il faut avoir d’excellentes relations avec tous les musiciens qui viennent. J’ose espérer que mes expériences en tant que musicien vont me permettre de me rapprocher de tous ceux qui viennent, afin de les accueillir au mieux et qu’ils se sentent si bien à Clermont qu’ils ont envie de revenir.

7JàC : Jazz en Tête est sur la même ligne artistique depuis 1988, 100% jazz. Est-ce quelque chose de durable ?
L. D : Pour l’instant cela n’a pas lieu de changer car cela nous réussit et c’est une identité à laquelle nous sommes très attachés. Tant que Xavier Felgeyrolles (ndlr : directeur artistique et programmateur) sera avec nous pour nous proposer de si belles programmations, ce n’est surtout pas remis en question.

7JàC : Et toujours ce fameux mix des générations…
L. D : Oui et on le voit encore dans la programmation proposée cette année par Xavier. Je pense à Sean Mason qui a ouvert le festival avec ses musiciens qui font partie de la nouvelle garde, à peine sortis de la Juilliard School, école extrêmement renommée dans le monde du jazz. Ils ont  proposé leur propre vision du jazz et de la composition. La seconde partie, dirigée par Bill Mobley nous permettaient de nous inscrire dans l’histoire du jazz et dans celle du festival. Les musiciens de Bill étaient présents sur les côtés de la scène, ils écoutaient ceux de Sean et ils ont été les premiers à les féliciter. Au delà du moment musical on a vécu un moment humain, de partage entre générations de musiciens. Tout cela était à Jazz en Tête et c’était une belle image représentative de l’histoire du festival

7JàC : Quelques mots de conclusion ?
L. D : Très heureux et sans regret d’avoir pris ces nouvelles missions. Je n’ai qu’une chose à dire aux spectateurs : s’ils veulent venir découvrir des musiques qu’ils n’ont jamais entendues ou simplement les redécouvrir, ils sont les bienvenus à Jazz en Tête.

Sean Mason Quartet / Photo Olivier Perrot
Sean Mason Quartet / Photo Olivier Perrot
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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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