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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Humeurs guerrières

Le réarmement français et européen s’est imposé ces derniers jours comme l’incontournable sujet. Et chacun de saisir la balle au bond.

C’est le nouveau credo en vogue, la petite chanson qui monte :  reconstituer une armée digne de ce nom et un potentiel militaire conséquent. À l’heure où le cessez-le-feu est espéré sur le front ukrainien (mais à quelles conditions ?), il n’est plus question en France que d’ « efforts de guerre » ou de réarmement, chacun interprétant à sa façon la ritournelle. Aujourd’hui, en effet, le budget de la défense représente un peu plus de 2% du P.I.B contre environ 5% dans les années 60 à l’époque de la « guerre froide. »

Après la sieste

La chute brutale du rideau de fer est passée par là. Et, à l’exception de la crise yougoslave au début des années 90 (et du conflit irlandais), l’Europe vivait dans une relative insouciance, tout de même interrompue par les attentats récurrents dus à l’islam radical. L’arsenal de l’Otan tout autant que la dissuasion nucléaire, tout au moins, nous permettaient de dormir tranquilles. Vladimir Poutine pouvait bien sortir ses biceps dans le Caucase, intervenir en Tchétchénie ou en découdre en Géorgie, cela ne troublait guère notre sommeil.

L’invasion de l’Ukraine et récemment l’élection de Donald Trump ont bouleversé le paysage. D’un côté, un impérialisme russe qui fait trembler à l’est de l’Europe ; de l’autre, un chef de l’état américain peu enclin à soutenir coûte que coûte le vieux continent.

Un feu nourri

Emmanuel Macron a donné le tempo de cette séquence, tout heureux sans doute de retrouver le haut de l’affiche et de reprendre quelques couleurs. La dramatisation, comme il en avait fait preuve à l’heure du Covid, lui va bien au teint et la scène internationale demeure son pré carré. Le gouvernement, les oppositions, les médias, les économistes, les militaires : chacun y va maintenant de ses commentaires, de ses arguments, de sa vision européenne ou souverainiste en terme de défense. Comme si, soudain, il n’y avait plus une seconde à perdre, comme si les derniers épisodes avaient balayé des décennies de léthargie. C’est à la fois inquiétant et révélateur de nos « politiques » qui ont besoin d’être au pied du mur pour agir (ou seulement réagir) alors qu’il faudrait toujours préparer le coup d’après.

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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