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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Ce qu’ils conservent de Clermont

Une ville, au premier coup d’œil, ne révèle d’elle que des apparences. Faite de coins et recoins, elle cache parfois son jeu.

Lorsque je me rendais régulièrement à Paris- dans une toute autre époque- il m’arrivait souvent de me jeter dans le métro sans destination particulière. Le jeu consistait alors à en sortir un peu par hasard au gré de mon inspiration et des noms des stations : Blanche, Wagram, Oberkampf, Havre Caumartin, Sentier, La Motte Picquet, Miromesnil, Rambuteau, Mabillon, Corvisart… Le but était toujours d’appréhender de nouvelles rues, de m’imprégner de l’atmosphère de quartiers que j’avais peu ou pas fréquentés jusque- là, d’en arpenter les trottoirs, d’en saisir les couleurs, des impressions, d’en humer l’air. Je n’oubliais jamais de pénétrer au minimum dans un bistrot, incomparable lieu de vie où s’entremêlent les itinéraires personnels au son des percolateurs.  Paris me semblait ainsi un assemblage de villes toutes différentes et pourtant réunies par un même souffle.

Hors cadre

Les grandes villes ont une majesté et une personnalité que les cités plus modestes ne peuvent évidemment leur disputer. Il m’arrive néanmoins de me demander ce que les promeneurs venus faire un tour à Clermont peuvent retenir de notre cité, ce qu’ils en comprennent ou en retirent. A condition toutefois qu’ils ne se contentent pas de traîner du côté de la place de Jaude  ou de suivre un guide touristique, sachant que pour découvrir un ensemble de lieux, il vaut toujours mieux sortir des sentiers battus.

 Composite

A mon avis, Clermont doit être perçue en tant qu’agglomération. Il serait dommage de faire fi de l’architecture belle époque de Royat et de ses hôtels aux façades élégantes et surannées ou de Chamalières avec son minuscule centre aux allures de village. L’autre jour, pour des raisons dont je me serais passé, je me suis retrouvé à flâner dans la rue Jules-Guesde de Montferrand aux maisons typiques du Moyen-Age. Ce quartier ancien ne manque pas de caractère et ne ressemble pas tout à fait au cœur historique de Clermont noué autour de ses ruelles en pente sombres et toujours fraîches. Celui de Saint-Alyre, à première vue, ne paie pas de mine. En fait, il  révèle un charme discret et hétéroclite, comme s’il voulait garder pour lui ses belles demeures cachées dans des cours intérieures. Excès de timidité, peut-être, ou volonté de ne pas étaler sa richesse, une attitude en fin de compte très auvergnate ? Les visiteurs risquent de n’en rien voir. Clermont aussi a ses secrets.

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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