L’autre jour à la terrasse d’un bistrot de quartier, j’assiste à un clash retentissant et somme toute ordinaire à propos des événements de Gaza. Les deux compères, installés à la table voisine de la mienne, se révèlent incapables de tenir une discussion posée et argumentée. Celle-ci s’envenime rapidement. Tandis que l’un évoque un « génocide », l’autre lui répond naturellement « 7 octobre ». Et, dans la foulée, le premier quitte la table visiblement furieux. J’ignore si les deux acolytes se rabibocheront, s’ils en ont simplement l’envie et s’ils en auront le loisir. Cet incident, somme toute anecdotique, révèle tout de même combien le conflit israélo-palestinien soulève les passions et exacerbe les tensions dans notre pays. Au contraire du drame ukrainien, à propos duquel il n’existe que des nuances d’interprétation et une empathie quasi-générale pour le peuple envahi et brutalisé, la situation au Proche-Orient met les nerfs à vif, suscite des haines, déchaîne les antagonismes pour des motifs qui ont rarement à voir avec la raison.
Irresponsable mais réfléchi
La Palestine s’insinue ainsi dans le débat interne et sème le trouble jusque dans le paysage politique français, comme le prouvent les drapeaux régulièrement brandis et les slogans hurlés lors de manifestations dont l’origine est pourtant totalement étrangère au sujet en question. Il est vrai que les plus agressifs ont trouvé un relais institutionnel sous la forme d’un parti qui ne lésine pas sur les moyens. LFI, sous la coupe de l’autoritaire Jean-Luc Mélenchon, s’agite, fustige, attise, exalte, manigance, manipule pour mieux flatter une grande partie de son électorat. Qu’importe à ses yeux s’il flirte désormais avec l’indécence et l’indignité.
Souffler sur les braises
Le conflit israélo-palestinien, avec tous ses épisodes, ses tragédies, ses cadavres, n’est pas la cause de l’actuelle montée de l’antisémitisme en France, ni du communautarisme prospérant, mais, à coup sûr, il accentue les phénomènes, exacerbe les radicalités. Donne du grain à moudre à ceux dont l’intérêt est de diviser. Les pyromanes n’ont pas fini de jeter de l’huile sur le feu.












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