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Photo Fanny Reynaud.
Edito

De Polanski à Poulidor en passant par l’huile de palme

Un film contesté sur les écrans, un épisode ubuesque à l'Assemblée Nationale, un champion hors norme qui disparaît. Autant de raisons de s'émouvoir, de s'indigner, de prendre position. Et, peut-être, de réfléchir.

Le tout dernier film du grand réalisateur Roman Polanski, sur les écrans depuis mercredi, s’appelle J’accuse. Il y a bien-sûr un peu de l’arroseur arrosé à le voir aujourd’hui bousculé par une « vieille » affaire, datant d’il y a 45 ans. En la circonstance, cet épisode, révélateur de notre époque, laisse mal à l’aise. D’abord parce que le metteur en scène, âgé de 86 ans, ne pourra se défendre… puisqu’il n’y aura pas de procès. Et si la multiplicité des dossiers qu’il traîne derrière lui ne plaide pas en sa faveur, il faut aussi mettre en garde contre le tribunal de l’opinion publique et plus encore celui des réseaux sociaux.

Surtout, la propension de certains à confondre la vie privée et le contenu artistique, y compris parmi certains intellectuels, a de quoi inquiéter. Ne serait-ce que vis-à-vis de la liberté élémentaire de penser et de produire des œuvres. Devra-t-on bientôt mener une enquête sur chaque réalisateur, chaque écrivain, chaque musicien avant de rendre public leurs créations ?

Mauvaise huile

Vendredi matin, au réveil, on apprend que les députés ont voté en catimini un texte excluant l’huile de palme de la liste des biocarburants, dont on sait qu’ils bénéficient d’un régime fiscal favorable. Total se frotte les mains… Le lendemain, revirement de situation. Revenu pour une seconde délibération, l’amendement, pourtant proposé initialement par le gouvernement, est finalement rejeté. La séquence, ubuesque et fâcheuse pour la majorité dont on se demande décidément sur quel pied elle danse, n’est guère rassurante quant à l’esprit de responsabilité de nos représentants et leur capacité à résister à la pression des lobby.

Héros français

Un tout autre sujet : la disparition de Raymond Poulidor. Il fut le champion préféré de plusieurs générations entre le début des années 60 et le milieu de la décennie 70, en un temps où le cyclisme se révélait plus populaire que le football, Poupou et Anquetil plus célèbres que Kopa, Piantoni ou Fontaine… 60 millions de Poulidor a ainsi écrit un jour le chanteur Kent… Poupou, emblématique de la France de de Gaulle et de Pompidou, des yéyés et de Brigitte Bardot. Un mélange de force tranquille et d’humilité, de courage et de fatalisme, d’opiniâtreté et de vertu, qui firent de lui ce héros, soutenu par tout un peuple, au détour des cols et des routes escarpées. Poulidor disparu, le XXe siècle nous paraît plus lointain encore. Il est vrai que 2020 s’annonce, déjà…

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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