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Photo Fanny Reynaud.
Edito

L’édito de l’édito

L'éditorialiste aime rebondir sur l'actualité comme sur un trampoline. Mais, parfois, les ressorts sont cassés...

Rien qui ne jaillisse. Rien qui ne se manifeste. Pas la moindre inspiration. La panne sèche. Si l’écrivain a l’angoisse de la page blanche, l’éditorialiste, lui, peut légitimement craindre l’absence totale d’inspiration.

Tirer le fil ou ne rien tirer du tout

J’ai pris l’habitude, depuis belle lurette, d’écrire ces billets dans des bistrots, le matin, à l’heure du café. Un moment où l’esprit se révèle vivace (en principe) et où les tracasseries du jour ne se sont pas encore accumulées. De celles qui vous embrument le cerveau et vous mettent les nerfs à fleur de peau : coups de fil, mails, courriers administratifs, factures et autres plaisirs quotidiens. Un bout de papier, un stylo- selon une méthode à l’ancienne- et le sujet doit en principe jaillir presque spontanément. Si tout va bien, il suffit alors d’en tirer le fil, tout en respectant un format, une structure. En revanche, lorsque l’idée ne se manifeste pas rapidement, il est inutile d’insister. Ce ne sera pas pour cette fois. Le temps imparti pour l’exercice est dépassé et, d’ailleurs, la tasse de café est avalée.

Versatile, capricieuse

Aujourd’hui, donc, c’est le néant, le désert. L’actualité ne manque pas puisque le monde continue de tourner mais le cerveau est mou, la concentration défaillante, le stylo lourd comme une enclume. Rien n’en sortira, si ce n‘est une rature ou, plus rarement, un petit dessin. Le bout de papier, chiffonné, va retourner dans sa poche. Et de quitter le bar sans succès, un peu penaud, non sans avoir lu le journal, néanmoins. Ou peut-être mieux vaudrait-il dire parcouru d’un œil distrait…

Il en va ainsi de l’inspiration: elle est fluctuante, versatile, capricieuse, insaisissable, non maîtrisable. Sans doute tributaire de l’humeur, des rencontres, du temps qu’il fait (ou qu’il ne fait pas), du décor ambiant et de la soirée de la veille. Elle est parfois vivace et fructueuse, d’autres fois vacillante, stérile, exsangue, vide comme une bouteille de whisky au lendemain d’une fête ou d’une défaite.

Demain, elle reviendra peut-être faire un tour comme une vieille amante. Ou bien plus jamais ? Suite au prochain épisode.

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

3 Commentaires

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  • Bonjour,
    Même en mal d’écriture, le billet est toujours aussi bien écrit – félicitations ! Mais comment en pourrait-il être autrement…
    Après, peut-être faudrait-il laisser place à une boite à idées.
    En ce qui me concerne, les thématiques de discussion ne manquent pas mais malheureusement, je ne manie pas le verbe aussi bien qu’un certain Jean d’Ormesson, ni fait figure de meilleur élève en terme d’orthographe. Remarquez, on a vu pire aussi !
    Quant aux sujets d’actualité tous aussi variés que tendances… Allez, j’en prends un au hasard pour vous : la mobilisation générale du 05/12 prochain, avec son lot de provocations, de débordements et d’incidents en tout genre. Il y a de quoi parapher, non ?
    Un sujet dont j’ai moi-même déjà analysé certains aspects et qui paraitra le jour ‘J’ sur mon blog : je vous invite à me suivre et même vouloir échanger là-dessus. Mes trois pages ne sont en rien une synthèse, et c’est bien là où pour moi aussi, les ressorts sont cassés…
    Bonne semaine !

  • Votre édito m’a plu. Nous, simple lecteur, il est parfois difficile d’imaginer que vous puissiez un jour n’avoir plus rien à dire ou plus d’inspiration ou tout simplement marre de réagir sur tous les sujets! et pourtant voilà c’est fait, ce n’est certainement pas la première fois que cela vous arrive et vous êtes pardonné! Vous nous régalez de votre belle écriture chaque semaine.
    Allez c’est l’automne, on a moins d’allant, on manque de soleil, le prochain édito sera lumineux.
    Une lectrice attentive

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