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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

De l’incohérence à la désunion…

Les derniers événements ont sans doute marqué un tournant dans la crise du Covid-19. La population, désormais relayée par des élus de l'opposition, ne semble plus décidée à accepter n'importe quoi.

Du rouge pâle au rouge écarlate. A y perdre son latin. La semaine passée a apporté son nouveau train de mesures anti-Covid, annoncées en grandes pompes par le ministre de la santé, Olivier Véran, tout heureux d’être projeté sur le devant de la scène. Du sur-mesure selon les autorités ; des décisions à l’emporte-pièce pour une grande partie de la population qui a de plus en plus de mal à comprendre la cohérence de la politique menée depuis maintenant près de sept mois, de l’ultra-rigueur du confinement à l’hyper-laxisme décrété à la mi-mai, pour en revenir désormais à des mesures très contraignantes et bizarrement sélectives – sans oublier le fameux port du masque obligatoire à l’extérieur dont on ne sait toujours pas s’il sert à quelque chose. Cette fois, et enfin, les voix commencent à se faire entendre pour déplorer la gestion du gouvernement, sa calamiteuse communication, son absence de vision, les évolutions incessantes des dispositions, le sentiment de panique qui semble l’habiter. Et la totale absence de consultation du parlement, durant cette séquence de dictature sanitaire.

Les rangs se desserrent

Jusque-là, en effet, la classe politique avait pris garde de ne pas prôner la « désunion nationale ». Et les médias – dans leur quasi-unanimité – de mettre en exergue la parole officielle, celle de l’exécutif ou du peu démocratique conseil scientifique érigé subitement en « comité de salut public ».

Le grand flou

Encore aurait-il fallu que les décisions restent lisibles. Mais, sincèrement, comment justifier la fermeture des bars marseillais quand le public se masse dans les transports publics aux heures de pointe ? Comment nous faire croire que le virus est moins agressif dans les supermarchés ou les amphis bondés des facultés que dans les salles de restaurants ? Comment imaginer que le port du masque est plus nécessaire dans des rues parfois désertes qu’aux terrasses des bistrots ? Tout cela révèle beaucoup d’incohérence et de flottement. Pour être audibles, les responsables publics devraient nous expliquer où ils veulent en venir et quelle est leur conception des libertés individuelles en période de crise sanitaire. Au lieu de cela, ils aménagent en permanence en fonction des derniers chiffres, prouvant ainsi qu’ils naviguent à vue, sans le moindre cap. L’heure viendra, évidemment, de rendre des comptes.

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À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • Alors oui… la presse. Cet été, le 1er ministre a sauté comme un fusible. Une nouvelle figure est apparue alors que les médias qui pressentaient Bruno Le Maire comme le lauréat à l’hôtel de Matignon, ont dû revoir leur copie. Encore une preuve de la médiocrité des medias en général, lesquels se dispersent en analyses tronquées plutôt que de s’en tenir à leur cœur de métier qui est celui d’informer au lieu de s’engager sur des prévisions aussi hasardeuses que stériles.
    S’ils n’ont rien dit, c’est parce que nous savons tous qu’ils sont l’objet de subventions. Du coup, leur objectivité est largement contrôlée et ils n’ont plus qu’à déblatérer leur ‘bourrage de crâne’ à longueur de journées. C’est tout simplement pathétique !
    Quant aux élus de l’opposition… Mais de quelle opposition parle-t-on ? Le PS et le PC sont inexistants et représentent des forces du passé. Les Ecolos ont, en trois mois, déjà perdus une bonne partie de leur crédibilité. La droite, elle, est toujours à la recherche de son leader. Et quant au RN, c’est la division comme toujours.
    Dans ces conditions, quelle union pourrait voir le jour ? Celle qui consisterait que la plus grande partie de la population exprime son mécontentement devant les grilles de chaque préfecture. De qui viendra ce mouvement de foules ? Nul ne le sait. Mais tant que la pression ne sera pas perçue par les représentants de l’Etat, il y a très peu de chance qu’ils fassent remonter le mécontentement ambiant. Peut-être que l’union devrait venir de là, avant de se déplacer en masse sur la capitale et plus particulièrement dans le 8ème.
    Reste que les personnes en place devraient se rappeler qu’en 1830, Charles X fut chassé de France après une série d’ordonnances très impopulaires. A dix ans près, l’anniversaire d’un bicentenaire pourrait se répéter !

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