Frustration, exaspération, dépit, désillusion, désenchantement, amertume, déprime : les mots ne manquent pas pour exprimer le malaise français qui, selon les individus et les situations sociales, révèle quelques nuances mais distille une même impression de désarroi.
Globalement, la France défaillit. Le pessimisme y règne et ce sentiment, hélas, s’appuie sur une certaine lucidité. Il faudrait en effet faire preuve d’une grande naïveté, ou peut-être de mauvaise foi, pour nier les troubles multiples dont souffre notre pays.
La dissolution décidée par le chef de l’Etat le 9 juin de l’année dernière n’est en rien la responsable de cette dérive. Elle en est seulement un symptôme en même temps qu’un révélateur, un effet en même temps qu’un accélérateur.
À quel saint se vouer ?
Au-delà d’un niveau de vie (terme que je préfère à pouvoir d’achat) en déclin et d’une certaine désagrégation sociale, au-delà d’une économie vacillante et d’une insécurité grandissante, le pire est peut-être que neuf Français sur dix n’ont plus foi en leurs responsables politiques, comme en témoigne une récente enquête. Qu’ils ne croient ni en leurs capacités à résoudre les problèmes, ni en leurs promesses successives. Nommé à Matignon pour sauver les meubles et gagner du temps, le nouveau Premier ministre n’a évidemment pas les armes pour changer la donne. Au mieux pourra-t-il faire illusion et expédier les affaires courantes…
Matignon et la rue
La dégradation de la note française par la sacro-sainte agence Fitch, chargée d‘évaluer le risque de non-remboursement de la dette, était inévitable tant l’impuissance semble régner au sommet de l’Etat. Et la semaine qui vient sera marquée par un nouveau mouvement de manifestations et blocages de toutes sortes. On suppose qu’il sera accompagné d’une série de débordements, une cascade de violences désormais traditionnelle.
Dans le même temps, on imagine que le nouveau chef du gouvernement, le cul entre deux chaises, en appellera à la responsabilité et à l’union, essayant de concilier l’inconciliable, tandis que d’autres prêcheront pour une dissolution dont on ne sait trop ce qui en sortirait.
Marc François










Bjr
Toujours un réalisme et de la compréhension précise pour tout vos articles
Merci, bonne continuation