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1917- photo D.R.
Chroniques

Cinéma: un début d’année mitigé

Enfin une année qui nous promet une note de 20/20, notation que votre chroniqueur préféré n’a jamais obtenue dans sa scolarité…Il nous reste à désirer que le dieu des cinéphiles se penchera sur les écrans de notre ville, pour faire de cette promesse une belle réalité.

Allons nous plonger dans Le lac aux oies sauvages, film chinois de Diao Yinan, qui nous tentait à cause de la qualification de thriller brillantissime qui lui était accordé par l’ensemble de la critique. Nous avons donc vu et en sommes sortis un peu accablés…De quoi s’agit-il ?

L’île aux oies sauvages- photo D.R.

Poursuivi par la police et menacé par la pègre, le chef d’un gang de voleurs de motos tente d’échapper à la mort avec l’aide d’une prostituée. La caméra trouve le moyen de faire des images d’un esthétisme appuyé au milieu des quartiers pauvres. Malgré la violence omniprésente, le film offre des moments d’une beauté étrange, en particulier au bord du lac éponyme, mais se révèle surtout d’un ennui mortifère. Visiblement inspiré par le surréalisme, Diao Yinan offre par moments des plans sublimes, aussitôt effacés par une construction hésitante …En outre, les personnages sont des caricatures et le manque d’empathie pour eux se fait lourdement sentir

Brillant Sam Mendes

1917- photo D.R.

Bien meilleur est le retour de Sam Mendes avec 1917, film de guerre ou plutôt film d’aventures magistralement réalisé en un seul plan séquence de quasiment deux heures. On y suit deux soldats britanniques qui doivent porter un message urgent  à un officier à des kilomètres de là. Ceci au milieu de l’enfer de la première guerre mondiale. Mendes va nous offrir des moments de cinéma sublimes qui vont s’inscrire dans la rétine de tous les gloutons optiques, selon la formule de Raymond Borde, initiateur de l’excellente revue Positif. Avec la collaboration de Roger Deakins, le meilleur chef opérateur actuel, Mendès concocte un spectacle fascinant qui nous retiendra scotchés à nos sièges. Certains esprits chagrins vont nous dire que tout cela est artificiel, que le film ne nous parle pas réellement de la guerre (Ils y étaient ?), que le réalisateur s’est compromis dans deux James Bond,et pas les meilleurs,etc etc…Réfutons ces tristes sires, même s’il y a des césures dans le plan-séquence, des invraisemblances par ci, par là…L’essentiel est que le film apporte à tous une leçon de grand Cinéma.

Série B

Manhattan Lockdown- photo D.R.

Enfin un petit détour par une série B au titre français très typique de l’intelligence des distributeurs, je veux parler de Manhattan lockdown dont le titre original est 21 bridges, interdit de rire ! : un inspecteur de police va lancer une chasse à l’homme sur l’île de Manhattan pour retrouver des tueurs de flics. …Le problème est qu’il faut agir vite avant que les malfrats ne quittent le périmètre de Manhattan…Donc unité de lieu, d’action pétaradante et de temps : une seule nuit.  Chadwick Boseman (alias La Panthère Noire dans The Avengers) joue le flic justicier avec une énergie qu’il faut saluer….On aura droit, en plus, à un twist final un peu téléphoné…Mais on sort de ce film bien réalisé  par Brian Kirk, avec une pêche d’enfer…

Pêche que je vous souhaite tout au long de cette année, en vous révélant un vieux dicton s’appliquant au mois de février : « Fais vriller tes yeux dans les miens »..

À propos de l'auteur

Roger Herzhaft

Roger Herzhaft

Né à Strasbourg, il a exercé la profession d'opticien, passionné depuis toujours par le 7ème Art. Arrivé à Clermont-Ferrand en 1992, il fonde alors le "Cercle des Amis du cinéma" qu'il dirigera jusqu'en 2016,en tant que président. A animé ‌des émissions de télé et radio sur Clermont-Première, Radio Nostalgie et Radio France Bleu Pays d'Auvergne. Il aime en particulier le Western, Hitchcock, Truffaut, Steven Spielberg.

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