‘’What a difference a day makes’’ ressassait Dinah Washington à l’époque du disco. En remontant de Montpellier, les Jaune et Bleu auraient pu se retrouver à une peu reluisante 9e place du Top14 faute de victoire. A l’inverse et en profitant d’un providentiel alignement des planètes, ils se sont offerts une 5e place et un play off qui les fuyait depuis quatre ans en prolongeant une saison d’ores et déjà réussie. Signe prémonitoire peut-être, les supporters avaient devancé le retour à la lumière.

Fiat Lux
Depuis le premier Brennus de 2010 jusqu’à la finale de 2019 en passant par le deuxième Bouclier en 2017, la fréquentation du Michelin s’était toujours maintenue au-dessus des 17 000 spectateurs avec un taux de remplissage moyen de 92%. Passé le gouffre covidesque, les résultats peu encourageants accompagnant la crise financière du club avaient laissé des traces de vide dans les gradins. Un bon millier de spectateurs s’étaient évaporés, attirés probablement pour une partie par les paillettes de la Ligue1 du côté du stade Montpied.
Histoire de flux et de reflux à la manière de Raymond Devos ? Toujours est-il qu’après les vaches maigres des dernières saisons et de l’automne dernier, les exilés sont revenus au bercail offrant au Michelin un record historique de 19 038 spectateurs pour la visite du Stade
Toulousain. La défaite de ce 17 janvier 2025, qui suivait de peu la déconvenue face à Montpellier, n’allait pas décourager le chaland. Les matchs à guichet fermé s’alignaient comme des guirlandes jusqu’à la drôle de fantasia contre Paris. Le tout pour un taux de remplissage de 92,5% et une moyenne de 17 600 spectateurs au terme de cette saison.

Interrogé sur cet engouement peu en rapport avec les prestations de ses troupes, le lieutenant-colonel Urios, jamais en mal de réponses décalées, nous lançait « J’y vois trois raisons…dans l’ordre que vous voulez. Ils viennent pour un résultat ! Ils viennent pour se retrouver dans l’envie affichée par les joueurs ! Et ils viennent pour l’inattendu parce qu’on fait toujours des conneries…mais c’est jamais les mêmes ! » Avec le vigneron du Minervois, on ne s’ennuie jamais en conférence de presse.

Un match et ce qui va avec
Le retour des foules au stade Michelin peut s’expliquer aussi, et surtout peut-être, par une nouvelle stratégie d’accueil du public mise en œuvre cette saison. Les cars de la production TV ayant été ‘’externalisés’’ sur le parking, l’arrière des tribunes a livré quartiers libres aux petites faims en tous genres. Les animations aidant, la clientèle a trouvé les jours de match une occasion de sortie en famille ou entre potes, pour peu que la météo soit de la partie et que la programmation évite les dimanches soirs hivernaux.

Privés de Top6 depuis 4 ans, les supporters avaient donc retrouvé l’envie d’y croire au point qu’un bataillon de 500 soldats de la Yellow Army avait fait le déplacement de Montpellier pour la dernière journée dans l’espoir d’une victoire assortie d’un concours de circonstances. Bingo ! Les Jaune et bleu ont su sortir le match qu’il fallait et profiter des revers de La Rochelle et Castres pour arracher une cinquième place inespérée.
Il a déjà été dit et redit que l’ASM ne possédait pas un effectif à la hauteur de ses ambitions ni à celui de beaucoup de ses concurrents, passant trop souvent du coq à l’âne au fil des matchs. A chacun selon ses moyens. L’arrivé d’une huitaine de nouveaux acteurs du jeu en tête desquels l’ouvreur néo zélandais Harry Plummer suffira-t-elle à conforter suffisamment la troupe de Christophe Urios pour s’éviter des frayeurs inutiles ? En tous cas, le coup gagnant de cette fin de saison en forme de résurrection va pouvoir entretenir la ferveur retrouvée du stade Michelin.

L’argent des uns et celui des autres
L’effectif, ce fut bien l’insuffisance majeure du Clermont Foot pour cette saison de relégation en Ligue2 qui s’est achevée aux portes d’une descente en enfer. ‘’Sauvé !’’ affichait la une de La Montagne au terme d’un barrage contre Boulogne-sur-Mer qui venait de voir les Clermontois frôler la catastrophe en conclusion d’une année calamiteuse sur la pelouse et en coulisse.
On ne va pas revenir (voir la chronique de mars ‘’Nuages sur la ville’’) sur les indécentes prises de bénéfices de la holding propriétaire du club au regard de l’indigence d’un recrutement qui a mené le Clermont Foot au bord du gouffre. Sans compter la valse des entraîneurs qui font office de coupables tout désignés, sans que celui ou ceux qui les ont mis en place se sentent le moins du monde concernés.

Soumis à la question de la ‘’sobriété financière’’ de son recrutement pour repartir en Ligue2, le président Schaefer avait crânement argumenté en avançant que la saison précédente (la troisième en Ligue1) 7 M€ avaient été dépensés en recrutement, « tout cela pour quel résultat ? On va donc faire comme avant ! » (1) C’est-à-dire dépenser moins (pour gagner plus ?) avec cette prétention de ‘’recruter malin’’ qui fut chère à Claude Michy lorsqu’il était à la barre du Clermont foot. Des fois ça peut marcher, mais pas forcément. La preuve !
Après que le club aura réglé sa dette (un déficit annoncé de 7 à 8 M€), on observera avec intérêt quelle stratégie sera mise en œuvre pour que la prochaine saison en Ligue2 ne fasse pas bis repetita….et que le président trouve de bonnes raisons de ne plus bouder la presse.

(1) Interview dans La Montagne du 6 mars 2025







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