De l’ambiance Tofu du soleil levant on est donc passé aux volutes d’un Asado sauce chimichurri dans la pampa au soleil couchant. Juan Manuel Busmante Montalegre n’est pas là pour disséquer les statistiques des acteurs argentins du Top14 portant maillot ciel et blanc mais plutôt pour les entraîner dans un tour d’horizon sur l’actualité de l’ovale, leurs sentiments à propos du jeu, les contrats en cours et à venir, etc… Des interviews menées au rythme allegro ma non troppo du célèbre ‘’Volver’’ de Carlos Gardel.

Allers-retours
Né à Toulouse sous le nom de Charles Romuald Gardes, le roi du tango Carlos Gardel fut inhumé à la Chacarita de Buenos Aires, symbole de cette bi-nationalité de fait qui inspire aujourd’hui Juan Manuel Busmante Montalegre. « Appelle-moi plutôt Busty, c’est plus facile ! »
Allons-y donc pour Busty, né il y a 45 ans à San Isidro, un quartier de Buenos Aires dont le club de rugby a biberonné pas mal de Pumas tel Gonzalo Longo ex n°8 de l’ASM. « Par la force des choses, mon enfance a un peu baigné dans le rugby. » De l’école à l’université où il obtient une licence en Ressources Humaines, la voie de Busty n’est pas encore tracée.
Elle prendra forme lorsque l’ex compagnon de sa mère, résident français en Argentine installé désormais à Vichy, lui propose l’adoption. Ce sera, en 2010, l’occasion de sa première venue en France et la découverte de la reine des villes d’eau où la galerie d’art de son père, Bernard Montalegre, a pignon sur la rue Montaret.
Commence alors la période des allers-retours entre Vichy et l’Argentine.

Veni vidi Vichy
Loin du San Isidro Club de son enfance, le résident-argentin va trouver son intérêt pour le rugby en 2015 lorsqu’il intègre l’institution vichyssoise du CAVILAM où il s’efforce de maîtriser la langue de Molière. En même temps, il ne résiste pas à l’envie de chausser les crampons au RCV. « J’étais à l’essai en 2e ligne… mais juste à l’essai ! » précise t-il en s’esclaffant. Avec ce brin d’expérience et les souvenirs de sa formation en Ressources Humaines, il s’en retourne au pays du tango pour coiffer la casquette de manager du Colon Rugby Club. « Cela dit, j’avais derrière la tête l’idée de me lancer dans le journalisme ». Passées les contraintes et les incertitudes de la période Covid, Busty fait donc le choix de quitter les rives du Rio de la Plata pour poser définitivement ses valises sur les berges de l’Allier. La proximité de la capitale auvergnate où le XV jaune et bleu occupe depuis des lustres une position de tête de gondole, lui offre l’opportunité de jouer les reporters sportifs.
L’ASM, comme beaucoup d’autres clubs de l’élite est abonnée aux services de la main d’œuvre argentine. Après les Fernandez, Scelzo, Ledesma, Longo ou Lavanini, la présence dans l’effectif des Kremer, Urdapilleta et Delguy offrait du grain à moudre à Juan Manuel Busmante Montalegre.

Installé correspondant de l’agence ‘’Tercer Tiempo’’, le vichyssois se fait donc un plaisir d’alimenter aussi tous les réseaux sociaux d’Argentine qui suivent de près les Pumas en exil. La venue au Michelin des autres gauchos du TOP14 est autant d’occasion de ‘’faire un papier’’. Du Vannetais Pedemonte au Bayonnais Bruni en passant notamment par l’homme protée du Stade Toulousain Juan Cruz Mallia. (1)
Les plaisirs de l’intégration
Busty en profite aussi pour converser rugby avec Roro, figure historique du club, ou Martin Scelzo, l’un des acteurs majeurs du titre-évènement de 2010, qui a pris racine à Cournon à la barre de son restaurant El Gaucho aux fumets d’Asado et d’Empanadas.
Mais les échos de l’ovale qui traversent l’Atlantique ne suffisent pas à Busty pour faire bouillir la marmite. Sa volonté d’intégration dans la société vichyssoise lui a permis de décroché un poste d’aide-soignant à la polyclinique La Pergola.

« L’intégration passe forcément par le respect des valeurs locales » Avec l’envie de s’imprégner de l’histoire de la région et de sa culture en partant, par exemple, à la découverte des châteaux du Bourbonnais. Devant l’écran, la préférence de Busty ira davantage aux ‘’Secrets d’histoire ‘’de Stéphane Bern qu’aux racolages de la téléréalité. « Depuis que j’ai choisi de m’installer ici, je me suis intéressé à tout. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de gens dans tous les domaines. » Tant et si bien que Busty partage aujourd’hui sa vie avec une vichyssoise.

Et quoi de plus reposant pour l’esprit que passer des joutes de gladiateurs du stade Michelin aux délices de l’Opéra de Vichy ? Après avoir sacrifié, comme tout bon argentin, à l’une de ces pauses maté devenues très en vogue…même en Auvergne.
(1) Publications à consulter sur Instagram : @juanchis_busty








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