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L'Essentiel
Malgré une meilleure circulation de balle en seconde période, Clermont n'a pas réussi à transformer ses occasions, tandis qu'Annecy a capitalisé sur ses opportunités pour prendre l'avantage.
Cette rencontre souligne la nécessité pour Clermont de s'adapter et d'améliorer son engagement, surtout avec un prochain match crucial contre Reims à l'horizon.
Après deux sorties encourageantes, ce déplacement devait servir de confirmation. Il a surtout rappelé que les progrès restent fragiles et que, sans adaptation tactique et engagement total, les bonnes intentions ne suffisent pas.
Un contexte trompeur après des signaux positifs
Le déplacement chez le FC Annecy intervenait à un moment charnière.
Le CF63 sortait de deux prestations globalement satisfaisantes : une victoire probante contre Laval et un match cohérent à Saint-Étienne malgré la défaite.
L’idée était simple : continuer sur cette dynamique, même face à un adversaire réputé pénible à manœuvrer.
Mais Annecy n’est pas un club comme les autres. Son jeu, basé sur le pressing constant, l’impact physique et le jeu direct, correspond exactement à ce que Clermont gère le plus difficilement depuis le début de la saison.
Annecy, un anti-Clermont assumé
Les chiffres d’avant-match résumaient déjà l’opposition de styles.
Annecy est l’équipe qui court le plus à haute intensité en Ligue 2 (14 691 courses, contre 11 025 pour Clermont), celle qui récupère le plus de ballons dans le dernier tiers adverse (425 contre 327) et celle qui domine les duels aériens (414 gagnés contre 174).
En contrepartie, le FCA perd énormément de ballons (3 043) et commet beaucoup de fautes (355), là où Clermont est au contraire l’équipe la plus disciplinée (203 fautes).
Un contraste total, presque caricatural, qui annonçait un match rude et déséquilibré dans l’impact.
Une première période subie et mal négociée
Dès l’entame, Annecy impose son tempo.
Clermont peine à ressortir le ballon et subit les vagues haut-savoyardes.
Guivarch doit s’interposer rapidement à deux reprises (7e, 10e), avant que la défense ne cède sur une action collective bien construite, conclue par Jacob à bout portant (32e).
Clermont peine à répondre, se montrant trop timide offensivement malgré une première frappe de Baallal.
À la pause, l’avantage annécien est logique, tant le CF63 a semblé étouffé par le pressing et incapable de poser son jeu.
Un sursaut… trop tardif
Au retour des vestiaires, Clermont montre enfin un visage plus cohérent.
Le ballon circule mieux, les lignes se rapprochent, et l’équipe parvient à respirer. La meilleure occasion intervient à la 63e minute, lorsque Guindo, fraîchement entré, élimine le gardien mais échoue à conclure.
Un tournant majeur. Car dans la foulée, Annecy frappe à nouveau : sur un centre repris sans opposition par Paris, les locaux font le break (71e).
Le but de Diedhiou en toute fin de match (90e) ne changera rien à l’issue d’une rencontre que Clermont n’a jamais vraiment maîtrisée.

Des chiffres qui confirment l’impression visuelle
Statistiquement, le match est sans appel.
Annecy affiche 2.58 de xG, contre seulement 0.71 pour Clermont, avec davantage d’occasions (7 contre 4) et plus de présence dans la surface adverse (21 touches contre 15).
Les Haut-Savoyards dominent aussi dans l’engagement, avec 902 courses à haute intensité contre 755, et remportent plus de duels aériens (même si Clermont en gagne plus au sol).
Il faut dire qu’au global, Clermont a eu le ballon (69 % de possession) et n’a donc pas réussi à accélérer le jeu face à des annéciens trop heureux d’attendre pour pouvoir contrer en puissance.
Avec 0.4 but empêché pour Clermont contre -0.66 pour Annecy, l’écart au score aurait même pu être plus lourd sans un Guivarch très sollicité et un Escales pas toujours serein.
Un problème autant tactique que physique
Au-delà des chiffres, c’est surtout le déroulé du match qui interroge. Tout s’est passé comme prévu… mais pour Annecy.
Pressing haut, ballons laissés à Clermont, récupération immédiate, jeu direct dans le dos du bloc : le CF63 est tombé dans tous les pièges.
Les sorties de balle lentes, les ballons balancés vers des attaquants peu armés dans le jeu aérien et l’incapacité à casser le pressing ont exposé une équipe mal préparée à ce type d’opposition.
L’absence d’Ackra s’est fait cruellement sentir, et l’entrejeu n’a jamais réellement contenu les transitions adverses.
Annecy – Clermont : Des individualités à sauver malgré tout
Dans ce contexte, certains joueurs ont toutefois limité la casse sur ce match Annecy – Clermont..
Guivarch réalise cinq arrêts importants et termine avec un goals prevented de 0.4, confirmant son retour en forme.
Koné impressionne par son activité malgré son inexpérience à ce niveau, avec 10 duels gagnés sur 13, 9 interventions défensives, 15 passes vers le dernier tiers et de nombreuses fautes subies.
Baallal continue sa progression, avec 7 interventions défensives, 2 occasions créées et 75 % de duels gagnés.
Gastien reste le moteur du milieu, parcourant 12.9 km et délivrant une passe décisive, même s’il a manqué de protection (Astic ayant eu beaucoup de mal à assurer son rôle).
Cantero, malgré beaucoup de déchets, se montre volontaire avec 98 courses à haute intensité, 2 tirs et 4 ballons touchés dans la surface.
À l’inverse, plusieurs prestations ont clairement plombé la soirée.
Fakili, transparent, ne touche que 29 ballons, ne réussit aucun dribble (0 sur 3) et ne gagne qu’un duel sur huit, étant directement impliqué sur l’action du premier but encaissé.
Salmier, M’Bahia et Coulibaly ont souffert défensivement, tandis qu’Astic a traversé la rencontre tel un fantôme, avec seulement 17 ballons joués à 64 % de réussite à la passe et une activité quasi inexistante.
Ce déplacement à Annecy marque donc un sérieux coup d’arrêt.
Après deux matches encourageants, le Clermont Foot 63 a cette fois montré ses limites face à un adversaire dont le style a accentué tous ses défauts.
La défaite 2-1 est logique et même indulgente au vu du contenu.
Plus inquiétant encore, le sentiment que cette rencontre était écrite d’avance. Il va désormais falloir réagir vite, car la réception de Reims arrive, et la marge avec le bas de tableau reste dangereusement mince.
Les progrès existent, mais sans adaptation et sans points, ils resteront anecdotiques.
Voir la réaction de Grégory Proment
Annecy – Clermont : Le résumé vidéo
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