Écouter l'article
L'Essentiel
Ce match a été marqué par une équipe jeune et dynamique qui a montré un contrôle total sur le jeu, avec une possession de 57% et un xG de 2.37.
Cette victoire propulse Clermont à la 11e place avec 22 points, offrant un nouvel élan à une saison jugée jusqu'alors compliquée.
Face à un Stade Lavallois dépassé, les Auvergnats se sont imposés largement (4-1) dans un match maîtrisé de bout en bout.
Au-delà du score, c’est surtout le visage affiché – jeune, audacieux et offensif – qui met en joie en ce début d’année et redonne un peu d’air à une saison jusque-là étouffante.
Un contexte lourd, une pression réelle
Le décor était pourtant loin d’être idéal.
Clermont avait terminé 2025 en laissant filer deux occasions majeures de s’éloigner durablement de la zone dangereuse et abordait ce match avec une pression déjà palpable.
Une victoire permettait de créer un écart confortable avec la zone rouge et avec l’adversaire du soir ; tout autre résultat aurait replongé le groupe dans une spirale mentale compliquée.
Face à un Stade Lavallois en difficulté mais statistiquement plus solide que le CF63 sur la première moitié de saison, la rencontre avait tout du piège classique de reprise.
Une série rassurante… mais trompeuse
Avant le coup d’envoi de ce Clermont – Laval, un chiffre nourrissait autant l’espoir que la méfiance : Clermont restait invaincu lors de ses quinze réceptions historiques de Laval.
Une série longue, presque trop belle, qui demandait confirmation.
D’autant que les absences et les blessures forçaient le staff à revoir ses plans, avec une composition très rajeunie, loin des habitudes du club qui a fait du recrutement d’anciennes gloires un moyen de calmer (ou pas) les supporters après les remous sportifs et extra-sportifs des dernières années.
Sur le papier, le pari semblait risqué.
Une première mi-temps à sens unique
Et pourtant, dès les premières minutes, le ton est donné.
Clermont joue haut, presse, impose un tempo inhabituel. Cette domination se traduit rapidement par l’ouverture du score sur penalty, transformé par Fakili (17e).
Contrairement à tant de matches précédents, le CF63 ne recule pas après avoir marqué. La possession reste majoritairement clermontoise (57 %), l’occupation du camp adverse constante, et Laval peine à exister offensivement.
À la pause, l’avantage est logique et le sentiment de contrôle, inhabituel ces derniers mois, est bien réel.
Une reprise qui confirme la bascule
La seconde période ne change pas la physionomie.
Clermont frappe fort d’entrée avec le premier but professionnel de Cantero (49e), avant que Baallal n’enfonce définitivement la défense lavalloise (69e).
Laval réduit l’écart sur l’un de ses très rares ballons dangereux, un but consécutif à un des nombreux duels aériens mal négociés (79e), mais la réaction clermontoise est immédiate.
Astic conclut le festival dans le temps additionnel (90e+2), symbolisant cette soirée où Clermont a cherché à marquer plus, et non à (mal) gérer.
Une démonstration s’il en était besoin que l’envie dépasse, bien souvent, l’expérience.

Des chiffres qui racontent un vrai match maîtrisé
Les données confirment cette impression visuelle.
Clermont affiche 2.37 de xG, contre seulement 0.29 pour Laval, avec 11 occasions et 22 touches dans la surface adverse, là où les Tangos se contentent de 2 occasions et 10 touches.
Le seul véritable bémol se situe dans l’impact physique : Laval enregistre davantage de courses à haute intensité (662 contre 594) et remporte plus de duels (55 % contre 45 %).
Des chiffres à relativiser au vu du scénario, mais qui rappellent que l’intensité reste un axe de progression, même dans un match dominé.
Clermont – Laval : Un collectif enfin cohérent
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence d’ensemble.
Le passage en 4-3-3, contraint par les absences, a paradoxalement libéré plusieurs joueurs. Gastien, repositionné plus bas, a retrouvé son influence avec 76 passes réussies et un volume impressionnant (12.4 km parcourus).
Baallal, plus haut sur le terrain, a livré sans doute son match le plus abouti sous le maillot clermontois.
La jeunesse a aussi pris toute sa place : Cantero, Astic, Fakili… Tous ont apporté de l’énergie, de la spontanéité et une vraie envie de jouer vers l’avant.
Des individualités enfin alignées
Individuellement, plusieurs prestations méritent d’être soulignées.
Fakili reste le moteur du pressing avec 86 courses à haute intensité, 7 ballons touchés dans la surface et 2 occasions créées, même si sa justesse de passe peut encore être améliorée.
Konaté s’est montré percutant avec 4 dribbles réussis, et ses délicieuses passes en profondeur de l’extérieur du pied sont à l’origine des deux premiers buts.
M’Bahia confirme sa montée en puissance, avec 8 duels remportés et 4 dribbles, tandis que Cantero impressionne pour sa première avec 4 tirs et 7 duels gagnés sur 10, malgré un gabarit modeste.
Cette victoire 4-1 permet au Clermont Foot 63 de grimper à 22 points et à la 11e place, mais surtout de respirer enfin.
Tout n’est pas réglé – le déficit d’intensité et certaines pertes de balle ne pardonneront pas toujours – mais le signal envoyé est fort.
Pour une fois, Clermont n’a pas subi son match : il l’a construit, assumé et conclu.
Reste maintenant à confirmer, car si cette soirée devait rester sans lendemain, elle ne serait qu’une parenthèse.
Mais si ce visage-là s’installe, alors 2026 pourrait enfin ressembler à autre chose qu’une longue lutte pour survivre.
Voir la réaction de Grégory Proment
Clermont – Laval : Le résumé vidéo
Le meme de la journée











Commenter