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L'Essentiel
Malgré une possession de balle supérieure, Clermont a peiné à créer des occasions concrètes, tandis que Nancy a su capitaliser sur ses rares opportunités, notamment grâce à un but de Gelin à la 36e minute.
Avec seulement 19 points et une position provisoire de 13e au classement, le CF63 doit impérativement améliorer son intensité et sa capacité à transformer ses intentions en résultats lors de la reprise contre Laval.
Les Auvergnats ont manqué d’impact, de rythme et, surtout, de conviction. Le score est serré, mais la prestation laisse une impression aussi lourde qu’un repas de Noël… Repas où les joueurs semblaient déjà se projeter.
Un rendez-vous qui ressemblait déjà à un avertissement
À Marcel-Picot, le contexte était pourtant limpide : Nancy restait sur quatre défaites consécutives, Clermont alternait depuis des semaines entre éclaircies et rechutes.
Pour le CF63, ce déplacement représentait donc une occasion concrète de s’installer un peu plus confortablement hors de la zone dangereuse.
Une semaine plus tôt, une première opportunité avait déjà été manquée contre Boulogne.
Celle-ci avait tout d’un rattrapage. Elle s’est transformée en nouvel avertissement.
Des signaux avant-match qui invitaient à la prudence
Les profils des deux équipes laissaient entrevoir un match haché, potentiellement décisif sur l’engagement et la discipline.
En effet, Kader Bamba arrivait comme l’arme principale côté clermontois, avec 8 participations directes à un but, ce qui en fait le 5e joueur le plus décisif de Ligue 2, mais aussi le plus ciblé par les défenses adverses (45 fautes subies).
En face, Nancy figurait parmi les équipes les plus sanctionnées du championnat (15,6 fautes par match, 5 cartons rouges), tandis que Clermont avait déjà obtenu 3 penalties, tous provoqués par Bamba.
Sauf que les Nancéiens n’ont pas eu à mettre le pied face à des clermontois totalement lymphatiques.
Une première période sans maîtrise réelle
Sur le terrain, Clermont a d’abord donné l’impression de contrôler les débats, en tenant le ballon face à un bloc nancéien regroupé.
Mais cette domination est restée largement stérile. Comme d’habitude aurait-on envie de dire… Les situations existent bien dans ce début de match, sans jamais véritablement mettre la défense lorraine sous pression à l’exception d’un centre tendu de Camblan, bien repoussé.
Nancy, plus directe, se montre paradoxalement plus dangereux, obligeant Massamba N’Diaye à intervenir et trouvant même la barre sur une offensive rapide.
Dans un brouillard de plus en plus dense, la rencontre bascule finalement sur une frappe lointaine de Gelin à la 36e minute, consécutive à une relance mal négociée, plein axe.
À la pause, Nancy mène 1-0, sans être brillant, mais en ayant su saisir sa chance.
Une domination sans mordant après la pause
La seconde période ressemble à un long siège clermontois. Clermont pousse, Nancy recule.
Une égalisation est rapidement refusée pour hors-jeu, Fakili trouve le poteau, puis bute sur le gardien.
Les intentions sont meilleures, mais l’impression persiste : tout est fait avec un temps de retard, sans véritable sentiment d’urgence.
Nancy accepte de subir et gère son avance sans trembler, tandis que la dernière tentative de Salmier, à 90’+3, ne trouve pas le cadre. Le CF63 s’est réveillé trop tard cette fois.

Nancy – Clermont : Mou… Mais Mou !
Les données globales confirment ce que le terrain a laissé transparaître.
Nancy génère 1.45 d’xG, contre 0.5 pour Clermont, se procure davantage d’occasions (10 contre 7) et pénètre plus souvent la surface adverse (23 touches contre 17).
Et, pour dire que les lorrains étaient prenables, Clermont, en marchant, a fait mieux que d’habitude sur sa présence offensive (qui reste très en dessous du niveau attendu en Ligue 2).
Car oui, c’est surtout l’écart dans l’engagement physique qui interpelle : 701 courses à haute intensité côté nancéien, contre 434 pour les Auvergnats, avec 23 kilomètres parcourus de plus et une majorité de duels remportés (53 % contre 47 %).
Les clermontois n’ont simplement pas fait les efforts. Et, cette mauvaise volonté, niée régulièrement par un coach protecteur de son groupe en conférence de presse, ne peut être masquée dès qu’on regarde les chiffres…
Dans ces conditions, difficile d’espérer inverser un match, même en ayant le ballon.
Une impression de déjà-vu qui dérange
Ce qui gêne le plus, ce n’est pas tant la défaite que sa ressemblance avec d’autres rencontres depuis deux ans, au point que cela en deviendrait presque risible si ce n’était pas si triste.
Clermont monopolise, temporise, joue en retrait – parfois sans raison apparente – puis accélère trop tard après avoir pris un but. Et ainsi de suite.
L’intensité manque, l’impact aussi, et l’équipe donne souvent le sentiment d’attendre que le match se décide sans elle. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe. Le championnat se joue sans Clermont, une équipe neutre, sans rien à proposer.
À force de jouer à un rythme de sénateur, le CF63 s’expose à ce genre de scénario, où la moindre erreur se paie cash.
Les (rares) éveillés
Au milieu de ce marasme brumeux, individuellement, certains chiffres parlent et quelques joueurs s’en sortent mieux que d’autres.
Fakili a affiché un volume conséquent avec 11.5 km parcourus, 82 courses à haute intensité, 4 tirs et 5 ballons touchés dans la surface, mais son influence reste limitée par 7 duels perdus sur 7.
M’Bahia s’est montré solide avec 10 interventions défensives, tandis que N’Diaye a maintenu son équipe à flot par séquences sans être coupable de quoi que ce soit sur le but (0.14 but évité).
Bamba, très sollicité, a cumulé 7 duels gagnés sur 12, 4 dribbles réussis, 4 passes clés et 15 passes dans le dernier tiers, sans réussite devant le but (0 tir cadré sur 4).
Autour d’eux, les difficultés s’accumulent : Gastien (2 duels gagnés sur 8 seulement), Salmier et Konaté (3 sur 7), une perte de balle trop élevée pour Nsimba (20) et Bamba (17), une efficacité très faible sur les centres (2 sur 10 pour Nsimba, 1 sur 5 pour Konaté), et 2 dribbles subis par Gastien.
Tout cela semble trop faible pour passer une fin d’année sereins, au chaud.
Avec cette défaite 1-0, le Clermont Foot 63 boucle donc l’année 2025 à 19 points (moins que l’an dernier), provisoirement 13e, mais sans véritable dynamique positive.
Plus que le classement, forcément très temporaire à cette période de l’année, c’est le contenu qui interroge.
L’écart d’intensité et le manque de tranchant observés à Nancy donnent l’impression d’une équipe encore en recherche de repères mais avec, surtout, très peu de caractère.
La réception de Laval, au Montpied, l’an prochain, ressemblera encore à un test de crédibilité : celui de savoir si le CF63 est capable de transformer ses intentions en actes, et sa possession en résultats.
Nous, on en doute de plus en plus.
Voir la réaction de Grégory Proment











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