L'Essentiel
Arrivé du Daghestan en 2010, il s'est adapté à la vie en France et s'est consacré aux sports de combat, s'entraînant au gymnase Thévenet dans le quartier Saint-Jacques, où il a développé ses compétences.
Ambitieux, il vise désormais le titre mondial de MMA dans la catégorie des moins de 61 kgs, avec l'intention de se préparer rapidement pour atteindre cet objectif au printemps 2025.
Article du 27 décembre 2024 : Temerlan Azizov, objectif : devenir champion du monde de MMA
Il avait 13 ans quand Temerlan est arrivé du Daghestan (république russe fédérée située dans le Caucase du nord-est) en 2010, en compagnie de sa maman et de sa petite sœur. Réfugiés politiques, la petite famille s’est d’abord installée à La Plaine, puis aux Vergnes avant d’emménager, trois ans plus tard, à Saint-Jacques, « Et c’est là, à Saint-Jacques, que j’ai le plus pratiqué de sport. D’ailleurs, je continue de m’entrainer au gymnase Thévenet. »
L’Aigle
« Pratiquer un sport au Daghestan est quasiment obligatoire pour un garçon. En France, c’est le foot le sport national. Au Daghestan, c’est la lutte. Mais, finalement, j’ai préféré le taekwondo. C’était le sport à la mode quand j’étais en âge de m’y mettre. J’en faisais depuis deux ans quand il a fallu quitter le pays précipitamment.
En arrivant à Clermont, j’ai cherché une salle. On m’en a recommandé plusieurs. Comme j’aime tous les sports de combat en général, j’ai essayé la boxe thaïe, la boxe anglaise, j’ai presque tout essayé avant de me mettre à la lutte à l’ASM. Au bout de trois ans, je suis devenu champion de France. Je n’ai vécu que pour la lutte pendant sept ou huit ans, avant de passer à d’autres disciplines. » Petit gabarit, Temerlan Azizov, surnommé l’Aigle dans le milieu des sports de combat, mesure 1,65 m pour 65 kilos. En adaptant son poids à la demande, cela lui permet de lutter dans deux catégories. « Je m’astreins à un régime, mais ça, c’est commun à tous les sports de combat. D’autant qu’il y a des catégories dans toutes les disciplines. Avant, il n’y en avait pas en MMA. Un gars de 60 kilos pouvait combattre un gars de 120 kilos. Au fil du temps, ils ont compris que c’était trop dangereux. Donc, désormais, il y a aussi des catégories dans ce sport-là. En MMA, je combats en moins de 61 kilos. Entre la lutte, le grappling et le MMA, il y a de petites différences de poids selon les catégories, il faut s’adapter ; mais ça va, c’est facile à gérer. »
Le palmarès prodigieux de Temerlan Azizov
Temerlan Azizov a été trois fois champion de France de lutte, en 2016, 2017 et 2018. Il a remporté de nombreuses médailles en compétition internationale. Il a été plusieurs fois champion de France de pancrace (sport de contact) en amateur à une époque où ce sport n’était pas encore autorisé ici. Puis, il a été champion de France de grappling (forme de lutte) en 2020, 2021, 2022, 2023, « Et j’ai enchaîné par un titre de champion du monde de grappling, fin novembre 2023, en Pologne, avant de conserver mon titre de champion de France en janvier 2024. Et entre toutes ces compétions, je combats en MMA. À ce jour, j’en suis à cinq combats professionnels, pour cinq victoires. » D’ailleurs, un mois après son dernier titre de champion de France de grappling, il était engagé pour un combat en MMA. Le jeune homme n’a pas de temps à perdre. Il impressionne par sa faculté à passer d’un sport à l’autre et à gagner chaque fois avec une facilité déconcertante. Son entraineur, Youssef Bouarroudj, par ailleurs président du club Phœnix Camp, dit de lui que, si son surnom, c’est l’Aigle : « Sur un ring, je le compare à un chat. »
Des facultés hors-norme
Passer si vite d’une discipline à l’autre et gagner chaque fois relève du surnaturel. « C’est en cela que je suis fort. Dans ma faculté à passer de l’une à l’autre aussi rapidement. À ma connaissance, je suis le seul à pouvoir faire cela. Un combat de MMA nécessite six mois de préparation et d’entrainement généralement. Moi, en quelques semaines, je suis prêt, quelque soit le sport d’ailleurs. Mon prochain défi, c’est d’aller chercher le titre mondial de MMA à Paris au printemps prochain. »
La force tranquille
« Ce que j’apprécie à Clermont, c’est qu’en quelques minutes, on est en pleine nature, on a la tranquillité. Quand je suis dans le sport, je suis concentré à fond. Mais pour me détendre, j’adore pêcher, me balader en pleine nature, ça me repose. Tout ce que j’ai aujourd’hui, c’est grâce aux gens ici et grâce aux infrastructures de la ville.
J’ai débuté la lutte à l’ASM. Il n’y a pas de club aussi développé aux alentours pour cette discipline, que ce soit à Vichy ou à Lyon. Après, pour tout ce qui est sports de combat, la salle à Saint-Jacques est la mieux équipée et la plus sécurisée de la ville, notamment pour le MMA avec ses murs capitonnés. » Temerlan Azizov est même devenu entraineur de lutte et de grappling au gymnase Thévenet, pour le compte du club Phœnix Camp. L’Aigle est assurément un garçon affable, doux, gentil et posé, c’est sur un ring qu’il déploie ses ailes, et là, gare ! Sa carrière est fulgurante et ne doutons pas que Temerlan Azizov sera champion du monde de sa catégorie en MMA l’an prochain.











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