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Économie

880 000 € déjà versés en soutien aux commerçants impactés par les travaux

Depuis 2019, une commission permanente d'indemnisation amiable étudie les demandes d'aide financière sur le territoire de la métropole clermontoise. Elle a déjà distribué 541 000 euros pour les travaux d'aménagement urbain et 338 000 spécifiquement pour InspiRe afin d'aider les commerçants impactés par les chantiers.

Réseaux de chaleur, plan de circulation, pistes et voies cyclables, aménagements des lignes B et C du projet InspiRe : la métropole de Clermont est en pleine mutation. Les travaux imposent des changements dans des habitudes ancrées depuis fort longtemps, notamment en matière de déplacements. Cela impacte fatalement le commerce de proximité déjà éprouvé par différentes crises successives. Un dispositif d’indemnisation travaux a été mis en place afin d’accompagner les commerçants à traverser cette période délicate qui va durer encore un an et demi.
La Ville, la Métropole, le SMTC-AC, la Chambre de Commerce et d’Industrie et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat viennent de faire un point à date sur l’état du commerce et le recours aux indemnisations au moment-même où un courrier est envoyé aux commerçants concernés, rappelant l’existence du dispositif géré par une commission permanente d’indemnisation amiable.

« comprendre que c’est de l’argent public qui va en direction des commerces »

Questions/réponses avec Olivier Bianchi, président de Clermont Auvergne Métropole

On accuse InspiRe et les différents travaux de mettre à mal le commerce clermontois. Que répondez-vous à cela ?
Les travaux ne sont pas la seule raison de la situation que traversent les commerces clermontois, par contre cela en est une de plus, venant se rajouter à une longue série qui met un certain nombre d’entre eux en grande difficultés. Nous avons une commission amiable qui les indemnise sur la base des pertes de chiffre d’affaire. Cette commission est indépendante. La métropole et la ville ne font que payer les montants qui ont été définis par des avocats, des experts comptables, des membre de la CCI et de la Chambre d’artisanat.

Jusqu’où doit aller l’accompagnement ?
Nous essayons de faire passer le cap aux commerçants. Aujourd’hui on est à un tiers du parcours puisque les indemnisations pourront aller jusqu’à un an après les travaux. On a déjà décaissé 880 000 euros pour des commerces de centre ville. (ndlr :  541 000 euros pour les travaux d’aménagement urbain et 338 000 spécifiquement pour InspiRe).

D’où sort cet argent ?
C’est l’argent des budgets de la ville et de la métropole. Dans les fameux 300 millions d’InspiRe, il y avait un budget « indemnisations pour travaux » que l’on avait chiffré un peu au doigt mouillé dans un premier temps. On a pas encore dépassé le montant inscrit. Peut-être va-t-on le dépasser et à ce moment là, ce sera sur les budgets futurs soumis au vote. Il faut bien comprendre que c’est de l’argent public qui va en direction des commerces et qui était bien inscrit dans le budget d’InspiRe.

L’institution est dans son rôle en accompagnant des commerçants ?
C’est le monde d’aujourd’hui. On dit tout le temps que le « maire n’aide pas les commerçants » et dès qu’on les aide ont dit que « le maire jette l’argent par les fenêtres ». La vérité est entre les deux. Bien sûr qu’il faut les aider car une ville sans commerce n’est plus une ville. Je vois des villes moyennes qui ont des taux de vacance commerciale de 25%… je n’ai pas envie de voir cela à Clermont où on est à 5%… la définition de la ville au moyen âge c’est les commerces. On en a besoin, par contre les commerces sont de l’ordre du privé et nous ne sommes pas là pour entretenir tous les commerces. On peut les accompagner dans les moments difficiles, quand ils ont des baisses de chiffre d’affaire dues à des travaux.

Le commerce ne semble pas très florissant… mais quelle est la réalité ?
Il y a des  commerces qui s’en sortent mieux, peut-être parce qu’ils sont regroupés, peut-être parce que l’accessibilité est meilleure. Les Centres Jaude 1 et 2 n’ont pas de chiffres d’affaire à la baisse entre mai 2023 et mai 2024. D’autres ont des baisses entre 15 et 25%. Cela relèvent bien du champs de l’indemnisation. Enfin il y en a qui ont des baisses supérieures, jusqu’à 50%, beaucoup dans le vestimentaire, dans la chaussure. Ce sont souvent des chaînes qui ont fermé au niveau national. Ceux-là ne sont pas impactés que par les travaux, mais peut-être que les travaux ont été la goutte d’eau qui fait déborder le vase. En réalité, ces commerces ont fermé partout parce qu’il à de nouveaux comportements de consommateurs. Internet a pris, dans ces secteurs, une part trop forte et il appartient à chacun de nous interroger sur nos comportements de consommateurs dans la ville.

Une soixantaine de commerçants indemnisés sur un potentiel de 1 000 c’est assez peu
Beaucoup ont attendu les vraies conséquences, donc je pense que l’on en aura de plus en plus. Mais voilà, le chiffre est connu, on a 1 000 potentiels et les chiffres annoncés correspondent à la première année. On en aura autant, voire plus, la seconde année et certainement encore la troisième année et peut-être même l’année qui suivra la fin des travaux. Le bilan final ne pourra pas être connu avant trois ou quatre ans.

Pourtant il y a eu des refus d’indemnisation…
Certains refus ont été justifiés par l’absence de pièces justificatives demandées, d’autres parce qu’ils ne sont pas éligibles. Qui a été éliminé ? Par exemple, quelqu’un qui a acheté un magasin dans une rue avec travaux qui était un magasin de vêtement et qui est devenu un bar, n’est pas dans le cadre de l’indemnisation. Il faut objectiver les choses et il faut comparer ce qui est comparable. On ne peut pas comparer un bar avec un pressing…

« ils sont épuisés et très inquiets »

Que constatez-vous chez les commerçants lorsque vous êtes sur le terrain ?
Je vais les voir tous les jours pour essayer de comprendre, je suis allé pratiquement dans tous les endroits. Il y a beaucoup de fatigue en fait. Ils ont eu la crise des Gilets jaunes, le Covid, l’inflation… donc ils sont épuisés et très inquiets. Je ne minimise pas leurs peurs parce que pour eux, c’est leurs revenus, leurs vies, la capacité à payer un vendeur ou une vendeuse, la capacité à se payer eux-mêmes un salaire, c’est même ne pas mettre la clé sous la porte. Ils sont à la fois fatigués et inquiets. Il faut répéter qu’ils ne sont pas seuls et même s’ils ne peuvent pas tous être indemnisés de la même manière, qu’ils ne doivent pas laisser passer l’opportunité. Finalement on pourrait dire qu’il y a pas tant de gens que cela qui ont déposé des dossiers par rapport au nombre de gens qui peuvent en bénéficier. Ce phénomène n’est pas nouveau, le constat est le même dans le social où certains ne demandant pas ce à quoi ils ont droit. Alors je dis aux commerçants ne vous auto censurez pas.

Vous envisagez déjà les jours d’après ?
Il faudra que l’on continue le travail que l’on a fait sur les activités, les animations sportives et culturelles, sur les grands événements qui devront se poursuivre car ce sont les moyens aussi de créer des flux, de faire revenir les gens en centre ville et de le découvrir. Je sais que cela va énerver tout le monde, mais je ne suis pas angoissé, car je suis dans ma ville tous les weekends et il y a du monde place de Jaude les samedis. Il n’y a pas de demande d’indemnisation à Jaude car la place n’est pas dans une zone travaux, mais place de la Victoire, il n’y a pas de problème de chiffre d’affaire… Le message, c’est que l’on aura d’autres politiques que l’indemnisation. Je retiens l’idée du président de la CCI de faire une étude finale qui nous permettra de mettre en place d’autres dispositifs. Par exemple aujourd’hui, on ne fait pas payer de droits de terrasse aux commerçants qui n’on pas pu les installer dans de bonnes conditions à cause de la poussière. Cela vient en complément de l’indemnisation.

Dans un second article à paraître nous donnerons la parole à Claude Barbin, président de la CCI Puy-de- Dôme Clermont Auvergne Métropole

Travaux à Ballainvilliers /  Photo 7 Jours à Clermont
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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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